SCÈNE ÎYI
BERTOCOURT
Ce monsieur m’a répondu qu’il avait le droit de garder les lettres et qu’il les garderait.
COURMONT
Il a dit qu'il avait le droit de les garder? (a lui-même.) Ah ! c’est plus sérieux que je ne pensais... Et pourtant, là, Aurélie n’avait pas le regard d’une femme coupable!.. (Haut.) Et après?
BF.RTOCOl'RT.
Eh bien! quoi! après? Ce monsieur attendra mes témoins demain matin.
Tes témoins ! allons donc! Tu veux dire les miens ! Tu es le premier, mon neveu le second.
BERTOCOURT, à part.
' Quel neveu? il a l’esprit troublé ! (Haut.) Mais, malheureux, tu oublies que tu ne sais pas te battre, toi !
COURMONT
Qu’est-ce que ça fait? Est-ce qu’il y a besoin de savoir se battre pour punir un fa» qui insulte votre femme... Car cet homme insulte Aurélie, Bertocourt; Aurélie ne l’aime pas, c’est moi qu’elle aime!... mais il dit avoir le droit de garder ces... quoi? des billets insignifiants, sans doute!... Eh bien! nous allons
voir! (Très-trouble, il se dirige vers la porte de gauche.) Mais d’abord il faut... (s’arrêtant.) Eh bien!... où vais-je par là?., mais ce n’est pas de ce côté... qu’est-ce que je cherche?... je ne sais plus... cependant, je voulais... (il Ta à droite et s’arrête encore pour dire à Ben. court.) Ah! t'ai-jé dit que j’avais les lettres de ta femme, je les ai, oui!., et je vais te les donner., attends-moi.
BERTOCOURT **.
Ou vas-tu?
COURMONT
Je veux voir Aurélie !... (il son par ta droite.)