‹ Une de perdue, deux trouvéesChapitre 17 sur 207 · UNE SCÈNE A BORD · texte numérisé non relu

UNE SCÈNE A BORD

Depuis que le Zéphyr était sorti de la baie de Matance, le vent avait été variable, sautant subitement d'un point à l'autre du compas, de manière à parcourir la rose des vents dans toutes ses directions. Toute la journée, de gros nuages sombres étaient restés suspendus à la voûte du firmament ; l'atmosphère était lourd et pesant ; le thermomètre, vers les cinq heures de l'après-midi, était tombé considérablement. Tout présageait l'orage pour la nuit.

Le capitaine Pierre se promenait sur le pont, regardant de temps en temps le petit hunier, qui frisait au vent.

— Bâbord un peu la barre, cria le capitaine au timonier.

— Bâbord un peu la barre, répéta le timonier.

— Où le vaisseau a-t-il le cap ?

— Nord, quart nord-ouest.

— Holà, en avant là, des hommes à la hune de misaine, pour prendre deux ris dans le petit hunier.

Cinq à six matelots s'élancèrent par les haubans du mât de misaine, et en un instant furent sur son hunier.

» — Amène le petit perroquet I

— Oui, oui, capitaine.

— Brasse sous le vent la grand'voile et le grand hunier ! — Des hommes à l'artimon pour serrer la perruche ! Un peu vite, mes enfants. — Borde roide la brigantine ! C'est bien. — Amarre partout.

Le capitaine, après avoir donné successivement ses ordres qui furent exécutés vivement par les gens du quart, fit trois à quatre tours sur le pont, puis revenant à l'arrière ;

» — Timonier, gagnons-nous sur la route ?

— Oui, capitaine.

— Combien ?

— Deux points.

— Bâbord encore la barre un peu !

— Bâbord la barre un peu, répéta le timonier.

— C'est bon là, droit la barre maintenant » !

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