OBSERVATION I
Fièvre intermittente tierce, forme anticipante, à Plasmodium Vivax.
Z..., prisonnier de guerre allemand 3254, 32 ans, né à Berlin. Appelé le 12 mars 1915 au 208° d'infanterie, à Brandeburg. Blessé sur le front francais. Fait prisonnier le 5 mai 1917, à Craonne. A travaillé dans la région du front, dans une compagnie de prisonniers de guerre, jusqu'en avril 1918. Expédié à Avignon au dépôt spécial de prisonniers de guerre condamnés de Droit commun le 26 juin TS. Arrivé à Cuers le 7 octobre 1918.
Ne signale aucune maladie antérieure. Son nom ne figure pas sur le cahier de visile.
Vient à la visite pour la première fois le 3 septembre 1919, avec de la fièvre T, 88° (1), disant être fatigué et se plaignant de mal de tête.
(1) Toutes les températures sont axillaires.
Eloge
Prend 0 gr. 50 de quinine et 0 gr. 50 d’antipyrine. La fièvre tombe le lendemain et l’homme reprend son travail après 5 jours de repos.
Revient à la visite le 12 septembre. Aurait eu de la fièvre la veille 41, dans la nuit.
Fait deux accès tierce à 18 h. le 13, T. 3908, et à 13 h. le 15, T. 3907. Prend quotidiennement 1 gr. de quinine par la bouche, le 14, le 45 et le 16, puis reprend son service.
Revient à la visite le 1° octobre. À fait la veille un accès à 40°. Nous prescrivons un traitement prolongé alternativement deux jours quinine à 2 gr. en cachets, et deux jours arrhénal 0 gr. 05 centigr. en potion.
Revient à la visite le 17 octobre. Se plaignant de céphalée, de fatigue et, depuis trois jours, de petits frissonnements le soir. Fait un accès le 18 et un autre le 20.
Nous ne pouvons affirmer que le traitement institué au début du mois était exactement suivi. Il a suffi de surveiller l’ingestion de la quinine et de contrôler l'élimination du médicament dans les urines par le réaclif de Tanret pour que les accès ne réapparaissent pas jusqu’à son départ le 23 janvier 1920.