Ou qui lui était à charge; Commentaires, I
dès l'arrivée de Dugommier le 17 novembre : ce passage des Œuvres de Napoléon contient, on le voit, bien des inexactitudes; il ne le dicta, il est vrai, que le 9 septembre 1815, vingt-deux ans après le siège de Toulon^, à une époque où, dans ses souvenirs, l'éclat de l'épopée impériale devait rejaillir jusque sur ses débuts. Ces phrases, prononcées sans doute au cours d'une improvisation rapide, n'étaient peut-être pas destinées à être recueillies, encore moins publiées. N'oublions pas de signaler avec quelle noble modeslie, bien rare à son âge et à un moment où les phrases sonores étaient à l'ordre du jour, Bonaparte disait, dans une pièce officielle, le 27 thermidor an II : « J'ai servi sous Toulon avec quelque distinction ^ » !
Quant au rôle de l'artillerie dans le succès, Dugommier l'expliquera en deux mots : « Enfin le 26 du même mois (frimaire), nous crûmes être en état d'attaquer; l'ordre fut donné et le feu de toutes nos batteries^, dirigé par le plus grand talent, annonça à l'ennemi sa destinée ». Le général en chef avait suivi avec la plus grande attention les opérations de l'artillerie ; dès le 14 frimaire, il avait écrit au ministre : « L'ennemi travaille à l'entour de ses postes et nous nous perfectionnons les nôtres. Les batteries nécessaires à l'exécution du dernier plan d'attaque que je t'ai envoyé par un courrier extraordinaire sont presque entièrement achevées » ; il lui disait encore le 20 fri-
i. Mémoires de Sainte-Hélène, p. 94.