‹ Une famille militaire au XVIIIe siècle [microform]; documents inédits sur le Régiment royal-artillerie, la bataille d'Hastenbeck, les campagnes des Indes, l'École d'artillerie d'Auxonne et le siège de ToulonChapitre 108 sur 284 · De Geneviève-Antoinette Le Verrier, il laissa Théodore · texte numérisé non relu

De Geneviève-Antoinette Le Verrier, il laissa Théodore

HelTlZTiZ'' ''""'^-""J'"- N-arre 1783, et Julet Henri, 17,3 f 1852, ancien cadet au corps royal d'artillerie vice-president de U Chambre des députés et commandeur de la Légion d honneur 1829.

LA VILLE DAUXONNE

de La Fère le 3 juin 1779, avait été promu en premier dans la compagnie d'ouvriers de La Cor, en garnison à Nantes, le 19 avril 1782; il comptait alors à la compagnie du Buisson, à Strasbourg K

Malheureusement la seconde administration de M. de La Ramisse ne fut pas de longue durée : le 26 décembre 1785, M. Pierre Petit, avocat en la cour, nommé maire d'Auxonne par les élus de Bourgogne le 17, était installé en cette qualité. M. du Teil n'eut d'ailleurs de difficultés avec ce nouveau magistrat qu'au sujet de l'admission des soldats de la garnison dans l'hôpital de la ville et il en sut sortir à son avantage, sans s'aliéner l'esprit des officiers municipaux.

Le 14 juillet 1788, Louis XVI, dans un but économique, décida « qu'à l'avenir on n'admettrait dans les hôpitaux que les soldats atteints de maladies graves et que les autres seraient traités dans leurs quartiers '. » Cette mesure porta un rude coup à l'hôpital d'Auxonne, car, sans que ses dépenses générales changeassent, ses recettes étaient diminuées des cinq sixièmes ; aussi ses directeurs, pour sauvegarder le droit des pauvres, déclarèrent-ils à *rautorité militaire que ses malades ne seraient plus admis.

1. En 1787 il passera à Metz et viendra à Auxonne Tannée suivante avec la compagnie de Puyveran ; la commission de capitaine lui sera donnée le 21 janvier 1787.

2. De plus la subvention à allouer aux hôpitaux par les autorités militaires, par soldat et par jour, était abaissée de 17 à 14 sols.

LA VILLE DAUXONNE

Quand il apprit la résolution des membres du bureau de l'hôpital, le baron du Teil pria la direction de recevoir les soldats gravement malades : elle fît la sourde oreille ; mais le commandant de l'école d'artillerie ne se tint pas pour battu et députa au maire, M. Petit, un capitaine commandant, M. de La Goshyère, pour l'inviter à réunir les administrateurs et à lui rendre réponse : la commission s'assembla en effet le 23 septembre et l'on y lut un mémoire de M. l'abbé Robert * tendant à l'exclusion des malades de la garnison qui avaient fini par occuper la presque totalité des salles de l'hôpital, au détriment des habitants de la ville en traitement : cette décision fut adoptée et le baron du Teil en fut informé 2.

Mais le ministre de la guerre, que le commandant tenait au courant, ordonna à l'intendant de Bourgogne de revenir à la charge et la commission se réunit de nouveau. Vainement M. du Teil annonça-t-il que le ministre renonçait aux salles inférieures et promit-il de porter la journée à dix-sept sols, les malades du régiment de La Fère furent écartés pour la seconde fois. Le ministre cette fois porta plainte au roi et le

i. L'abbé Robert, né à Auxonne en 1741, décédé le 6 mars

2. Les lettres de confirmation octroyées par Louis XIV, en janvier 1702, et relatives à Thôpital d'Auxonne donnaient cependant raison à l'autorité militaire : l'hôpital avait été fondé « tant pour le soulagement des pauvres malades de ladite ville et des soldats qui y sont en garnison ou qui y passent... » De plus Louis XVI avait payé, en 1784, les frais nécessités par l'aménagement dans les greniers des salles supérieures : les prétentions de l'autorité militaire étaient donc parfaitement fondées. Bizouard, p. 79 et 151.

baron du Teil finit par passer un contrat, avec M. Petit et ses collègues *, à la condition que les salles du bas demeureraient fermées à toute réquisition des chirurgiens militaires 2.

Ainsi qu'on le verra, les fonctions de commandant pour le roi à Auxonne devinrent plus délicates encore lors des premiers troubles qui précédèrent, dans cette ville, la révolution.

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