‹ Une famille militaire au XVIIIe siècle [microform]; documents inédits sur le Régiment royal-artillerie, la bataille d'Hastenbeck, les campagnes des Indes, l'École d'artillerie d'Auxonne et le siège de ToulonChapitre 239 sur 284 · Archives administratives · texte numérisé non relu

Archives administratives

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LA TERREUR

à sa charge d'après un ordre qui nous a été donné par le représentant Petit Jean...

« Gardon, président; Giroud, secrétaire ».

Du Teil semble avoir comparu devant la commission militaire de Lyon ^ le 29 nivôse, 18 janvier 1794 -; on reconnut immédiatement que Ton avait fait fausse route en l'accusant d'avoir commandé l'artillerie à la défense de Lyon et l'on signala aussitôt son fils aîné à la commission révolutionnaire :

« On avoit pensé jusqu'à présent que le général étoit celui qui avoit demeuré dans ci-devant Lion pendant son infâme rébellion, mais la suite des interrogatoires et l'inspection des pièces que vous trouverez cy -jointes avec l'inventaire prouvent au contraire que c'est du Teil fils. No\is avons cru devoir prévenir la commission temporaire pour qu'elle prît les mesures qu'elle croiroit convenables pour s'assurer du coupable ; son père vient de nous dire que depuis deux mois qu'il Tavoit expédié pour l'escorte du convoi sous Toulon , il n'en avoit reçu aucune nouvelle ; cependant par une des pièces vous verrez que le 12 frimaire il étoit à Gap ^ ».

1 . Du Teil ne fut pas incarcéré ; dans cette ville où il s'était rendu dans sa voiture il descendit « à l'hôtel du ci-devant Palais-Royal, proche de la place de la Charité ».

2. Archives départementales du Rhône ; L R, 52 ; Commission militaire, registre n^ 3, 2 janvier-25 mars 1794.

3. La Commission eut donc sous les yeux la pièce que nous avons reproduite p. 350 ; les motifs donnés pour la condamnation du général du Teil en sont dautant plus odieux, p. 432.

Peut-être s'était-on aperçu après coup à Grenoble de la méprise commise, aussi avait-on impliqué l'inspecteur général dans une autre affaire, celle de l'entrepreneur des transports militaires. On sait que le général Carteaux était arrivé, dans les premiers jours de frimaire à Grenoble : c'est là que Lagrée, directeur de l'arsenal, lui apporta une lettre * de Prié ^, chargé par lui de l'organisation du convoi ordonné le 13 brumaire : ce fonctionnaire demandait à être déchargé de sa responsabilité, n'ayant pu trouver de mulets pour transporter sous Toulon le matériel tiré de Grenoble.

Carteaux fît arrêter Prié le 17 frimaire, 7 décembre, et donna l'ordre d'écrouer ses deux aides Auréas^ et Mathieu ^ ; simultanément il ouvrit une enquête contre Lagrée dont il s'était assuré dès le 15 frimaire ^ « pour avoir entravé une grande opération par ses lenteurs » : vainement les ouvriers de l'arsenal protestèrent-ils « avec acharnement » contre l'arrestation de leur chef ^. Tous quatre furent traduits devant la commission militaire de Commune-affranchie, qui joignit de suite cette affaire à celle de du Teil. Mais,

1. Interrogatoire de Carteaux, le 5 nivôse, 25 décembre; ce général entra à la Conciergerie le 13, 2 janvier 1794.

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