POLYGONE D AUXONNE
A Paris le 25 nov^cmbre 1787.
Monseigneur,
J'ai l'honneur de vous addresser les observations que m'a demandées Monsieur le maréchal de Ségur par sa lettre du 12 janvier que le premier inspecteur du corps royal m'a addressée de sa part. Elles ont pour objet les représentations qui luy ont été laites et aux différents ministres de la guerre depuis 1776, par M. le Baron du Teil maréchal de camp, commandant l'école d'artillerie d'Auxonne, sur l'insufisance du lerrcin destiné à l'école de pratique pour l'instruction des olïïciers, bas-olFiciers et soldats dudit corps royal. En effet ce terrein qui ne consiste qu'en une baterie de siège et une butte pour le tir des bouches à feu n'a pas à beaucoup près l'étendue que prescrit l'ordonnance du 3 novembre 1770. 11 n'y a nul espace pour manceuvrer le canon de bataille et lorsqu'on veut instruire la troupe aux dilïérents mouvements dont est susceptible l'artillerie de campagne, il faut, après la moisson faite des foins, sortir les pièces du petit poligonne où elles sont parquées et les conduire sur une prairie apartenante à différents particuliers qui réclament continuelement contre cet
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acte d'authorité et ne cessent de demander des dédoniagements. Il n'y a en outre aucun moyen de construire ny sappes, ny bateries d'instruction, ce qui nécessairement borne l'instruction totale au seul tyr du canon sur un but et au jet des bombes sur un point donné.
D'après Tordre de M. le Maréchal de Ségur je me suis fait donner par M. du Teil un mémoire et un plan contenant toutes ses demandes. Je me suis transporté sur le terrein ce mémoire à la main, je l'ai fait jaloner, j'ai parcouru tout l'espace compris entre les... limites du terrein désigné par M. du Teil et j'ay reconnu la justice de sa demande et l'indispensable nécessité de lui accorder un suplément. . . .
Je suis avec respect Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.
De La Mortière * .
Le premier mémoire du commandant de l'Ecole était du 15 octobre 1783 : u L'on permettra de réitérer la demande d'augmentation de terrain que je fis l'année dernière. . . y dit le Baron du Teil ; la seule école d'Auxonne est bornée à un si petit espace qu'il est impossible d'y opérer aucune instruction importante et prescritte. . . » Ce mémoire fut l'objet d'une lettre du ministre en date du 16 décembre suivant. Le chevalier de Saint-Mars, inspecteur général y joignit ses observations le 20 octobre 1784 : un second mémoire de du Teil rédigé le 26 août de cette dernière
1. Archives de l'artillerie, i. L. 9. — Le terrain du polygone était primitivement loue 229 livres; deux augmentations du 1" avril 1775 et du 17 décembre 1778 portèrent ce loyer â 661 livres; l'école était encore locataire d'une chambre pour l'instruction des artificiers et du bastion du Cygne pour les manœuvres de l'artillerie, au prix total de 96 livres. Un procès-verbal du 31 mai 1782 fixa le loyer des terrains à 1.060 livres.
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année vint compléter ce dossier qui fut soumis à Gribeauval : le premier inspecteur du corps approuva le tout le 4 mars 1785. Mais les choses traînèrent en longueur si bien que le commandant d'école dut revenir à la charge le l^"^ septembre 1787 :
« Le nouveau régiment entré à cette école force de réitérer les demandes pour avoir l'étendue de terrain qui a été reconnu indispensable... On trouvera le moyen d'élever un double front de fortification dans la grandeur ordinaire. Cette fortification projettée... est disposée de manière que l'on aura un front à fossé plein d'eau et un autre fossé sec; que les pièces qui seront attaquées pourront être véritablement battues à ricochet, les ayant disposées pour que la direction du tir des pièces d'attaque ayent leurs égouts des boulets dans la direction de ceux de la butte. On battera réellement en brèche, les sappes, les batteries de chemin couvert, les descentes de fossé, les mines, les tranchées, les parallèles, toutes les batteries d'attaque pourront être placées dans les principes convenables ; enfin toutes les opérations quelconques en usage devant une place qu'on assiège, de même que toutes celles que peut et doit faire un assiégé, pourront être exécutées dans la parfaite réalité sans avoir recours à l'illusion qui rend ces différentes espèces d'instructions sans fruit. Le tracé de ce front sera une des plus importantes instructions que l'on puisse donner au corps. . . »
Mais le 18 janvier 1788, le ministre répondit à La Mortière qui avait écrit à l'appui de ce dernier mémoire la lettre qu'on a lue en tête : «... Sa Majesté a bien reconnu qu'il seroit à propos d'augmenter le polygone . . . mais je vous préviens qu'Elle a remis à une autre tems à statuer deffinitivement à cet égard et je vous prie de le mander à ce commandant d'école ».
J. DU TbIl. — Une famille mililaiie.