ZOOLOGIE
Publiée sous la direction de M. EpMoND PERRIER.
L'abonnement est fait pour 2 volumes gr. in-8, chacun d'environ 400 pages, avec les planches correspondant aux mémoires.
Ces volumes paraissent en plusieurs fascicules dans l'intervalle d'une année.
Prix de l'abonnement annuel à chacune des parties, zoologie ou botanique Paris : 30 francs. — Départements et Union postale : 32 francs. ANNALES DES SCIENCES GÉOLOGIQUES
Dirigées, pour la partie géologique, par M. HÉBERT, et pour la partie paléontologique, par M. A. Micxe-Enwanps.
Tomes I à XXII (1879 à 1891).
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HuirièMe SÉRIE (1895 à 1994). Chaque partie, 20 vol. 300 fr. GÉOLOME, 22 V0 lu mes MER OUEST TER Un A AC, E nn 330 fr.
CAMBARUS (CAMBARUS) BOU VIERT nov. sp.
Par M. !e D' A. E. ORTMANN
MUSEUM CARNEGIE, PITISBURGI,
Les types (3 mâles de la première forme et 1 femelle) de cette nouvelle et intéressante espèce m'ont été envoyés par M. le Professeur E.-L. Bouvier pour la détermination et appartiennent au Muséum de Paris, à l'exception d’un individu mâle qui à été déposé au Muséum Carnegie. IIS ont été récoltés par M. L. Diguet dans une petit rivière torrentueuse à Uruapan, État de Michoacan, Mexique.
Diagnose. — Organes sexuels du mâle de la première forme robustes, droits, pas très longs, les deux parties en apposition contiguës jusqu'aux extrémités qui sont tronquées. La partie externe à un angle arrondi au bord postérieur, immédiatement en dessous des dents terminales cornées. IT a une dent cornée, spiniforme à l'extrémité de la partie externe et de plus, à l'extrémité de la partie interne, une plaque cornée en forme de sabot de cheval. Sommet de la partie interne situé en arrière de la plaque cornée et également brun et corné, plus court que cette dernière et dirigé obliquement en arrière.
Rostre subtriangulairement ovale ; les bords convergents forment à une courte distance du sommet un petit angle sans épines latérales.
Carapace fortement et assez également granulée, sans épines latérales. Aréole assez étroite, presque de moitié aussi longue que la partie antérieure de la carapace.
Pinces fortement granulées partout, rarementlarges dans ce sous-genre,comprimées (nonsub-cylindriques),en ovale allongé,
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avec les bords de la portion palmaire pas tout à fait parallèles. Bords tranchants des doigts avec des tubercules et une ineision à la base du dactylopodite.
Péréiopodes de la troisième paire du mâle avec un crochet sur l’ischiopodite.
Description du mâle de la première forme. — Rostre concave, avec les bords élevés, subtriangulairement ovale. Bords convergents, formant à une courte distance du sommet un angle plus ou moins distinct, sans aucune trace d’épines latérales. Pointe courte, triangulaire. Carènes post-orhiculaires divergentes postérieurement, sans épines antérieures. Carapace légèrement comprimée. Angle suborbiculaire triangulairement saillant, mais non spiniforme. Épine branchiostégiale présente, tuberculiforme. Surface de la carapace densément ponctuée en dessus et densément granulée sur les côtés ; granules distincts, assez aigus et uniformes. Il n°v à pas d’épine latérale en arrière du sillon cervical qui est interrompu sur les côtés. Aréole presque de moitié aussi longue que la partie antérieure de la carapace (rostre compris), assez étroite, avec deux ou trois rangs irréliers de points. Abdomen aussi large que la carapace et légèrement plus long. Partie antérieure du fe/son avec de trois à cinq épines de chaque côté. Extrémité antérieure de l'épistome largement triangulaire.
Antenne avec le flagellum presqu'aussi long que la carapace ou légèrement plus long. Évaille des antennes assez large ; sa plus grande largeur au milieu.
Pinces des péréipodes de la première paire fortes. Main en ovale allongé, large, comprimé, couverte partout de granules tuberculiformes dont les plus gros se trouvent sur la face externe, et forment un rang de denticules semblable à une scie sur le bord interne de la partie palmaire et Le long de la moitié voisine du bord externe du dactylopodite. Bords de la partie palmaire non parallèles. Il y à une dépression près de la base du doigt immobile sur la face supérieure de la main et les deux doigts ont une forte côte longitudinale. Bords tranchants des doigts munis de tubercules ; doigt immobile avec un tubercule plus gros près de la base et un autre près du sommet ; dactylopodite avec un tubercule plus fort près de la base et une inci-
sion distincte voisine de celui-ci. Le plus gros tubercule du doigt immobile est placé dans cette incision. Les tubercules de la surface de la main ont quelques courts poils apprimés sur leurs bords antérieurs qui, cependant, sont fréquemment usés. Les bords des doigts sont aussi légèrement poilus. Carpopodite court, avec un sillon en dessus, granuleux, tuberculé et, sur le côté interne, un très fort tubercule spiniforme accompagné d’un petit nombre de lubereules plus petits. Un autre tubereule spiniforme se trouve au milieu du bord inféro-antérieur et un autre semblable à l'articulation avec la main. Wéropodile granuleux sur le bord supérieur ; les granulations plus fortes près de lextrémité extrème : bord basilaire avec deux séries de granules spiniformes.
Ischiopodite de la troisième paire de péré1opodes avec un fort crochet qui est triangulaire, non conique, mais légèrement déprimé, avec la surface inférieure (interne) légèrement con PF pre cave, ce qui donne presque la forme d'une rus) bouvieri.
C ; ; nov. sp. Premier cuiller. Il n'y à pas de tubercules spéciaux où pléopode gau-
de carènes sur les coxopodites des quatrième ‘he du mate de la première for-
et cinquième péréiopodes. me, vu du côté ; - : interne. (Grossi Pléopodes de la première paire. — Organes % fois.
copulateurs (voir fig. 1 et 2) droits, assez
robustes et courts, ne s'étendant pas au delà de la base de la
troisième paire de péréiopodes. Les deux par-
ües unies à leur sommet ne sont pas très
tordues. Partie externe, immédiatement en
dessous du sommet, avec un angle arrondi
dirigé en arrière. Partie interne largement
tronquée, à sommet brun, corné, pointu, plus
court que les dents terminales et dirigé oblique- Fig 2 — Sommet : : 5 du mème orga-
ment en arrière. I n'y à pas d'angle où épaule 5e, vu du côté
sur le bord antérieur. Les dents cornées sont SR Fes
particulières : l'une, appartenant distinctement
à la partie externe, est spiniforme ; mais en plus 1l y à une
plaque cornée, apparemment à la partie interne et qui à la
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forme d'un sabot de cheval, sa concavité dirigée en arrière vers le sommet spiniforme de la partie interne. Cette plaque est plus ou moins distinctement tronquée (dans le spécimen figuré, la troncature est très nette, mais elle semble, d’après les autres spécimens, être usée et il est possible que le bord de la plaque ait été primitivement arrondi, donnant à cette plaque la forme d'une euiller). L’épine cornée de la partie externe étant située près de la plaque, son sommet seul est libre.
Le mâle de la deurième forme est inconnu.
La femelle, à part l'absence des organes copulateurs et des crochets, est semblable au mâle à tous égards, sauf que les pinces sont relativement un peu plus petites. Annulus ventralis irrégulièrement circulaire, avec une profonde dépression médiane continuée en avant par un sillon situé de façon asymétrique {vers le côté droit dans notre spécimen) entre deux tubercules élevés dont le gauche est plus élevé et plus grand que l’autre. En arrière de la dépression médiane, l'annulus est seulement un peu élevé et une fissure passe sur le côté gauche de cette élévation. Cette fissure forme, avec la dépression médiane et le sillon antérieur, une courbe en forme d'S.
Dimensions. — Du plus grand mâle (première forme). Longueur totale : 78 millimètres ; longueur de la carapace 38 millimètres; partie antérieure de la carapace : 25 millimètres ; partie postérieure de la carapace (aréole) : 13 millimètres; largeur de l’aréole à sa partie la plus étroite : 1°%,5 : longueur de labdomen : 40 millimètres ; longueur de la main : 36 millimètres ; largeur de la partie palmaire : 16 milmètres.
De la femelle. — Longueur totale : 83 millimètres ; longueur de la carapace : 41 millimètres; partie antérieure de la carapace : 27*%,5 ; longueur de l’aréole : 13**,5 ; largeur de l’aréole : 1°%,5 ; longueur de l'abdomen : 42 millimètres ; longueur de la main : 29 millimètres ; largeur de la partie palmaire : 14% millimètres. |
Localité. — Uruapan, État de Michoacan, Mexique.
Par les organes sexuels tronqués, robustes, droits avec les
(Y —. Ù \ / 4 CCE / A Micie y eo) se 2160 10 sacan, 4829 /47635 }
deux parties en apposition étroite jusqu'aux sommets, et les dents cornées développées aux sommets, cette espèce appartient au sous-genre Camnbarus, comme je lai décrit (1). La présence de crochets copulateurssur les péréiopodes de la troisième paire seulement, et l’étroite, mais non effacée aréole, place cette espèce dans la section du €. simulans (2).
Deux espèces ont été admises dans cette section : €. simulans Fax. et C. gallinus Cock. et Port. qui ont été différenciées principalement par la forme des dents terminales des organes sexuels du mâle. Cependant Harris (3), citant Hay comme autorité, à réuni ces deux espèces. Les matériaux récoltés pour le Muséum Carnegie par le D° D.-A. Atkinson dans la Rivière Bosque, à Clifton, Bosque Co., Texas, m'ont conduit à la même conclusion. Les organes copulateurs mâles de ces spécimens répondent à tous les points essentiels des figures de Faxon du C. simulans (4), excepté par la présence, à la partie interne, d'un sommet droit plus long que les dents terminales. Cette partie, dont Faxon donne des figures, a, semble-t-1l, été cassée. Quant à la figure de C. gallinus, publiée par Coeknell et Porter (5), il y aune ressemblance complète (voir nos figures 3 et 4).
C. simulans est décrit comme possédant une aréole carénée qui, d’après la deseription, manque ouest faiblement développée seulement dans ©. gallinus; en outre, Ja pointe du rostre v est dite plus courte que dans cette dernière espèce. Jai observé des races d’une carène émoussée dans quelques-uns des plus grands spécimens de Clhifton, Texas, et la longueur de la pointe du rostre est variable dans ceux-ci. Pour le reste, ces exemplaires répondent à tous les points essentiels de l’une ou Fautre espèce, et j'en conclus que lon peut sans crainte réunir les deux espèces sous le nom plus ancien de C. simulans.
J'ajoute que dans quelques-uns des spécimens de Clifton, il v a une petite épine latérale sur Îa carapace. Cette épine existe Pr. Amer. Philos. Soc., XLIV, 1905, p. 96, et Ann. Carnegie Mus., WU, 1905,
) Zbid., XLIV, p. 101 a,, et INT, 1905, p. 438.
) Kansas Univ. Sc. Bull., 1, 1903, p. 126.
) Mem. Mus. Haward, X, 1885, pl. VI, fig. 3.
p- # (2 (3 (4 (5) Proc. Acad. Philad., 1900, p. 434.
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le plus souvent: elle est plus aiguë dans les Jeunes individus, mais souvent très petite, tuberculiforme et disparaît quelquefois entièrement.
Ainsi, nous constatons qu'il n°v avait actuellement dans cette section qu'une seule espèce, C. sumulans. Notre nouvelle espèce €. bourieri est a seconde.
Les principales différences entre les deux espèces sont les suivantes :
1. La forme des organes sexuels. Dans €: simulans (Voir nos figures 3et4), l'extrémité a trois dents terminales distinctes, l'une d'elles comprimée el disciforme, les deux autres spiniformes (la plus petite est à
ÿ\ peine cornée). Deux de ces dents {les deux plus
) grandes) au moins appartiennent au bord ex-
HE et An terne. La pointe dela partie interne est droite et
vus (Cambarus) plus longue que les dents cornées. Il y à un
ue angle distinct où épaule sur le bord antérieur,
opode gauche près du sommet, le bord postérieur de la partie de la première ; ; TE
paire du male externeestrenfléet bombé en dehors antérieure-
M du: ment. Dans ©. houvieri (voir nos figures 1 et 2)
coté inteme. 1} y a seulementune dent terminale spiniforme,
re UT appartenant à la partie-externe, et de plus une plaque cornée de forme particulière à lPextré-
mité de la partie interne, Pointe de la partie interne plus courte que cette plaque, oblique, cornée (d’un faciès
tout à fait étrange dans tout le genre). IT n°v à
pas d'angle sur le bord antérieur, mais un
angle assez petit, émoussé, sur le bord posté-
rieur de la partie externe à la place du renfle- \ ment du €. simulans.
Fig PIE Ces différences sont très frappantes et sont
méômes parties rc Di ee one Tee dl LARDIE vues du coté représentées dans nos lgures ; 11 ne SsempDle
externe. Gros- exister aucun rapport de structure entre ces sies environ 6 fois. organes.
2. Les granules de la carapace sont beaucoup plus épais dans C. bouvieri que dans C. simulans. 3. La pointe du rostre est plus courte dans C. bouvieri et les
angles latéraux des bords sont moins distinets.
4. La forme de la main est tout à fait différente dans les deux espèces. €. simulans à des pinces assez longues, avec la partie palmaire presque subevylindrique, seulement un peu comprimée et avec les bords parallèles. Dans C. houvieri, la portion palmaire est large, fortement comprimée, avec les bords non parallèles.
À cel égard, la nouvelle espèce ressemble assez aux espèces de rivière des États-Unis, appartenant au sous-genre Furonius et, d’après la main seule, je n'aurais Jamais soupconné que le ©. bouvieri fût un Cambarus vrai. Cependant, d’un autre côté, la forme de la main de C. simulans m'avait fait penser à un ‘état de C. hounieri, formant une sorte de transition entre ladernière espèce et les vrais représentants du sous-genre Cambarus (du type de C. bandingi), et de plus, €. simulans à une sculpture des pinces semblable à celle de C. bouriert.
La dépression de la surface de la main de C. houvieri est unique et ne se rencontre nulle part dans le sous-genre Cambarus (même pas dans la section de €. gracilis), landis qu'elle est assez fréquente dans les sous-genres Faronius et Bartonus.
Par la forme générale du corps, la forme du rostre, laréole et les autres caractères, 11 y a beaucoup de ressemblance entre C. bouvieri et C. simulans, et il n'y à pas le plus léger doute que ces espèces appartiennent au même groupe malgré les différences frappantes des organes sexuels.
La présence de cette espèce du sous-genre Cambarus, section de C. simulans, dans le sud-ouest du Mexique est intéressante au point de vue géographique. Assez loin, une espèce seulement est connue du Mexique, C. #iegmanni Er. (1), mais elle appartient à une autre section et à un groupe qui est caractéristique de la plaine côtière des États-Unis. C. siegmanni est probablement d’une migration plus récente dans Fest mexicain, venant du sud des États-Unis.
C. bouvieri, cependant, semble appartenir à la série primitive de Cambarus habitant le Mexique de tout temps. Nous ne croyons pas pouvoir dire qu'elle est plus primitive que €. simu-
(4) Voy. Ortmann, Pr. Washington Ac. Sc., VILLE, 1906, p. 15.
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lans, mais les deux espèces formant la section du €. simulans sont certainement les plus primitives de tout le sous-genre Cambarus et la présence de l'une dans le sud-ouest des États-Unis (Kansas, Nouveau Mexique et Texas), de l’autre dans le sudouest du Mexique, tend à confirmer mon opinion : que le foyer d'irradiation du sous-genre et de tout le genre était au Mexique et peut-être dans le Mexique occidental, et que le genre à émigré aux États-Unis par la voie des Plateaux crétacés du nord du Texas et les régions adjacentes (1).
Le sud-ouest du Mexique est la patrie au moins de deux espèces de Cambarus, qui sont de première importance z00-g60graphique. Une de ces espèces est celle déerite 1er, €. boutieri, appartenant au groupe le plus primitif du sous-genre typique Cambarus ; Vautre espèce est C. diqueli Bouvier (2) qui est peut-être le plus ancien type de toutes les espèces connues de ce genre et qui, de cette façon, appartient au sous-genre le plus primitif Procambarus (3).
(1) Ortmann, Pr. Amer. Philos. Soc., XLIV, 1905, p. 103, et carte pl. I.
(2) Bull. Mus. Hist. nat., 1897, p. 224; C. carnatus Faxon, Pr. U. S. Mus., XX, 1898, p. 648, pl. LXIIT.
(3) Ortmann, Ann. Carnegie Mus., I, 1905, p. 437 et 441.
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