‹ Une famille militaire au XVIIIe siècle [microform]; documents inédits sur le Régiment royal-artillerie, la bataille d'Hastenbeck, les campagnes des Indes, l'École d'artillerie d'Auxonne et le siège de ToulonChapitre 256 sur 284 · Nicolas-Damase, baron Marchand, maire le 1*'' novembre · texte numérisé non relu

Nicolas-Damase, baron Marchand, maire le 1*'' novembre

5. Il s'agit de Y Artillerie nouvelle, si vivement critiquée par Saint-Auban, traduite par J. H. Malherbe, Dresde, 1783, 1 vol. in-8. Nous ignorions ce détail lorsqu'ont été imprimées les pages relatives aux travaux du chevalier du Teil sur les réformes de Gribeauval.

mandant de la garde nationale, les deux pièces de canon * enlevées par lui à Nancy, lors de l'insurrection, et placées dans l'escalier de l'hôtel de ville de Metz, les auraient rappelés. L'empereur lui témoignait une estime particulière; aussi du Teil pouvait-il écrire, le 30 septembre 1811, au duc de Feltre -, ministre de la guerre :

« Depuis dix ans que je commande dans la place de Metz, il ne s'y est rien passé qui ait pu donner la moindre inquiétude et cette ville jouit de la plus parfaite tranquillité. Le service, la discipline, l'instruction et la tenue font le plus grand honneur au zèle et

aux talents des chefs Je sers depuis 55 ans...,

l'état de mes services est dans les Bureaux de votre Excellence et ils me font honneur... Sa Majesté qui a passé deux fois^ par Metz m'a toujours honoré de sa bienveillance. Veuillez, Monsieur le Duc, y joindre la votre, pour moi et les chefs de la garnison que j'ai l'honneur de commander, et soyez bien persuadé de notre zèle à la mériter... »

C'est qu'il avait été question de proposer cet ancien général pour la retraite dès le 20 janvier 1811 ; mais

1. Les deux autres sont conservées à Zurich où les avait déposées le baron Pallavicini, colonel du régiment suisse de Vigier.

2. Ilenri-Jacques-Guillaume Clarke, duc de Feltre, né en 1765, maréchal de France 1816.

3. On a vu les détails du premier passage; le second fut moins sensationnel, d'après le Moniteur : « S. M. l'empereur et roi est arrivée hier, 24 septembre 1808, à six heures du soir... Elle est descendue à l'hôtel de la Préfecture ; elle a ensuite accordé audience aux autorités civiles et militaires ».

LA PLACE DE METZ

la dignité dont était empreinte sa protestation, et la volonté formelle de Tempereur, exprimée le 29 octobre suivant, lui permirent de continuer ses fonctions. Napoléon ne se décida à l'admettre à la retraite que le 23 décembre 1813.

La raison de cette mesure était dans ses hésitations au sujet de l'exécution de déserteurs du 2^ régiment étranger pour laquelle sa signature, comme commandant d'armes, était nécessaire ; son grand âge, il était à cette époque dans sa soixante-seizième année, explique cette faiblesse qui même ne peut que lui faire honneur ; on lui demandait de faire un exemple en faisant passer par les armes un déserteur ; il eût voulu attendre pour ne frapper qu'un criminel : « Les motifs vrais ou supposés étant à peu près les mêmes, disait-il, comment me serait-il possible d'en faire exécuter un sans les faire fusiller tous? Je vous déclare donc qu'à moins que je ne rencontre dans un déserteur le coupable d'un autre crime, mon visa ne fera pas couler le sang humain, tant que la faculté de surseoir me sera accordée ».

Mais les inquiétudes de cette année 1814 qui allait commencer firent traîner les choses en longueur : les états des services du général du Teil pourront ainsi mentionner une onzième campagne, celle de Metz, en 1814. Malgré des placards affichés le 27 février et annonçant une grande victoire de Tempereur, Tordre était arrivé le lendemain à Metz de faire la levée en masse et de sonner le tocsin ; le 29, quelques ennemis, sous la conduite d'un habitant de la ville signalé comme suspect, passèrent la Moselle entre le poly-

gone et la butte et attaquèrent le poste des Suisses qui les repoussèrent et leur firent repasser la Moselle. Retraité par décret du 22 mars, du Teil en fut avisé le 21 avril et resta en fonctions jusqu'au 1*^' mai.

Le 15 mars 1819, le duc de Tarente ^ grand chancelier de l'ordre de la Légion d'honneur, envoya « au chevalier Jean du Teil, lieutenant général des armées du roi », un brevet daté du 30 janvier, le confirmant dans le grade de commandeur, avec rang du 14 juin 1804 : il fut même question de lui donner le cordon rouge, mais cette faveur ne put lui être accordée, les règlements s'opposant à son obtention par les officiers généraux en retraite. Il mourut à Ancy-sur-Moselle, le 25 avril 1820 - : M'"^ du Teil lui survécut dix ans et ne décéda que le 20 septembre 1830.

\. Elienne-Jacques-Joscph- Alexandre Macdonald, duc de Tarente, né en 1705, maréchal de France.

2. Le carnet de la Sabretache de juillet 1896 vient de nous mettre sur la trace des mémoires manuscrits du chevalier du Teil conservés dans les Archives du Comité technique de Tartillerie; il en sera donné des analyses aux pièces justificatives.

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