UNE
AU
VATICAN
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pour s'enfuir, ce que feraient les autres membres de la famille quand Paliano serait pris, quelle ville on assiégerait après...
. D'abord, le pape ne voulut pas croire que la paix avait été signée ; lorsqu'il n’en put plus douter, son dépit fut extrême et son état de santé empira. Depuis quelque temps, la goutte dont il souffrait s’était aggravée au point de l'empêcher fréquemment d'accomplir les fonctions religieuses auxquelles il se plaisait. Le 11 août 1484, il ne lui fut pas possible de réunir le consistoire ; néanmoins, il voulut recevoir les représentants de ses anciens alliés, car il tenait à leur dire sa pensée. Il les accusa d’avoir accepté des conditions plus mauvaises que celles que lui proposaient naguère les Vénitiens, « des conditions de vaincus et non de vainqueurs », et d’avoir conclu une paix « pleine de confusion et de honte » d’où sortirait bientôt plus de mal que de bien !.
Les ambassadeurs cherchèrent à le calmer et le prièrent de bénir cette paix ; le pape dégagea avec effort sa main de l’écharpe qui la soutenait et fit un geste où l’on put voir un acquiescement ou un refus, une bénédiction aux ambassadeurs ou à la paix. Sa parole s'embarrassait ?.
La fièvre augmenta le lendemain et triompha de cet organisme si robuste pourtant, qu’avaient épuisé douze années de pontificat. Sa fin fut édifiante, écrit l’envoyé florentin Valario. Il expira dans la nuit du 12 août 1484, à l’âge de soixante-dix ans et quelques Jours.
Burchard, en sa qualité de chef des cérémonies, s’occupa aussitôt de rendre les derniers devoirs au défunt, mais le palais était dans un désordre extrême ; il ne put obtenir ni l’eau, ni le vin, ni les aromates nécessaires à la toilette du corps. Enfin, un aide de cuisine lui apporta de l’eau chaude dans une bassine où on lavait la vaisselle. Tout avait été enlevé, jusqu'aux vêtements du pape; Burchard dut découper sa chemise pour en faire des serviettes. On l’habilla ensuite de vêtements donnés quiétaient rouges et blancs. En vain Burchard réclama-t-il une croix pastorale, il dut se contenter de disposer en croix son étole. On transforma la table sur laquelle on avait déposé le cadavre en lit funéraire. Un anneau de 300 ducats lui fut mis au doigt, mais on plaça un gardien pour empêcher qu'il ne fût dérobé !
Giuliano della Rovere fit les frais du tombeau de son oncle qu’il éleva dans la chapelle du chœur de la basilique de Saint-Pierre jusqu’au moment de sa démolition ÿ.
Les bas-reliefs qui le décorent marquent bien les conceptions qui envahissaient alors l'esprit des Italiens; ils représentent, sous les traits de femmes demi-nues, la Géométrie,
1, Le texte de l’allocution se trouve dans la chronique du Volterrano qui dut assister à la scène. Dès le 15 juin 1481, l’envoyxé à Rome de Laurent le Magnifique lui mandait que le pape était très bas, et que les astrologues annonçaient qu’il mourrait avant la fin dumois.BurcHArD,éd.Thuasne,vol.l, appendice 1etsuivants.