LIBERTÉ KG ALITÉ 5^' DIVISION MILITAIRE
PLACE DE METZ Mctz, Ic 25 nivôsG an XI de la République
française une et indivisible.
(( Le général de division^ commandant d'armes de la place, au général Marescot , premier inspecteur général du génie.
« Citoyen général,
« D'après l'arrêté des consuls sur la réunion des écoles d'artillerie et du génie, il va y avoir dans cette place un nombre assez considérable de jeunes ofliciers, et quoique leur instruction soit spécialement confiée au chef de brigade commandant l'Ecole, il entre dans nos devoirs de veiller à ce que ces jeunes élèves soient, comme tous les olliciers de la garnison, soumis aux règles de la police et discipline militaire. Jusqu'ici je n'ai que des éloges à donner à la conduite de ceux de l'ancienne école, ainsi qu'au petit nombre déjà arrivé à la nouvelle ; j'espère que ceux qui y viendront successivement suivront le bon exemple des autres et je suis sur cet objet dans la plus parfaite sécurité ; mais il est un point que je crois devoir soumettre à vos lumières, celui de la
tenue.
« Les ofiiciers de l'école portent leurs cheveux coupés à la mode dite à la Titus, et j'ai imposé à ceux des troupes de la garnison de se conformer ponctuellement aux dispositions de l'article 2, titre 5,
LA PLACE DE METZ
Règlement du 2i juin 1792, qui leur prescrit de porter leurs cheveux liés en queue et frisés en une seule boucle*..., etc. Ce règlement, qu'aucun acte du Gouvernement n'abroge, a pour but de régulariser la tenue des corps, où tout doit être uniforme : il est vrai qu'il ne dit rien concernant les officiers sans troupe, mais ces jeunes élèves ne doivent-ils pas, pendant le cours de leur instruction, être attachés aux compagnies employées près l'Ecole, y faire pendant un mois le service de chaque grade, en porter la marque distinctive et, par une conséquence naturelle,
la tenue.
(( Je dois d'ailleurs vous instruire que ce corps d'ofliciers est, en quelque sorte, jalousé par ceux des autres armes, soit à cause de la bonne société que les uns fréquentent et que les autres semblent fuir, soit à cause de l'instruction plus soignée des premiers, ou, enfin, cette dilTérence de tenue; ils semblent faire un corps particulier qui n'a aucun rapport avec les autres
armes.
« C'est dans les vues d'écarter tout prétexte de mésintelligence que j'ai cru devoir, citoyen général, vous soumettre mes observations et me concerter avec vous, avant d'en écrire au ministre, vous priant de
1. a Les cheveux des officiers seront attachés près de la tête et liés en queue couverte d'un rul)an de soie noire qui sera simplement arrêté par une épinji^le et sans rosette : les cheveux des faces no formeront qu'une seule boucle qui descendra à hauteur du milieu de rorcille ; la queue ne pourra excéder la longueur de huit pouces et le bout des cheveux ne pourra dépasser le ruban de plus d'un pouce... » ; (Note de M. le gênérai Vanson.)
faire décider si les oiïîciers de l'Ecole seront ou non assujettis pour ce qui concerne la tenue au règlement précité ; quelle que soit la décision qui interviendra, je ne doute pas qu'elle n'ait l'etret que je dois en attendre, c'est-à-dire une pleine et entière exécution. « J'ai l'honneur de vous saluer.
<( Du Teil ».
Pas plus que du Teil, Marescot ne prit sur lui de trancher cette question ; il en référa au ministre qui rendit la décision suivante : « Les officiers doivent suivre les ordres de leurs chefs. Les coiffures sont admissibles avec ou sans poudre ».
Membre de la Légion d'honneur le H décembre 1803, le général fut nommé commandant de cet ordre le 14 juin 180i.
Deux ans plus tard, en septembre 1800, une circonstance solennelle devait remettre Napoléon et du Teil en présence : l'empereur ne manqua pas de traiter encore avec une grande bienveillance le vétéran de l'armée de Toulon : « Depuis quelque temps, dit le Journal de la Moselle ^ le bruit s'était répandu que bientôt nous aurions le bonheur de posséder dans nos murs S. M. l'Empereur et Roi. Tous les citoyens se faisaient une fête de voir le héros de la France
« C'est le 26 de ce mois, à midi que S. M. L et 11. a fait son entrée dans nos murs par la porte de France. M. le préfet avait été attendre S. M. sur la limite de