CHASSEUR ET SANGLIER
Annexion du Congo à
la Belgique, en 1908.
Dans un testament rendu public, Sa Majesté Léopold II, en parlant de l'œuvre de l'Etat Indépendant en Afrique, a écrit ces paroles mémorables :
« C'est en servant la cause de l'humanité et du progrès que les peuples de second rang apparaissent comme des membres utiles de la grande famille des nations. Plus que nulle autre une nation manufacturière et commerciale comme la nôtre, doit s'efforcer d'assurer des débouchés à tous ses travailleurs, à ceux de la pensée, du capital et des mains. »
On ne pouvait mieux définir le rôle et le devoir des Belges !
Un court aperçu rétrospectif nous montrera que la Belgique et son roi ne s'en sont pas tenus aux paroles, mais que les faits se sont précipités pour constituer une œuvre unique au monde.
Nous rappellerons ici pour mémoire la fondation de la Société Internationale Africaine en 1876, la Conférence de Berlin en novembre 1884, les efforts superbes, couronnés d'un succès complet, pour la suppression de la traite des noirs en Afrique et pour l'anéantissement de l'influence arabe au Centre Africain ; nous ne détaillerons pas, et pour cause, les travaux si prodigieux, si multiples et si importants qui en quelques années ont changé totalement de face tout le pays congolais ; nous ne parlerons pas ici des importantes missions commerciales et scientifiques qui explorèrent l'Etat Indépendant ;
mais nous dirons un mot d'un fait capital, qui se passa en 1908 : l'annexion du Congo à la Belgique.
Nous ne croyons pouvoir mieux faire que de rapprocher ici en regard de leur date les principaux événements qui se sont succédé si rapidement :
7 mai 1907 17 juillet
17 août
26 août
21 septembre 15 novembre 28 novembre
3 décembre 24 mars 1908
17 juillet 20 août
27 août
9 septembre
18 octobre 30 octobre 15 novembre 18 décembre
Le ministre de Trooz annonce le dépôt d'un projet de reprise du Congo.
La Chambre envoie ce projet à une commission de XVII membres où tous les partis politiques sont représentés.
Un arrêté royal nomme les mandataires appelés à faire partie de cette commission.
Première réunion de la commission.
Dépôt d'un projet de la loi coloniale.
Dépôt du rapport de la commission.
Les Ministres belges et les Secrétaires généraux du Congo signent un traité de cession du Congo à la Belgique.
Dépôt d'un projet de loi approuvant ce traité.
Adoption de ce projet de loi par la Commission des XVII.
On commence la discussion de la loi coloniale à la Chambre des Représentants.
La loi coloniale est votée ainsi que la loi approuvant le traité de cession et l'acte additionnel.
Le Sénat commence la discussion.
Vote de la loi, du traité et de l'acte additionnel par le Sénat.
Promulgation des lois approuvant le traité de cession, l'acte additionnel et la loi coloniale.
Nomination de Monsieur Renkin comme ministre des colonies.
La Belgique assume définitivement la Souveraineté du Congo.
L'annexion est solennellement proclamée à Borna.
Nous ne voulons pas terminer ce chapitre sans dire un mot des hommes d'élite qui furent les principaux collaborateurs de notre roi dans cette œuvre grandiose, menée si rapidement à bonne fin.
Stanley comprit un des premiers le but et les intentions de Léopold II et s'y associa immédiatement. Il quitta l'Europe sur 1' « Albion » au mois de février 1879, se rendit à Zanzibar, traversa le Continent Africain de l'Est à l'Ouest, fixa la position géographique de l'ancien Zaïre, planta le drapeau étoile sur ses rives et offrit ainsi un champ immense à l'activité économique des peuples civilisés.
Le baron Eambermont, mort le 6 mars 1905, habile diplomate, à qui l'illustre prince de Bismarck hii-même adressa de solennels éloges à la Conférence de Berlin, fut le défenseur de la première heure d'une œuvre qui alors eut à vaincre beaucoup de résistance, de mollesse, sinon de véritables hostilités. Sa mémoire sera toujours intimement liée à la création de notre colonie.
Emile Banning, publiciste distingué, actif, qui remplit un rôle prépondérant à la Conférence de Berlin, contribua puissamment à la réussite du projet grandiose par ses nombreux écrits et la part active qu'il prit à toutes les négociations entre l'Etat Indépendant d'une part, et l'Angleterre, la France et le Portugal d'autre part.
Le général Strauch fut chargé de l'organisation de toute l'administration du Nouvel Etat, de tous ses rouages avec leur sphère d'activité respective.il fut tour à tour Secrétaire général de l'Association Africaine, Président de l'Association du Congo et resta à la tête du Département de l'Intérieur du Nouvel Etat de 1885 à 1888.
Citons encore Hubert Van Neuss, premier Administrateur général des Finances; le baron Van Eetvelde, Ministre d'Etat ; le baron de Cuvelier, conseiller d'Etat; De Grelle-Rogier, Administrateur des Affaires Etrangères ; le Major Liebrechts, Secrétaire général du Département de l'Intérieur, Conseiller d'Etat; Pochez, Trésorier général; les Gouverneurs généraux: De Winton, Janssen, le baron Wahis, etc., etc.
VUE PRISE A 1,'lNTÉRIEUR DU PARC GOUVERNEMENTAL, A BOMA.