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HABITATION DU CHEF DE POSTE ET CORPS DE GARDE A SURUANGO

Voyage au Congo de Monseigneur le Prince Albert de Belgique,

actuellement

Sa Majesté notre Roi.

S. A. R. le Prince Albert, soucieux de nos intérêts nationaux et voulant personnellement et directement se rendre compte des ressources et des besoins de notre nouvelle colonie, résolut de se rendre sur les lieux et de parcourir le nouvel Etat.

Il quitta Ostende le 2 avril 1909, sur le bateau Princesse Elisabeth, pour partir le lendemain de Southampton en compagnie du baron de Moor, son officier d'ordonnance et de Monsieur Maelfeyt, Vice-Gouverneur général du Congo.

Le prince avait réglé son voyage comme suit : de Southampton au Cap : arrivée probable, le 18 avril ; du Cap par la Rhodésia en chemin de fer, jusqu'à Broken-Hill:

arrivée probable, le 20 avril ; de Broken-Hill à pied jusqu'à Kambove, visitant en chemin

les cataractes du Zambèze : arrivée vers le 23 mai. de Kambove par Lukafu au lac Moëro ; du lac Moëro à Stanleyville en bateau : arrivée vers le

10 juillet ; de Stanleyville à Léopoldville : arrivée vers le 20 juillet ; de Léopoldville à Borna : arrivée vers le 27 juillet.

Nous ne nous attarderons pas à raconter ici jour par jour le voyage du Prince Albert ; les journaux s'en sont chargés amplement et il est certain que des relations très circonstanciées verront le jour.

Nous nous contenterons de donner un aperçu général du voyage.

Grâce à l'usage de la bicyclette dont le Roi est un fervent, et aux marches forcées qu'il s'imposait lui-même, il a pu arriver à Borna dix jours avant la date qu'il s'était fixée.

Aucun accident sérieux n'est venu marquer son voyage, car il a pu aisément franchir toutes les étapes, sans être inquiété en quoique ce fût ; partout il a trouvé un accueil chaleureux et un pays entièrement pacifique.

Disons un mot des impressions personnelles que S. M. notre Roi Albert s'est formées. Il est d'avis que pour bien se porter au Congo, il faut avant tout des exercices physiques, du sport.

Le Roi actuel est d'avis que les Belges ne tirent pas de la nouvelle colonie tout le profit qu'ils pourraient en avoir, que l'achèvement de la ligne des Lacs la fera prospérer plus que la ligne du Sud ; que si la maladie du sommeil fait encore beaucoup de ravages, cela tient d'abord au nombre insuffisant de médecins (*) et ensuite à la prévention que les indigènes nourrissent contre l'injection préservatrice ; que les chefs ont tous fait leur soumission et que les quelques Arabes séjournant encore au Congo y sont sans influence, et enfin que la nouvelle colonie renferme des richesses merveilleuses sous le rapport végétal, animal et minéral, dont nous pourrons tirer profit, si d'une part nous améliorons le sort des indigènes et si d'autre part nous faisons preuve d'un large esprit d'initiative.

Tout le monde a pu lire dans les journaux, comment la Princesse Elisabeth s'est portée à la rencontre du Prince jusqu'à l'île Madère ; quelles fêtes splendides ont accueilli le Prince à son arrivée à Anvers et à Bruxelles, où l'enthousiasme populaire constituait une véritable apothéose.

Le voyage du Prince Albert fera époque dans l'histoire de notre colonie, car comme on a pu voir, il ne s'agissait pas ici d'une excursion de plaisir menée à grand renfort de fêtes, mais d'un réel voyage de documentation personnelle sérieuse.

(*) Le 10 mars 1910, Sa Majesté Albert a décidé de consacrer une somme de 1.000.000 fr. aux mesures à prendre, en Afrique, contre la maladie du sommeil. — On établira de nombreux postes d'observation et de nombreux villages sanitaires. — Le nombre des médecins de la Colonie sera doublé. — Le Roi a décidé de consacrer, en outre 500.000 francs à la construction d'hôpitaux pour les indigènes.

Cette preuve de dévouement a serré plus étroitement encore les liens qui unissent le peuple belge à la noble Dynastie, qui veille à sa destinée.

Maintenant que nous pleurons la perte de S. M. Léopold II, que l'impitoyable mort a arraché, le 17 décembre 1909, à la tendresse de son peuple, nous avons salué avec confiance l'avènement de son vaillant Successeur, le Roi Albert, dont nous avons pu apprécier la sagesse, le courage et le dévouement, surtout au cours de son exploration dans notre nouvelle colonie.

Puisse-t-il régner longtemps et heureux pour le bonheur de tous ses sujets : noirs et blancs !

HABITATION DE Mr VERVLOET A STANLEYVILLE.

Voyage au Congo

de

Monsieur Renkin, Ministre clés Colonies.

On sait que, à l'exemple du Prince Albert, Monsieur Renkin, notre Ministre des Colonies a entrepris le voyage du Congo, afin de pouvoir juger par lui-même, des ressources de notre colonie, de ses besoins, de l'état général des populations, des voies de communication, etc.

Voici, brièvement exposé, l'itinéraire qu'il s'était proposé de suivre :

Départ

d'Anvers

le

22 avril 1909.

Arrivée

Borna

12 mai

Matadi

Kusantu

Léopoldville

Lusambo

14 juin

» aux

Falls

1 juillet

Coquilhatville

Lisala

Isanghi

Kikombo

Nyangwe

1 août

Retour

Borna

Anvers

27 septembre.

Le Ministre comptait rencontrer le Prince le 14 juillet à Lisala ; mais, à cause de la rapidité du voyage princier, la rencontre eut lieu le 8 à Lulonga. Les deux voyageurs eurent un entretien qui dura deux heures, puis chacun continua sa route.

Après un voyage qui dura donc un peu plus de cinq mois, le Ministre des Colonies rentra à Bruxelles, en compagnie de

sa digne épouse, le 25 septembre 1909, donc quelques jours avant la date fixée.

Une foule nombreuse les attendit à la gare et les applaudit chaleureusement, tandis que Sa Majesté le Roi Léopold II vint en personne leur souhaiter la bienvenue.

Comme S. M. le Roi Albert, le Ministre Renkin conserve les meilleurs souvenirs de son voyage au Continent Noir.

Il atteste sa pleine confiance dans l'avenir de notre Colonie et exprime l'espoir que la Belgique saura largement profiter des magnifiques débouchés que la perspicacité prévoyante de feu S. M. Léopold II a créés.

Puissent ces espérances se réaliser pour le bonheur et la prospérité de notre chère Patrie !

La Belgique entière aura à cœur de faire honneur à ses engagements, se souvenant des paroles mémorables prononcées par S. M. le Roi Albert devant les Chambres réunies à l'occasion de sa prestation de serment, le 23 décembre 1909 :

« La Nation, de son plein assentiment, désireuse de mener » à bien l'œuvre de son Roi, vient d'assumer la souveraineté » des territoires du Congo. Avec la conscience de ses devoirs, » avec fermeté aussi, elle a tracé la politique coloniale, qu'elle » entend suivre. C'est une politique d'humanité et de pro- » grès. Pour un peuple épris de justice, une mission colonisa- » trice ne peut être qu'une mission de haute civilisation : en » l'acceptant loyalement un petit pays se montre grand.

» La Belgique se gouverne elle-même par des institutions » dont d'autres Etats ont emprunté les principes ; toujours elle » a tenu ses promesses, et quand elle prend l'engagement d^appli- » quer au Congo, un programme digne d'elle, nul n'a le droit de » douter de sa parole. »

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