Aulard, IX
postes de la gauche et de cette batterie dont il encloua les pièces, fut vigoureusement repoussé par Dugommier et le général Garnier, qui allèrent, sous le canon de Malbousquet, enlever les tentes d'un camp évacué à leur approche * ; mais ce qu'on ignore généralement, c'est que le feu de la batterie de la Petite- Rade empêcha, pendant l'action, des pontons soutenus par des bombardes de débarquer des troupes à la Poudrière et que le canon de celle de la Montagne écarta des chaloupes qui portaient du renfort de l'Aiguillette à Malbousquet-. Rendant compte de cette journée au ministre, le général en chef disait en terminant : « Parmi ceux qui se sont le plus distingués et qui m'ont le plus aidé à rallier et à poursuivre en avant, ce sont les citoyens Buonaparte, commandant d'artillerie ^ ; Aréna ^ et Gervoni ^, adjudants-généraux ».
L'achèvement de la batterie de la Poudrière, contre laquelle l'ennemi fit un feu très-vif pendant la nuit du 9 au 10 frimaire, en fut retardé d'un jour; l'importance de cette redoute fut telle qu'on dut bientôt,
1. Voir notamment la lettre de Dugommier au ministre, en date du 10 frimaire, 30 novembre (Archives historiques), reproduite par de Coston, II, 235-237.