‹ Une famille militaire au XVIIIe siècle [microform]; documents inédits sur le Régiment royal-artillerie, la bataille d'Hastenbeck, les campagnes des Indes, l'École d'artillerie d'Auxonne et le siège de ToulonChapitre 185 sur 284 · lung, t. II, p · texte numérisé non relu

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CAMPAGNE DU MONT-BLANC

miner la campagne entreprise dans le Mont-Blanc ^ Les troupes françaises reprirent bientôt l'offensive ; Kellermann « marcha le 4, à la pointe du jour, sur le Bourg-Saint-Maurice ; l'ennemi était en bataille sur le plateau du village de Saint-Germain; il y avait une batterie de deux pièces du calibre de huit, avec lesquelles il nous tira, disait le général en chef dans un mémoire écrit en 1795-, depuis sept heures du matin jusqu'à dix heures, que la colonne arriva avec l'artillerie qui fit bientôt taire le feu de l'ennemi. J'ordonnai à un bataillon de grenadiers et un de chasseurs de tourner l'ennemi par sa gauche. Le feu fut très-vif pendant trois heures. Enfin l'ennemi fut chassé du plateau de Saint-Germain sur les deux heures après-midi et gagna le Saint-Bernard. Cette

i. Signalons la pièce suivante, conservée à la Bibliothèque de Grenoble :

« A Aiguebelle, le 27 septembre 1793, Tan 2° de la République française une et indivisible.

« Le général divisionnaire commandant l'artillerie de l'armée des Alpes, au citoyen Bresges, adjudan général de ladite armée.

« Le commandant de l'artillerie de Grenoble m'a fait part de vos demandes ne pouvant les satisfaire, il faut vous adresser à Briançon ou à Moutiers pour des garcouses du calibre de deux, à Briançon pour les 4 canonniers et quant aux mulets le général Kellermann m'a dit de vous dire de vous les procurer dans le pays à quelque pris que ce soit, on fera cependant ce que Ton pourra pour vous en procurer. Le général me charge de vous dire encorre de ne pas vous laisser prévenir par les besoins et de les prévoir d'avance pour qu'on puisse les satisfaire. « Duteil, cadet. »

2. Mémoire publié par M. Duval dans « L'Invasion de la Savoie par l'armée Sarde en 1793 », Saint-Julien, 1892, 1 vol. in-8, pp. 19 à 39, spécialement 35 et 36,

CAMPAGNE DU MONT-BLANC

journée qui, au rapport d'un grand nombre de prisonniers et de déserteurs, coûta beaucoup à l'ennemi ne nous laissa à regretter que très peu de républicains. Le représentant du peuple Dumaz < , toujours à mes côtés, se trouva partout où il y avait du danger; enfin cette expédition, d une fatigue excessive, prouva de quelle valeur sont capables les soldats de la république. Je ne finirai point sans faire le plus grand éloge du général Saint-Remtj 2 et des généraux du Teil et Badelone^qui me secondèrent parfaitement ».

Kellermann, accompagné de Dumaz, passa alors dans la Maurienne où l'attaque avait été dirigée par le général Dornac * : « L'ennemi fuyait devant nous, sans connaître d'autre moyen d'arrêter nos braves soldats que de fermer le passage à l'artillerie, continue le général en chef, en rompant sept ponts ; nuls obstacles ne pouvaient arrêter notre infanterie, les chemins les plus affreux furent franchis. J'arrivai, le 8 octobre, avec Tavant-garde à Thermignon au pied du Mont-Genis. C'est ainsi que se termina cette fameuse expédition ^ ».

1. Jacques-Marie Dumaz, 1762 f 1839, député suppléant du Mont-Blanc à la Convention.

2. Charles- Alexandre-Louis Roussel Saint-Remy, général de division 15 mai 1793.

3. Nicolas Debas, dit Badelaune, né en 1756, général de brigade le 21 juin 1793.

4. Jean-Jacques La Roque d'Olcs d'Ornac, lieutenant général le 7 septembre 1792.

5. Mémoire de Kellermann ; Duval, p. 36. « Les généraux de division Dornac, Carcaradec (qui commandait le camp de Tournoux),et du Teil, le chef de l'état-major, le général Sain t-

Le résultat de cette courte mais glorieuse campagne ne se fit pas longtemps attendre : le 9 octobre Lyon se rendait, « n'ayant plus d'espoir d'être secouru ». Le général du Teil, cadet, revenu à Grenoble aussitôt après le combat du 4 octobre, recevait, le 10, l'ordre de se tenir prêt à marcher, avec toute l'artillerie de campagne qu'il pouvait recueillir, contre les troupes sorties de Commune-Affranchie * . Quant au vainqueur de Valmy, il apprenait à Ghambéry, le 18 octobre, sa destitution et était arrêté à Aix-les-Bains ; le 26 octobre ses papiers étaient transmis au Gomité de Salut public par le suppléant du procureur général de Grenoble. Il convient de noter ici l'hommage que Kellermann rendit personnellement à du Teil dans la lettre ^ suivante adressée au ministre :

« Le 18 septembre, l'an 2^ de la République.

« Le général d'armée des Alpes et d'Italie au citoyen

Bouchotte, ministre de la guerre.

« Les talens, le zèle et le civisme le plus soutenu du général de brigade du Teil, cadet, m'ont déterminé,

Remy, dit encore (p. 38) l'auteur du mémoire, me rendirent les plus grands services... ». — Louis-Joseph-Marie Royon de Carcaradec, maréchal de camp le 12 juillet 1792.

1. Lettre du général de Lajolais aux administrateurs du directoire de Tlsère. — Frédéric-Michel de Lajolais, général de brigade 21 juin 1793.

2. Kellermann ignorait alors que du Teil eût été nommé par le ministre général de division, aussi en marge de cette lettre lit-on ces mots : « Il est général de division ». — Archives administratives de la gtierre.

l'armée des ALPES

citoyen, à demander aux représentans du peuple de l'armée d'Italie qu'il soit élevé au grade de général de division, ce qu'ils lui ont accordé par un brevet provisoire; j'espère que vous confirmerés d'autant plus volontiers cette nomination que c'est une justice rendue à un des plus anciens officiers généraux des armées de la République.

(( Kellermann. »

Le baron du Teil, après avoir décliné le commandement en chef de l'artillerie de l'armée du Rhin, par une lettre du 5 juillet 1792 *, avait été mis en disponibilité, puis envoyé à Metz-, sous les ordres de Beurnonville qui commandait l'armée de la Moselle, formée par les 3® et 4® divisions militaires. Postérieurement, on le trouve classé comme inspecteur général ^ de l'artillerie du 6® département (Grenoble), puis, au moment de la constitution de l'armée de réserve que devait commander le général Berruyer ^, il est porté sur la liste des lieutenants généraux d'artillerie^ qui allaient y être employés, avec MM. de Rostaing, de Beauvoir et des Aimons; mais cette armée n'eut qu'une durée éphémère; créée le l®*" avril 1793, elle fut supprimée le 30.

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