‹ Une erreur judiciaire: l'affaire DreyfusChapitre 7 sur 69 · CONCLUSIONS DE M. GUSTAVE BRIDIER · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS DE M. GUSTAVE BRIDIER

« Le cas de la falsification volontaire vient d'être examiné et jugé irréalisable par qui que ce soit el en employant n importe quel procédé, tout écrivain laissant forcément quelques traces de sa propre originalité dans un espace de trente lignes, ce qui inciterait fort à penser que ce ne serait pas V écrivain des pièces de comparaison, mais bien plutôt celui de la pièce de question qui aurait falsifié son écriture.

(( En dehors de la falsification volontaire, il reste le cas d'une transformation inconsciente qui serait à la rigueur possible, mais seulement partiellement, et sous le coup d'une violente émotion dépressive surtout.

(( Dans le cas d'une émotion violente, il est impossible que le désarroi dans lequel se trouve l'écrivain ne facilite pas, au contraire, la production de traits rapides et accessoires, analogues à ceux dont il a été parlé ci-dessus.

« Enfin j dans ce même désarroi préjugé de l'émotivité de l'écrivain, où l'irradiation de l'ébranlement nerveux et musculaire donne lieu à des contre-balancements excessivement compliqués d'impulsions de directions diverses et même contradictoires, il ne serait pas possible à un écrivain d'avoir tracé avec autant de 7ietteté et de relief qu'elles en ont dans la pièce de question les formes calligraphiques des lettres S et M déjà mentionnées plus haut; d'ailleurs le fait est démenti par le graphisme mort et appliqué, sinon à main posée, de la pièce de question.

ce En définitive, il résulte tant des constatations dont le compte rendu précède que de celles généralement quelconques dont la récapitulation a été faite sous la neuvième opération, qu'il y a autant

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de différences scripturales entre la pièce de question et les pièces de comparaison, quil y en aurait, pour prendre une comparaison parfaitement exacte, entre un homme mort et le même homme vivant. « En conséqueuce, cette conclusion générale s'impose que toutes les pièces versas à l'expertise n'ont pas été écrites par la même main; que la pièce de question est l'œuvre d'un écrivain inconnu quia laissé des traces de sa facture personnelle, et que les pièces de comparaison sont l'œuvre d'un autre écrivain. »

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