Bibliothèque de Grenoble, manuscrits, N
2. En cette qualité il demanda comme aides-de-camp Césaire-Marie du Teil, ancien lieutenant d'artillerie, et Louis- Charles Boizot, ancien officier au 27« régiment d'infanterie.
Le général du Teil se mit aussitôt à l'œuvre et, dès le 2i fructidor, 10 septembre, il prononçait, lors de la formation de ces bataillons, les paroles suivantes * :
« Citoyens soldats,
« C'est au moment de votre réunion en bataillons que vous avez acquis le titre honorable de défenseurs de la patrie : c'est maintenant que vous êtes redoutables à vos ennemis, hàtez-vous d'acquérir de l'instruction, obéissez à vos chefs; ne perdez jamais de vue vos généraux et souvenez vous que c'est aux champs de l'honneur et de la victoire qu'ils vous conduiront. C'est de votre courage et de votre intrépidité que nous obtiendrons une paix glorieuse et si longtemps désirée : et c'est elle enfin qui vous ramènera au sein de vos familles.
« Et vous, bravos chefs de bataillons, officiers, sous-otliciers, accueillez fraternellement ces jeunes soldats, familiarisez-les sans rigueur aux lois de la discipline ; répétez-leur sans cesse qu'elle a été dans tous les tems l'âme des armées et le seul moyen de vaincre ».
Le 2 vendémiaire, second jour de l'an VIII (24 septembre 1799), « les autorités constituées ont assisté à la réception du drapeau qui a été donné pai- le département, avec un appareil auguste, au bataillon de conscrits, caserne au quartier de Coislin... » Le
1. Journal des départements de la Moselle et de la Meurthe, an Vil, n« 79.
^v •»^-o:iiii^>,*. «*'-ii L2*'
général Châteauneuf-Randon * fit prêter serment à ces jeunes soldats, « le président du département et le général du Teil ont prononcé des discours éloquents et analogues à la circonstance - ». Voici celui de l'inspecteur général ^ :
(( Bataillons de la Moselle, vous venez de recevoir des mains de la patrie, dont les administrateurs sont les interprètes, ce drapeau, gage assuré de la victoire. C'est aux soins et à l'activité des généraux commandant cette division que vous devez votre prompte organisation : elle fera la terreur de l'ennemi, comme l'espoir de vos concitoyens. Grenadiers, chasseurs, soldats, le champ de la gloire et de l'honneur vous est ouvert. Vous aurez une grande tâche k remplir; mais est-il des difficultés que ne puissent vaincre des Français? Si l'Europe, étonnée de nos succès, l'est aussi de nos revers momentanés, le pas de charge et la baïonnette ramèneront la victoire. Quel motif plus puissant pourrait vous animer? Vous combattrez pour votre liberté, la conservation de vos propriétés, l'existence et le bonheur de vos familles. Enfans de la Moselle et de la Sarre, habitans de cette antique cité, qui fut de tous les tems le boule vart de la France, vous ne dégénérerez point de la vertu de vos ancêtres. Souvenez vous que la renommée de votre valeur, la iierté de votre attitude, arrêtèrent le successeur du grand Frédéric : lorsqu'il menaça d'inonder de ses
1. Alexandre-Paul Guérin, marquis de Châteauneuf-Randon- Joyeuse, général de division 1795.