‹ Une famille militaire au XVIIIe siècle [microform]; documents inédits sur le Régiment royal-artillerie, la bataille d'Hastenbeck, les campagnes des Indes, l'École d'artillerie d'Auxonne et le siège de ToulonChapitre 129 sur 284 · A AUXONNE · texte numérisé non relu

A AUXONNE

Mais des événements graves se passaient en France et la Bourgogne était particulièrement troublée; une émeute venait d'éclater à Seurre, à propos d'un important achat de blé fait à Gray par deux négociants lyonnais, MM. Gayet et Morlot, qui, accusés d'accaparement, furent massacrés par la population ; le marquis de Gouvernet, commandant pour le roi en Bourgogne, ordonna qu'on fît passer dans cette ville un détachement de cent hommes du régiment de La Fère * ; c'était au tour de la compagnie de La Goshyère, alors commandée par Coquebert, de marcher; en l'absence du capitaine, les lieutenants Hennet du Vigneux et

1. Le 23 mars 1789 la commission d'examen du régiment de La Fère, composée de MM. d'Aux, Quiefdeville, Montperreux, Lagrange et Ménoir, demanda au roi d'accorder la première place de lieutenant en second vacante dans le corps au chevalier Marie-Césaire du Teil, né en 1772, qui fut promu le 26 septembre suivant. Il avait été refusé en 1786 « pour trois mois d'âge qui lui manquaient » ; depuis, il n'y avait pas eu d'examen.

MOUVEMENTS RÉVOLUTIONNAIRES

Bonaparte se mirent à la tête de leurs soldats et partirent le 2 avril ; leur séjour dans Seurre fut de vingtcinq jours*. Dès que les troubles furent apaisés, Pierre Millot, maire perpétuel de la ville, donna sa démission le 15 août.

Le 14 juillet et la prise de la Bastille trouvèrent un écho en province; à Dijon « Le mercredi 15 juillet, sur les deux heures après midy, le tocsin ayant sonné sur Saint-Philibert, toute la bourgeoisie s'assembla et on peut mettre à cette époque le commencement des troubles de Dijon qui peuvent durer longtemps. Dès le soir on prit les armes; M. de Gouvernet fut insulté par la canaille et les bons bourgeois eurent bien de la peine à le sauver de la fureur de quelques mutins ; on le ramena chez luy et on luy donna une garde bourgeoise de trente hommes et il est comme prisonnier dans son hôtel. »

La petite ville d'Auxonne devait malheureusement suivre cet exemple : le dimanche 19 juillet, un factieux, Biautte, sonna le tocsin et se porta avec la populace aux bureaux des préposés aux octrois dont on brisa les barrières; le lendemain, un sieur Prudhomme prit la direction du mouvement et fit piller la maison du receveur des gabelles - ; le 21 , le désordre recommença et quelques familles furent rançonnées ; mais cette fois Fartillerie prêta main-forte aux compagnies des gardes civiques et sauva l'hôpital qui était menacé : grâce à cette intervention, le calme revint peu à peu et le 24

i. Masson, I, 246; Jung, I, 194; d'après Coston, I, 130, le détachement était commandé par de Ménoir. 2. De Coston, I, 135; lung, I, 203; Masson, I, 224.

juillet la sécurité publique n'était plus menacée : treize séditieux étaient dirigés sur Dijon avec quatre individus qui s'en étaient pris au château de Flammerans * : il ne s'agissait plus que de rétablir les octrois ; à la suite d'une assemblée des notables de la ville, réunie le 26 et qui s'était montrée favorable à cette mesure, le corps municipal s'entendit avec le baron du Teil au sujet des dispositions à prendre pour assurer la perception des droits ^.

Le 28 juillet, le commandant, à la tête la municipalité, accompagné de MM. le chevalier de La Lance, colonel du régiment de La Fère artillerie; de Sappel, lieutenant-colonel, et de Quintin, major, ayant à sa suite un détachement du corps tojîïI d'artillerie et un autre de la milice bourgeoise, se rendit à onze heures du matin devant le bureau des traites foraines, et là « Monsieur le Commandant a proclamé à haute et intelligible voix : De par le roi et les représentants de la nation, il vous est ordonné (parlant aux receveurs, commis et employés des fermes) de reprendre vos fonctions accoutumées et de percevoir les droits ordinaires comme ci-devant et ce, sous la protection du commandant de cette ville, des officiers municipaux et des habitants ». La même proclamation fut faite devant les domiciles du receveur, de l'adjudicataire et des commis des octrois et aux portes du Comté et de France ^.

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