CHAPITRE XXXII
NOLLE PROSEQUI.
Le docteur Rivard, sous la garde de Lauriot, avait été conduit chez lui, au sortir de la Cour des Preuves ; de là il fut transporté à la prison commune du district, où Pluchon, la mère Coco, et ses deux fils | Léon et François se trouvaient incarcérés. “
2 se mr 4
ESS CPR PER EE EE EE jen
# ! , po FRITES 1 FÉES Ve A Se SALES DUR NES LRU PTOE NP RIRES TOR EOSR EE ENS ORAN TROT ETC JO A eee SORA BASE EDR ENMERTÉE MES
Pluchon avait été mis dans une chambre assez propre, moyennant une petite somme qu'il devait payer par semaine. Cette chambre était située dans les dolles. Les dolles occupaient le troisième étage d'une des ailes de la prison. Un corridor long et spacieux divisait cette partie de la prison en deux ; de chaque côté, des chambres bien aérées, mais avec des barreaux aux fenêtres, meublées convenablement, avec de bons lits, étaient réservées à ceux des prévenus qui pouvaient payer deux dollars par semaine. Le mot dolles venait des deux dollars qu'il fallait payer pour prix du loyer de ces chambres Une grosse porte en fer, à grille, fermait le corridor. Le jour, les portes des chambres des dolles restaient ouvertes, pour permettre aux détenus de se promener dans le corridor et de converser ensemble ; le soir après la visite, le géolier fermait la porte à clef. +
Le docteur Rivard, en apprenant que Pluchon était prisonnier, n'eut plus de doute que ce ne fut lui qui l'avait dénoncé. Pluchon seul connaissait sa cuipabilité ; aucun autre n’avait de preuves positives contre lui. Aussi cette nouvelle le frappa-t-elle douloureusement ; cependant elle ne l’abattit pas.
Il était quatre heures de l'après-midi quand le docteur entra dans la nri:.. Il avait d'abord demandé à rester quelque temps dans un salon d'attente, jusqu’à ce que Mr. Duperreau, son avocat, qui était allé faire préparer les papiers nécessaires pour le faire admettre à caution, fut arrivé ; mais quand il eut appris que Pluchon occupait une deschambres des dolles, il changea d'idées, et demanda à être aussi placé dans les dolles.
de vais aller voir s’il y en a une de prête, lui dit
RE ne
un des guichetiers; je crains bien qu'elles ne soient toutes occupées.
—Tu n'as pas besoin d’y aller, reprit le géolier qui, en entrant, avait entendu; tu sais bien que toutes les chambres sont prises. Il n’y avait que le No. 4, mais elle est un peu petite pour deux; à moins que monsieur ne préfère l'occuper avec celui qui est venu ce matin.
Un léger mouvement de satisfaction erra sur le front du do’teur qui reprit avec indifférence :
—Je né voudrais pas gêner le monsieur; quant à moi je ne refuse pas d’avoir un compagnon, je paierai la même chose ; mais le Monsieur y consentira-t-il ?
—Faudra bien qu’il y consente, ou qu’il aille dans la salle commune ; d’ailleurs c’est une chambre à deux lits, c'est a plus grande des dolles. Ce NW”. Pluchon n’est js si grand seigneur, après tout |
Le doctev: Rivurd, qui avait osé demander le nom de son futur compagnon de chambre, quoiqu'il le supposât d'après ce qu'il avait entendu, eut d3 la peine à réprimer la satisfaction que lui causa ‘a réalisétion de son espérance.
Au moment où le docteur se préparait à monter aux dolles, Mr, Duperreau entra dans la salle.
—J'ai tout préparé pour votre cautionnement, mais je suis bien fâché, non cher docteur, de vous annoncer que vous serez forcé d'attendre à demain. Il est trop tard pour aujourd'kui. Je ne pourrai avoir le writ d’habsas corpus que vers dix heures du inâAtin.
—C'est bien, Mr. Duperreau, c’est bien, lui dit le docteur ; j'aime actant que ça soit pour demain.
Vous voudrez bien me venir voir, avant de faire signer le vwrit; j'aurai peut-être quelque chose à vous communiquer.
— Mais, sans doute ; je serai ici demain matin à neuf heures. Ne puis-je rien faire pour vous, en attendant ?
—Non, merci.
On n'avait point annoncé à Plucèon qu’il devait avoir un compagnon de chambre; aussi sa surprise fut-elle grande quand il vit entrer le géolier suivi du docteur Rivard ; cependant il ne se déconcerta pas. il espérait que le docteur ignorait sa délation.
—Bonjour, monsieur, lui dit le docteur Rivard ; j'espère que je ne vous incommoderai pas longtemps. J'ai été arrêté par erreur; demain je dois être admis à caution ; je ne vous aurai dérangé que pour une nuit.
—Pluchon baissa d’abord la vue, puis la relevant avec inquiétude sur le docteur, chercha à aeviner dans sa physionomie ce que pensait ce dernier. Il ne répondit pas.
--Vous prurrez prendre ce lit, M. le docteur, dit le géolier, dans une couple d'heures nous vous apporterons à souper.
Aussitôt que le géolier fut parti, le docteur Rivard alla fermer la porte, puis il prit nne chaise et alla s'asseoir en face da Pluchon.
—Eh! bien ! Pluchon, lui dit-il sans préambule, tu sais pourquoi je suis ini.
—Mais non, répondit en hé. itant Pluchon, qui sentait ses chairs frissonner sous le regard ardent du docteur Rivard.
LS à AR Tr RS
er $e A Hbc 2 RRn RÉ naiss fers rhnpernpmintes pétig pionnier pen mit ménage ag «à
—Tu ne le sais pas? Eh ! Je vais te l’apprendre. Ecoute : je suis arrêté parceque toi, tu m'as dénoncé.
—Moi ?
—Oui, toi ! Joseph, Pierre, Etienne Pluchon ! Toi, qui pensais me faire condamner, pour obtenir ton pardon en te rendant témoin contre moi.
—Je vous assure.
—Tais-toi, nœdis pas un mot; écoute ce que j'ai à dire, tu.parleras après. Tu es un lâche, et tu es aussi bête que lâche. D'abord, ton témoignage ne suffira pas pour me faire condamner, et il est seul. Ensuite, quand on saura que tu as trempé dans l’assassinat de la rue Perdido…
— Docteur !
Silence donc ! car la preuve de cet assassinat, 2 je l’ai en ma possession ; tu seras arrêté comme félon, et ton témoignage contre moi ne sera plus d'aucune importance. Tu seras tombé d’un embarras dans un'
Deco CRE
bien plus grand; car au lieu de quelques années de ho 7
pénitencière, tout au plus, tu vas monter à l’écha- réfléc
| faud. trom] . Pluchen était atterré. Il fut plusieurs minutes Æ —{ sans pouvoir parler, puis enfin faisant un effort il bien « | s'écria : | — —Docteur, je yous jure... dale L —Tu meus, misérable! Tu ne mérites pas même RW mise L que l'« ait pour toi la moindre commisération. Je le ma s savais que tu étais ici prisonnier. J'aurais paume | donn LL i faire admettre à caution dès aujourd'hui, mais j® À prom F voulais te voir, ca” j'avais eu un instant pitié de toi. servir s' 1 Mais tu mens ; et tu me mens à moi qui te connais! Corro
—Pitié 1 pitié ! dit Pluchon en tombant à genoux. [ER lrocë Pitié! ah! oui, tu la mérites bien! | nes