ANALYSE GRAPHIQUE DE LA PIÈCE DE QUESTION
Quelque obscure que soit la notion d'identité, il n'en est pas moins certain qu'elle se fonde sur des hétérogénéités plutôt que sur des similitudes, car l'hétérogénéité comporte au moins la dualité qui est la contradiction sinon la négation de l'unité, c'est-à-dire de l'identité, alors que là où il n'y a pas de caractères différentiels possibles tout est un ou identique, tout étant le même.
Et comme la conscience du moi, simple phénomène de contraste, c'est-à-dire d'opposition, résulte de la distinction que le moi établit entre lui et le non soi • comme on reconnaît un individu seulement au moyen des différences qu'il présente par rapport à un autre ou à tous autres, de même aussi la physionomie d'une écriture comme la physionomie d'un individu ne peut se distinguer d'avec celle d'un autre graphisme et par suite être attribuée à un autre écrivain qu'au moyen des caractéristiques générales ou particulières, plus ou moins appréciables, qui l'empêchent d'être confondue avec ce graphisme.
C'est pourquoi, dans toute expertise, en dépit de ropinion la plus
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commune, la question des similitudes, toujours possibles, et de fait, toujours très fréquentes entre deux écritures quelconques quelles qu'elles soient, n'a qu'une importance très subsidiaire, et c'est pourquoi, dans l'espèce, bien que tout doive être également mis en relief, similitudes et caractères différentiels, il sera cependant appuyé sur ces derniers en tant qu'ils constituent des idiotismes scripturaux et idiosyncrasiques dont la synthèse peut seule conduire à l'inférence d'un ou de deux écrivains différents, alors qu'un millier de similitudes ou d analogies ne peuvent jamais constituer une preuve d'identité d'écrivain- un faussaire quelconque pouvant toujours imiter plus ou moins maladroitement une écriture déterminée, et un écrivain pouvant toujours imiter dans les mêmes conditions sa propre/écriture prise comme modèle, inconsciemment ou non.