POSTFACE
Ebruiter un nom qui mérite d’être connu et le mettre en voie de célébrité artistique, tel a été le but de mes trop faibles efforts.
Si je n’eusse été mù par les motifs exposés précé demment, je me serais bien certainement abstenu de publier cet essai; je me fusse contenté d’une biographie universelle a l’usage de tous : puissants et faibles, oppresseurs et opprimés, grands et petits, riches et pauvres, souverains et sujets; la voici : elle est un peu plus abrégée que celle de Michaud. C’est une imitation de Robert Montgommeri .
Un Homme a respiré I
(Biographie universelle.)
Vanitas !. .
Tombé dans le torrent dos siècles innombrables, Un homme a respiré, — mais quel fut son destin ?
— Au vôtre il fut pareil, mortels à lui semblables îl apparut un jom et vécut un matin.
L’endroit qui l’a vu naitre est un profond mystère ;
On ignore les lieux où la mort l’a vaincu ;
Son nom n’est qu’un son vague, oublié de la terre,
Voici la vérité qui, seule, a survécu :
La force, que remplace une langueur mourante,
Une ardeur généreuse, un lâche abattement,
Ont éteint, ranimé sa vigueur expirante,
Comme toi l’ont soumis à plus d’un changement.
La douleur, le plaisir, l’espoir et les alarmes,
Dans sou sein palpitant ont régné tour à tour :
Du bonheur... et des maux... un sourire... et des larmes Par l’oubli tout le reste est couvert sans retour.
Qu’il a souffert !... Sa peine est à jamais passée ;
Il avait des amis... tous ont fini leurs jours ;
Il connut les plaisirs... leur joie est effacée ;
Il eut des ennemis... ils dorment pour toujours.
Il aima d’une ardeur qu il disait éternelle ;
La tombe a dévoré l’objet de ses amours.
Eh ! qu’importe au destin que l’on soit jeune ou belle. Quand du char de la vie il arrête le cours ?
Les astres, l’air si pur, l’Océan et la terre,
Le cercle des saisons, et le jour et la nuit.
Pour lui changent en vain : la vie et la lumière Ont été son partage, et ne sont plus pour lui
Tout ce que tu peux voir il le vit apparaître ;
'Fout ce que tu souffris a comblé son ennui ;
11 fut ce qu’à présent tu t’enorgueillis d’être :
Tout ce que tu seras, il l’est dès aujourd’hui.
On vit se réfléchir, dans son œil plein d’audace,
Les rayons du soleil, l’azur brillant des cieux :
Les cieux brillent encor !... Mais où donc est la trace De la voûte éthérée empreinte dans ses yeux ?. . .
Les monuments détruits , leurs épitaphes vaines ; Les vestiges du temps, pour qui rien n’est sacré ; Les annales du monde, et des races humaines.
Ont laissé quatre mots : Un homme a respire !