PALAIS GIRAUD CONSTRUIT P
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leur œuvre ; on s’efforça d’en faire disparaître toute trace. Les appartements Borgia furent fermés ; ce n’est que récemment que le public a été autorisé à les visiter de nouveau.
On s’imagina qu’ils renfermaient des souvenirs scandaleux du pontificat d'Alexandre VI ; Vasari assure que le pape s’y voyait, agenouillé devant une Vierge figurée sous les traits de la belle Giulia {.
Plus tard, les appartements Borgia servirent de résidence au cardinal secrétaire ou au cardinal neveu (fin du xvI® siècle).
Du palais Borgia, situé près de S. Pietro in Vincoli, il ne reste que la tour transformée en campanile et un fragment de la façade ornée d’un balcon d’ailleurs fort beau. Il avait appartenu auparavant aux Margani et il n’est pas sûr qu'Alexandre VI lait modifié.
Étant vice-chancelier, le cardinal Rodrigo Borgia habita de 1457 au jour de son élection (1492) le palais Cesarini qui reçut, à cause de sa présence, le nom de Chancellerie ; on l’appela ensuite la Vieille Chancellerie quand l’autre eut été habitée par les vicechanceliers de l’Église. Ascanio, à qui Alexandre VI en fit présent lors de son élection, y vécut quand il était à Rome et y mourut en 1505. Borgia n’y apporta guère de changements. Galeotto Franciotti della Rovere, qui fut vice-chancelier de 1505 à 1508 époque de sa mort, s’occupa de le restaurer.
Sur l’ordre d'Alexandre VI, une fontaine fut érigée au milieu de la place S. Maria in Trastevere ; celle qu’Innocent VIII avait fait bâtir sur la place Saint-Pierre fut décorée de ses armes.
Alexandre VI ordonna aussi quelques travaux dans l’église S. Niccolo in Carcere.
On lui attribue la dorure du plafond de Sainte-Marie-Majeure.
Il s’y rendit deux fois, en 1493 eten 1408, pour se rendre compte de l'effet produit.
Quelques travaux sont d'initiative privée. Le célèbre cardinal Scarampo Mezzarota, créé cardinal et vice-chancelier en 1440 par Eugène IV, commença à édifier, près de l’église S. Lorenzo in Damaso dont il portait le titre, un palais que le cardinal Raffaele Sansoni Riario, qui porta le mêmetitreet devint, lui aussi, vice-chancelier, acheta, acheva et habita (vers 1486). On raconta alors, on s’en souvient, que les frais furent payés grâce à un bénéfice de 60 000 ducats fait au jeu sur Franceschetto Cibo, fils d’Innocent VIII. Les pierres employées provenaient, en partie du Colisée et de l’arc de Gordien. Le travail fut terminé vers 1495, ce qui exclut la participation de Bramante qu’on a citécomme architecte du palais et qui ne vint à Rome que plus tard, en 1500. Lorenzo Galli, banquier romain et plus tard trésorier de Jules IT, aurait prêté 120 000 ducats sans intérêts, pendant un an, pour en permettre l’achèvement.
La chancellerie est, ce semble, le plus beau spécimen de l’architecture romaine de la Renaissance.
1. Carlo Maratta, qui peignit tant de madones, les représenta sous aurait donc rien d’impossible à l’assertion de Vasari. Ne surnomles traits de sa maîtresse ; bien d’autres en firent autant ; il n’y mait-on pas Giulia l'Épouse du Christ? ‘
Le cardinal Alessandro Farnèse commença en 1494 le palais où il résida {.
Des palais s’élevaient de toutes parts à mesure que croissait la richesse du haut clergé et, plus tard, de la noblesse. Ce fut à partir de ce moment surtout que Rome devint la cité des palais.
D'autre part, les nations étrangères tenaient à honneur d'élever à Rome des églises dignes d’elles. Charles VIII, pris d’admiration pour saint François de Paule qui était venu en France à la prière de Louis XI, voulut fonder une église et un monastère en faveur de l’ordre des Minimes qu’il venait d’instituer. Son envoyé acheta une vigne sur le Pincio et la première pierre de l’église fut posée en 1493. Louis XII continua son œuvre et envoya, à cet effet, d’amples subsides ; le cardinal Briçonnet y contribua aussi ; il fit venir de Narbonne des pierres de taille pour le maître-autel et des vitraux qui représentent saint Just et saint Pasteur. L'église reçut le nom de S. Trinità dei Monti.
L'église S. Maria dell’ Anima avait été commencée sous le pontificat d'Eugène IV par un Flamand, Giovanni di Pietro, et par sa femme qui cédèrent en outre plusieurs maisons pour l’entretenir, mais ce fut au temps d'Alexandre VI que l'édifice fut achevé sous la direction de Bramante, dit-on, et avec l’argent des Allemands.
Les Espagnols avaient reçu du pape Sixte IV un terrain sur le Janicule, à l'endroit où, d’après une légende récente, on croyait que saint Pierre avait été crucifié. Ils y firent édifier, par Bramante, à la fin du pontificat d'Alexandre VI, le charmant temple circulaire qui est un de ses chefs-d’œuvre. Rome leur doit aussi l’église S. Maria di Monserrato ; elle fut élevée en 1495 par les Catalans et les Aragonais, sur les ruines d’une ancienne église espagnole dédiée à S. Niccolo ; Alexandre VI avait créé en cette année une confrérie espagnole sous l’invocation de S. Maria di Monserrato ; ce fut elle qui fournit les fonds ?.
Les arts, les lettres, intéressaient peu Alexandre VI. Il ne fit pas preuve assurément de la même hostilité envers les humanistes que quelques-uns de ses prédécesseurs ; 1l ménagea Pomponio Leto qui avait eu tant à souffrir naguère de Paul II et qui mourut en 1498 ; il s’occupa de reconstruire, on l’a vu, les bâtiments de l’Université, mais, d’une façon générale, on ne peut pas dire qu’il prît grand intérêt aux efforts ni aux travaux des écrivains. |
A Rome cependant affluaient, italiens ou étrangers, ceux qui étaient curieux ou instruits des Lettres anciennes : Inghirami, surnommé Fedra, Pietro Sabino, Aurelio Brandolini le poète et son frère Raffaello qui était aveugle, et le navigateur Martin Behaïm, et Reuchelin, et Copernic.
L’imprimerie avait continué à vivre, sinon à se développer, à Rome dep uis son :ntduction sous le pontificat de Sixte IV. Le nombre des ouvrages publiés varia, de 1465 à 1492, de dix à quarante-quatre par an, avec une moyenne de dix-sept par an ; dès que l'influence d'Alexandre VI se fit sentir, il baissa sensiblement :
1. F. de NAVENNE, Rome ét le Palais Farnèse, Paris, 1914. 2. À. VENTURI, Sioria dell Arte Italiana, Rome, 1923-1924.
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en tout, 107 en neuf ans, soit 12 par an.
On trouve parmi ces ouvrages quelques traités de botanique, de mathématiques, de géographie, de médecine, et quantité d'ouvrages de philosophie, de théologie, de rhétorique, des classiques latins et grecs.
Quant au chiffre du tirage, il est généralement de trois cents, éventuellement de huit cents (Lactance).
Les artistes, moins dédaignés ce semble et mieux rémunérés que les savants et les érudits, venaient à Rome de toutes parts. Rome les accaparait alors que Milan, privé de sa cour ducale, et Florence qu’avaient dû fuir les Médicis, ne leur offraient plus les mêmes avantages que précédemment. Bramante, Sangallo, Michel Ange, le Pinturicchio, le Pérugin, le graveur Caradosso, travaillèrent souvent, soit pour le compte du pape, soit plus souvent pour celui des cardinaux et des grands 1.
La vie commerciale se développait. Le chroniqueur Millino, énumérant les corps de métier qui avaient pris part à la procession de la mi-août en 1462, cite les banquiers, les lainiers, les peaussiers, les marchands de peintures, les charpentiers, les barbiers, les potiers, les ferrons, les meuniers, les boulangers, les taverniers, les celliers, les chandeliers. Le poète-médecin de Florence, Giacomo de’ Pennis, cite en 1513 les taverniers, les aubergistes, les barilliers, les vignerons, les jardiniers, les boulangers, les bouchers, les tailleurs, les pelletiers, les tanneurs, les cordonniers, les ferrons, les charpentiers, les barbiers. Les anciennes corporations qui ne figurent pas dans cette énumération n’en existaient pas moins, car on les retrouve par la suite.
On le voit, entre ces deux dates, c’est-à-dire pendant les pontificats de Sixte IV, d’Innocent VIII et d'Alexandre VI (et de Jules IT), le mouvement corporatif avait continué à Rome malgré tant de causes contraires à son développement : guerres incessantes, insécurité dans Rome même, enchérissement de la vie. Ceci prouve le progrès économique de la ville qui, d’ailleurs, allait devenir incontestable au temps de Jules II et de Léon X.
Les ouvriers et les artisans étrangers commençaient à venir de plus en plus nombreux, non seulement de la Toscane et du Milanais, orfèvres, maçons, charpentiers, lainiers mais de la Suisse, de la France et de l'Allemagne. Les Romains continuaient à leur laisser le champ libre ?.
1. Sur les médaillistes au temps d'Alexandre VI, voir : O.-F. Hi, 2. ANT. BERTOLOTTI : Voir la série de ses ouvrages sur ce The Roman Medallists… Londres, 1920. Cf. A. ARMAND ;des Médail- sujet et notre ouvrage sur les Corporalions ouvrières de Rome, listes, Paris, 1883-1887. — MünrTz, Les Arts à la cour des papes.
Durant son court pontificat, Pie ITT ne put, bien entendu, entreprendre aucun travail artistique ou architectural ; auparavant il avait enrichi le dôme de Sienne, en mémoire de son oncle, de plusieurs œuvres d'importance ; ainsi il érigea, en 1485, un autel que décora Andrea Bregno ; en 1405, il commença la construction de la Libreria ; le Pinturicchio fut appelé par lui de Pérouse en 1502 pour la décorer ; il y peignit une série de douze fresques représentant les principaux actes de la vie de Pie II. Piccolomini tenait tellement à l’achèvement de ce travail qu’il en fit mention dans son testament daté du 30 avril 1503. Il fit également travailler Michel Ange qu'il eut la gloire de découvrir. Il lui commanda quinze statues pour le dôme !.
Ainsi s’est préparée au point de vue politique comme au point de vue artistique la brillante période qui allait faire de Rome, sous des pontifes actifs, intelligents, énergiques et parfois magnifiques, la cité des arts, la métropole de l'intelligence, le centre des plaisirs.
1. CHARLES BLANC, Histoire des Peinires, Ecole Ombrienne, Paris, 1870. — Münrz, Les Ayts, vol. IV, p. 270.
BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE
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