‹ Une famille militaire au XVIIIe siècle [microform]; documents inédits sur le Régiment royal-artillerie, la bataille d'Hastenbeck, les campagnes des Indes, l'École d'artillerie d'Auxonne et le siège de ToulonChapitre 38 sur 284 · Pajol, I, pp. 546 à · texte numérisé non relu

Pajol, I, pp. 546 à

4. Le comte de Boi-stel (Gabriel), maréchal de camp 1744, commandant l'artillerie.

J. DU Teil. — Une famille militaire. 6

•*?3;bs^

UKE FAMILLE MILITAIRE

maîtres de tout le Mantouan à Texception de sa capitale ; le 5 juillet notre parc d'artillerie était formé à Gastel- Gofîredo et, après la cessation des hostilités en Italie, le 15 novembre 1735, Royal-Artillerie était retourné à Pavie : le Milanais ne fut évacué qu'en août 173G *. Jean-Pierre du Teil avait été promu sous-lieutenant le 24 août 1735 ; lorsque son corps rentra en France il dut aller à Pommier embrasser sa mère. Quelques mois plus tard, lorsqu'il rejoignit son bataillon qui avait été envoyé à La Fère, François du Teil était accompagné de ses deux fils aînés, car François- Alexis, le second, né en 1728, compta comme surnuméraire dès 1737.

Ce fut donc à l'Ecole de La Fère, alors commandée par le chevalier d'Aboville^^ que Jean-Pierre et Alexis du Teil firent leurs études ; évidemment Jean- Pierre les avait commencées antérieurement ; avant la guerre d'Italie, il avait dû séjourner pendant deux ans à l'école de Grenoble et pendant ses précoces campagnes il avait reçu, en dehors des leçons pratiques de chaque jour, quelques leçons théoriques : chaque bataillon de Royal-Artillerie avait toujours à sa suite, pour instruire les officiers subalternes, un

1. Pajol, I, p. 617 et suivantes. — On peut consulter aussi sur ces campagnes : Histoire de la guerre présente et des négociations pour la paix avec la vie du prince Eugène de Savoie, Massuet ; L'Honoré, Amsterdam, 1737, 5 vol. in-12, ouvrage très-peu exact.

2. La manière brillante dont il présenta au roi les officiers de son école au camp de Compiègne lui valut une pension de six cents livres ; il avait servi au siège de Fontarabie et connaissait les du Teil de longue date.

BATAILLON DE LA BORIE 83

maître de mathématiques qui devait être mis sur l'état de campagne afin que, dans les camps de repos, on pût continuer les exercices relatifs à l'étude de la géométrie et des fortifications. En 1739, ces deux jeunes gens trouvèrent une occasion de se signaler au camp de Compiègne où La Borie figura avec honneur K

Le bataillon arriva dans cette ville le 29 avril et cantonna dans les faubourgs qu'il quitta le 8 juin pour occuper un camp - situé dans la plaine , entre Compiègne et Choisy, sur la gauche de l'Oise et faisant face au polygone. « L'exactitude et l'industrie d'un corps aussi bien discipliné faisait l'admiration de tous ceux qui étaient témoins de sa manière de camper. Le bataillon était, suivant sa coutume, sur la droite du parc : les mineurs et les ouvriers occupaient la gauche. Le quartier général de M. le comte d'Eu était à la droite du bataillon : il était composé de dix à douze tentes, des cuisines, des écuries, etc. — Les faisceaux d'armes étaient à la tête du camp, au nombre de quinze ; les tentes des canonniers se voyaient ensuite : les rues étaient autant de berceaux couverts de verdure, à raison de huit pieds de haut, sur vingt pieds de large : le parc d'artillerie était au centre ; il contenait quarante pièces de canon de différents calibres, vingt mortiers, vingt-et-un pontons de

1. Depuis 1737 le bataillon avait pour major Raymond de Chabrié, brigadier d'infanterie 1758, tué à Bergen 1759.

2. Journal du camp de Compiègne, de 1739, par le sieur Le Rouge, ingénieur-géographe du roi; Paris, Duchesne, 1761^ 1 vol. in-8, pp. 2 et 3, 6.

BATAILLON DE LA BORIE

cuivre, quatre mille grenades, trois cents bombes et toutes les autres provisions nécessaires pour un préparatif de siège. Les mineurs et les ouvriers occupaient la gauche avec autant d'ordre que les canonniers : leur garde était à cinquante pas de là un peu sur la gauche. La garde du parc était au centre, près de soixante-dix pas au delà, vers le polygone. La garde du camp était entre la chapelle et le dépôt des saucissons, gabions, piquets, etc. On avait placé à quatre-vingts toises du camp le magasin à poudre : il contenait cent vingt milliers de poudre... Tous les jours on détachait 160 hommes pour travailler au front de fortification qui était d'une construction admirable. »

Ce camp fut honoré de la présence du Roi, du Dauphin, pour l'instruction duquel il avait été ordonné, de M. d'Angervilliers*, ministre de la guerre ; la reine elle-même s'y rendit et y passa en revue, le 23 juin, le bataillon de La Borie : « Sa Majesté eut la bonté d'en faire publiquement l'éloge ; il fît l'exercice entier devant elle et ses évolutions furent suivies du bataillon quarré : cette princesse parut très satisfaite de la manœuvre. » A plusieurs reprises l'artillerie fut servie, comme en Italie en 1733, par les officiers du bataillon qui ne quitta le camp que le 28 juillet pour rentrer à La Fère '-. Alexis du Teil passa cadet le 9 août suivant. C'est sans doute à ce moment que François du Teil reçut

1. Nicolas-Prosper Bauyn d'Angervilliers, ministre du 22 mai 1728 à sa mort, le 15 février 1740.

Page 1