‹ Une énigme historiqueChapitre 74 sur 100 · V. Bradei · texte numérisé non relu

V. Bradei

Tulisa.

Mi rlia sa .

S cor usa (s).

Braja .

Crivadia (s' Aninoasa.

Tous les noms de cette région sont roumains, à part quelques-uns qui sont d'origine slavone; il n'y en a pas un seul hongrois dans la partie montagneuse ; ceux-ci ne commencent qu'au bas de la montagne, du côté du nord, où les villages portent, en partie, des noms magyares.

La région située entre le Jiu et l'Olte est traversée par la puissante chaîne du Paringul dont les pics les plus élevés portent tous sans exception des noms roumains : Capra, Cursa, Cindrelul, Piatraalba, Resinnul, Presbea. Gomme pics secondaires, nous énumérons :

Robul (s).

Muncelul.

Secul.

Pop usa.

Dealul Urdei.

Ciobanul.

Tatarca.

Voinagul (s).

Serbotele .

Frumoasa.

Oasa.

Ostiagul.

Turc in a.

Vîrful rece Timova (s).

Tihâul (s).

Nedelcul (s).

Gôncioara.

D. Zimbrului.

Moldovisul.

Plaiul Dràgânesei (s]

Pietrosul.

Gorganul (s).

En fait de ruisseaux, nous rapporterons les principaux :

Valea Sipotului(s) V. Sidului (s).

Riul boalei.

Stîrniasa.

Fetitza.

Voivodul (s).

Izvorul Bulului.

J. Caparinului.

J. Cozicanului (s), J. Barusului.

J. Balindru.

J. Furnica.

Sadul (s).

Sadurelul (s).

Lotrioara.

B. Vadului (s) .

«/. Floarei.

Même absence complète de noms hongrois ou allemands, quoique ces peuples occupent la plaine qui s'étend au bas de la chaîne du Paringul, où les noms hongrois et allemands se rencontrent assez souvent, pour les villes et les villages. Pourtant, même dans la plaine, ces noms ne s'appliquent qu'aux endroits habités, tandis que les collines et les rivières portent des noms roumains.

A partir de l'Olte jusqu'aux environs de Brasov (Kronstadt), ville principale de la Transylvanie, située dans une plaine qui entre profondément dans la montagne et semble séparer la chaîne méridionale des Carpathes d'avec celle qui s'étend à l'orient du pays, s'élèvent les montagnes du Fagarache dont les pics les plus élevés sont : Clâbucetul, Surul, Negoiul, Buteanul, Vacarea, Budislavul (s), Racovitzanul (s), Pâpusa, Popâul, Osticid, Boldovistea, Comarnicul, Masgava, Vîrful Craiului (s), Boitza. Parmi les montagnes moins élevées, nous citerons :

Grohotisul.

Pleasa (s).

Mâgura (s).

Olanul.

Mormîntul.

Câlugâra.

Zanoga (s).

Gânsanii (s)

Foisoara.

Comarnicul.

Ciocanul.

Suza.

Pretina (s).

Câpâtzina.

Cremenea.

Boldana.

Prislopid (s).

Leota.

Secâtura.

Grintza.

Pietricica.

Crdpâtura.

Bârsa Grosetului.

Parmi les ruisseaux :

Butul. Arpasul (h).

Topologul. Bârsa fiierului.

Isbesul (h). Bârsa lui Bucur.

A propos de la Bârsa, qui est rendu en hongrois par Borza et donne son nom au pays qu'elle traverse (nommé dans les documents du moyen âge : terra Borza, en allemand Burzenland), le fait suivant

nous paraît évident : ce ne sont pas les Allemands qui ont pour la première fois donné ce nom à la rivière et au pays qui le porte et que les Roumains appellent t\ara Bâvsei, car ce nom existe dans la montagne d'où prennent leur source les trois ruisseaux énumérés plus haut et dont la réunion l'orme la rivière de Bârsa. Or, ces trois ruisseaux sont désignés par un terme commun, celui de Bârsa, plus un déterminatif particulier qui n'existe que dans la langue roumaine. Il est donc plus naturel d'admettre que le peuple qui a attaché ces désignations spéciales aux trois affluents est aussi celui qui leur a donné leur nom commun de Bârsa, seul appliqué ensuite à leur réunion en un seul cours d'eau, d'autant plus que toute la nomenclature de la montagne est roumaine; il serait donc assez extraordinaire que cette seule rivière fît exception et que son nom fût d'origine allemande. Les Allemands ont encore donné un nom teuton à la haute montagne qui domine les environs de la ville de Kronstadt, en traduisant le nom roumain Virful Craiului (pic du roi) par Kœniqstein. Il est vrai que l'on pourrait soutenir aussi la thèse contraire que ce sont les Roumains qui ont formé leur terme d'après celui d'origine allemande, si tous les hauts pics environnants ne portaient des noms de caractère roumain.

Entre le passage de Bran et la rivière Bouzéou on trouve les pics suivants : Bucecea, Crestianul mare, Grohotisul, Tatarul, Ciucas. A l'exception de ce dernier qui porte un nom hongrois, parce qu'il touche au district des Szèkles, tous les autres termes sont roumains. Les pics secondaires sont :

Hobota. Crucdrul. Musitza.

Poiana Créât zd. Câpdtzina-Porcului . T îrful Turcului.

Strunrja (s). Clûbucetul. Busca (s).

Obârsia (s). Rosa. Dobromira{s).

Piatra mare. Kisifja (h). Boitza.

Les principaux ruisseaux de ces montagnes sont : Azuga, Doftiana, lalea lui Balaa, Buzeul. Ce n'est que dans les environs de Kronstadt que l'on rencontre des ruisseaux de nom allemand, tels que Weiden, Enrich.

A partir de la rivière du Bouzéou, les monts Carpathes quittent la direction de l'orient et tournent vers le nord en formant un arc de cercle d'une régularité presque parfaite. L'Olte prend sa source plus au nord et baigne les pieds de cette chaîne qui s'étend du sud au nord ; dans son étroite vallée, assez souvent jusque bien avant dans la

montagne, habitent les Szèkles, race particulière de Hongrois dont l'établissement dans cette contrée montagneuse semble dater du temps où les Hongrois, chassés de l'Ateluzu par les Bulgares et les Petchénègues, vinrent en partie chercher un refuge dans les montagnes qui avoisinaient la Moldavie, pendant que la masse du peuple gagnait la Pannonie en contournant les Garpathes par le Nord (v. p. 75). Gomme cette population des Szèkles est assez compacte, elle a réussi à faire disparaître la nationalité roumaine, chose qui n'est guère arrivée ailleurs, car les Roumains sont, au contraire, l'élément dissolvant des autres nationalités. Dans les districts szèkles, il arrive assez souvent de trouver des villages entiers de Roumains qui ont complètement oublié leur langue et qui ne gardent le souvenir de leur origine que dans le nom qu'ils se donnent eux-mêmes, celui d'Olah, c'est-à-dire Valaquc. On comprendra donc aisément pourquoi la terminologie de la montagne, dans la partie de la Transylvanie habitée par les Szèkles, n'a pu rester roumaine, et que bon nombre de pics et de ruisseaux qui, dans les anciens temps, portaient des noms roumains sont désignés de nos jours par des termes hongrois. Pourtant, même dans cette région, c'est surtout la partie la plus rapprochée de la vallée de l'Olte qui porte des noms étrangers ; la partie centrale des Garpathes est, au contraire, roumaine comme partout ailleurs '.

Ainsi, entre le Bouzéou etl'Oituz, nous trouvons, sur les versants qui regardent la vallée de l'Olte, les pics suivants de nom hongrois : Janovanyoshewas, Bùdôshut, Iakobhavas, et bien d'autres encore. Il en est de même des ruisseaux qui portent des noms tels que : Zagon, Szipkes, Màrtonos, etc. En pénétrant plus avant dans la montagne, on trouve de nouveau des noms d'origine roumaine, tels que Pentelen, Musata pour les pics les plus élevés; pour ceux qui arrivent à une moindre altitude, nous trouvons :

ïïhuza(s). Masa mare. C. Voidresehdui.

Gherghiul. Masa mica. C. Soberetgidui (s).

DealulZimbrului. Mâgura Casinului. C '. Ruskelului (s) .

Piciorul Caprei. Culmea Coziei. C. Ghergheleului.

Quant aux rivières, outre le Bouzeu et YOituz, dont les noms anciens ont été commentés plus haut, nous trouvons :

1. A l'exception du district de Bacau, où l'élément szèkle a pénétré jusque dans la Moldavie, de sorte qu'on trouve des noms hongrois môme dans ce pays.

/>isca. Tihuza (s). Cosa.

Hertzaga. Lipsa (s). Casinul.

Ghiurca.

Mais on rencontre des restes de noms roumains même dans la partie magyarisée du pays ; c'est là un indice des plus sûrs que les noms hongrois se sont superposés aux roumains et les ont supplantés. Ainsi nous trouvons parmi les pics élevés de cette région le Kovasnaipilis, transformation évidente du nom roumain-slavon de Virful Covasnei.

Plus on monte vers les sources de l'Olte, plus les noms hongrois abondent et restreignent, dans les montagnes du côté de la Moldavie, ceux d'origine roumaine. Ainsi, entre l'Oituz et le Trotus, nous trouvons les pics suivants qui surplombent la vallée de l'Olte : Szwllwshegy, Budœshegy, Nagy Sandor; ce dernier est appelé aussi p;ir les Roumains qui habitent cette région Sandrul mare, nom l'orme d'après le prototype hongrois. Nous rencontrons ici encore une l'ois le l'ait rapporté plus haut qui confirme l'existence antérieure des Roumains clans cette partie du pays : ce sont les noms slaves ou roumains qui se cachent sous des formes hongroises ; ainsi encore Tatros Tetej, dans lequel Tatros n'est autre chose que le Trotus (en slave : rapide) et Gyœrgei Szeg qui n'est que le nom roumain Gherghhd.

Entre le Trotus et la Bistritza, on trouve la même répartition des noms roumains et hongrois. Nous citons, par exemple, les pics plus élevés : Nagy Hagymas, Fekete Hagymas, Mezô bavas, Hos havas, Ciudomir; vers la frontière moldave Laposul. Les rivières qui s'écoulent vers l'Olte portent, pour la plupart, des noms hongrois, celles qui descendent vers la Moldavie des noms slaves ou roumains, comme Domuk (s), Corbul. Le Bikaz porte un nom hongrois. Rappelons enfin que toute cette région du pays des Szèkles est traversée par YOlte, dont le nom est ancien*

Le pays habité par cette fraction de la nation hongroise finit près de la rivière de la Bistritza sur la rive méridionale de laquelle on trouve encore les montagnes nommées Bûkhavas, Koszresliauas, Mezœvesz, Orosz Biïk, etc. Au nord de la rivière recommencent à prédominer exclusivement les noms roumains. On y trouve, jusqu'à la Dorna, les montagnes Dealul negru, Izvorul Câlimanului, Pietrosul, Strânioara, et pour les hauteurs moindres des noms tels que :

Priporul Candrei. Piatra Dornei(s). Tihul (s).

Poiana Stampei. Pietrile rosiï. Casele alùe.

Bucsoara. Dealul lat. Cica.

DealulLokureilor. Glodul (s). Leorda(s).

Quelquefois, mais rarement, on rencontre un nom formé d'après le hongrois, par exemple : Dealul Mogosului (de Alogos zzz haut). Comme ruisseaux, nous citerons : Tiha (s), Tihutza (s), Sûrisorul (s), Drûgoiasa (s), Grintziesul.

La chaîne des Garpathes prend, à partir de la Dorna, une direction occidentale fermant la Transylvanie du côté du nord, qu'elle sépare du pays montagneux du Maramurèche. Les noms des montagnes de toute hauteur sont, sans aucune exception, d'origine roumaine. Pour les pics élevés, nous citerons : Muncelul, Pietrosul, Bâlâsineasa, Inâul, Virful Omului, Suhârzelul, Gogoasa, Tziblesul, Gutinul. Quant aux pics secondaires, nous pouvons énumérer les suivants :

Dealul Brezei (s). Ciarcânul. Rodna[s).

} ïrful Lazului. ' Prislopul (s). Rabin (s).

Mâgura Cataramei. Plescutza (s). Bîrla.

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