LES P.U TEIL AU XVII® SIÈCLE
nel réformé à la suite du régiment de Champagne, tous les trois chevaliers de Saint-Louis, enfin Joseph- Paul de Boniface *, garde marine à Toulon, mort le dernier de sa branche, à Carthagène, en 1794. Quant aux Gassaud dont la mère de sa femme portait le nom, ils fournirent à l'armée plusieurs officiers distingués et notamment trois capitaines d'artillerie, chevaliers de Saint-Louis, qui servirent dans le Corps Royal en même temps que leurs cousins du Teil.
D'ailleurs le nom du jeune avocat en Parlement était loin d'être inconnu à Forcalquier : noble Jean de Tillia (du Teil), son bisaïeul, y avait été viguier 2 en 1512 et, plus récemment, Mathurin du Teil, son grandoncle, y avait exercé intérimairement la chargé de lieutenant principal. Les désirs de son aïeul maternel reposaient donc sur de sérieuses raisons et ne tardèrent pas à se réaliser. En effet le 31 décembre 1614, Jean-Pierre du Teil reçut de Louis XII, roi de France et comte de Provence, des lettres patentes par lesquelles ce prince, instruit « de ses sens, suffisance, loyaulté, prudhomie, expériance et bonne diligeance »,
1. Né en 1765. A la branche aînée de Boniface-Fom béton appartenait François, ancien capitaine de cavalerie et chevalier de Saint-Louis, marié à Marie-Anne de Nantes et père de Charles-Joseph, né en 1766, reçu chevau-léger de la garde du roi le 26 novembre 1781.
2. Le viguier était un officier royal de robe courte portant Tépée et un bâton morné d'ivoire, marchant avec les consuls dans les cérémonies publiques, assistant aux conseils municipaux et y ayant toujours la première place. — La famille qui avant cette époque a fourni le plus de viguiers à Forcalquier est celle de Barras avec Barras de Barras en 4311, Louis de Barras en 1369, autre Louis de Barras en 1487, et François de Barras 1489.
lui octroyait Tétat et office de conseiller et juge royal en la sénéchaussée de Forcalquier. Cette charge de judicature ^ qui demeura dans la famille pendant un siècle fut exercée successivement par Jean-Pierre du Teil, Polydore, son fils, et Jean-Pierre du Teil, deuxième du nom, son petit-fils; tous trois se montrèrent trèsjaloux des honneurs, prérogatives ei prééminences qui y étaient attachés et soulevèrent, pour conserver ces avantages dans toute leur intégrité, des conflits dont on retrouve la trace dans les archives de Forcalquier : un arrêt du Parlement de Provence du 31 mai 1618 nous apprend que Scipion d'Arnaud, lieutenant principal, et Jean-Pierre du Teil disputèrent vainement au viguier la présidence de l'assemblée annuelle pendant laquelle on procédait à l'élection des consuls : Polydore du Teil fut plus heureux, car il se fît recon-
i. Les officiers de justice étaient très-considérés en Provence : dans le règlement contre le luxe fait par le conseil municipal d'Aix et étendu par le Parlement à toute la province, ils étaient rangés dans la première classe avec les avocats, les médecins et les nobles : l'état déjuge royal n'était pas incompatible avec la noblesse et n'entraînait aucune dérogeance; bien plus les officiers des sièges présidiaux, bailliages et sénéchaussées étaient exempts de la contribution des tailles, ensemble du guet et garde. C'est ce qui fit qu'en 1666, Polydore et Louis du Teil négligèrent de se faire maintenir, leurs offices leur assurant toutes les prérogatives réservées à la noblesse, puisque les gentilshommes de Provence devaient la taille pour les biens roturiers, les tailles étant dans ce pays réelles et non personnelles. Pour remédier aux conséquences de cette omission, leurs descendants durent se faire délivrer, pardevant notaire, un double certificat de notoriété de noblesse signé par les principaux gentilshommes et bourgeois de Forcalquier et contresigné par Augustin de Berlue, maire de cette ville (12 septembre 1755, Chanut, notaire à Forcalquier).
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naître le droit de présider le conseil municipal, en Tabsence du viguier, et un arrêt du 20 décembre 1650 lui donna même le pas sur cet officier dans les assemblées publiques. Jean-Pierre du Teil tenait de ses oncles, sans doute, certaines allures militaires, aussi est-ce sans étonnement qu'on le voit figurer, en 1621, au nombre des habitants armés de Forcalquier, comme possédant une cuirasse.
Mais, malgré son caractère belliqueux, il fut un excellent magistrat, maria ses trois filles * dans de fort bonnes familles du pays et céda son office à son fils aîné, en considération du mariage contracté par celui-ci, le 2 octobre 1644, avec sa cousine Hortense de Sébastianne, fille de Michel de Sébastianne, seigneur de Porchères, et de Françoise de Perier, petite-fille de Balthazar de Périer et de Lucrèce de
i. L'aînée, Claire, épousa, le 6 juin 1634, Ambroise d'Archias et fut mère de Claude, qui servant à Messine avec son frère Jean-Joseph-Clément sous le duc de Vivonne, eut commission de lieutenant aide-major au régiment messinois nouvellement levé, le 25 juin 1675, puis fut nommé capitaine dans ce corps le 28 mai suivant ; Claude d'Archias du Clos s'était marié, le 7 décembre 1670, avec Anne-Thérèse de Lieutaud, dont il laissa : i° Joseph d'Archias de Rustrel qui servit dans le régiment de Normandie et fut premier consul d'Apt en 1722 ; 2® Louis d'Archias du Clos de Gastillon qui comptait 26 ans de service, étant capitaine au régiment de Gensac ; 3° Claude d'Archias du Clos, capitaine au régiment de Flandres en 1713, retiré chevalier de Saint- Louis en 1739 avec 38 ans de service; 4° Joseph-Elzéar d'Archias du Clos de Dauzet, cadet au même régiment en 1706, lieutenant aide-major vingt-cinq ans après. Une autre branche a donné un lieutenant de vaisseau connu sous le nom de Rustrel de La Sablière, chevalier de Saint-Louis en 1787.
Coriolis ; afin d'assurer à son second fils, Louis, une situation en rapport avec celle de son frère, Jean- Pierre du Teil acquit pour lui, au prix de dix mille livres, loflice de conseiller et avocat du roi à Forcalquier.
Polydore du Teil continua les traditions de son père et, comme lui, choisit, pour son héritier et successeur, son fils aîné, Jean-Pierre, deuxième du nom ; par son testament du 30 octobre 1685, il laissa sa terre de Saint-Martin de Beaumont, avec toutes ses dépendances, à son second fils, François; Augustin, son troisième fils, avait pris l'habit religieux au couvent Saint-François des Frères mineurs de Forcalquier, le 16 septembre 1672.
De Jean-Pierre du Teil, qui épousa, le 16 mars 1674, Louise de Bojer, fille de François, viguier et capitaine pour le roi en la ville d'Apt, et de Catherine de Bourgarel, sont sortis les trois ofTiciers du nom de du Teil qui servirent dans le régiment de Bourbon ; ses deux fils puînés, Joseph et Antoine, se retirèrent tous deux comme capitaines de grenadiers et chevaliers de Saint- Louis; François du Teil, son fils aîné, marié le 8 mai 1702 avec Jeanne d'Eymar, fille de Jean-François, viguier et capitaine de Forcalquier, et de Catherine de Gassaud, n'eut que deux fils : Jean-François, consul de France à Candie , époux d'Anne de Raoul et père de trois filles *, et Antoine, deuxième du nom,
1. L'une d'elles, Anne, épousa, le 12 avril 1763, Melchior de Vaugiigneuse, alors chancelier à Candie, depuis consul à la Canée; de ce mariage naquit en 1765 Arnaud-Alphonse-Joseph, élève au Collège de la Flèche, 16 septembre 1775, puis à l'École
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lieutenant au régiment de Bourbon, blessé à Guastalla. Bien que les familles de Boyer et d'Eymar ne se soient pas particulièrement distinguées par leurs services militaires, il convient de citer André-Elzéar de Boyer, frère d'Anne, qui fut major du régiment de Vallouze, infanterie, et chevalier de Saint-Louis, et Jean-Baptiste d'Eymar de Saint-Maurin ^, neveu de Jeanne, que l'on rencontre sur les contrôles du régiment de Bourbon en 1744 avec le grade de lieutenant. Mais c'est surtout dans Tartillerie que les du Teil devaient se faire connaître ; les officiers de ce nom au régiment Royal-Artillerie et dans le corps royal appartiennent à deux branches; la première qui a donné dans cette arme deux lieutenants généraux, deux chefs de bataillon, trois capitaines et deux lieutenants -, a pour tige François du Teil, fils puîné de Polydore, officier aux armées dès 1676, il avait alors vingt ans ; il quitta le service avant i 684 comme lieutenant réformé au régiment de Picardie et se maria à Forcalquier, le 5 mars 1685, avec Anne-Marie de Tirany, fille de Georges et de Marguerite Borel : nous ne trouvons pas de trace de services militaires dans la famille Tirany, bien qu'elle ait fourni, en 1623, un
militaire de Paris; promu lieutenant en second au corps royal d'artillerie le l*"" septembre 1784 et attaché à TÉcole de Valence : il faisait partie de la promotion qui précéda celle de Bonaparte.
1, Il servait au l*''" bataillon et mourut en 1772; il était fils de François, conseiller et secrétaire du roi près le Parlement de Provence, et de Charlotte de Robineau.
2. Cette même branche compte aussi un capitaine dans Saintonge et un lieutenant dans Lorraine.
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capitaine de la ville de Forcalquier ; les deux fils de François du Teil, François, deuxième du nom, et Jean- Pierre, servaient dans le régiment Royal- Artillerie dès les premières années du xyiii^ siècle.
La seconde branche de laquelle sortirent un lieutenant-colonel, un capitaine aide-major et un lieutenant d'artillerie *, est issue de Louis du Teil, avocat du roi à Forcalquier, fils puîné de Jean-Pierre, premier du nom. Louis épousa après la mort de son père, le 3 mai 1650, Isabeau de Barbeyrac, fille de Bernardin et d'Hélène de Bouliers. Jean-Joseph, leur fils aîné, allié à Hélène d'Eymar, fut maire de Forcalquier en 1701 et 1713 ^; Ange, leur second fils, est le premier du Teil qui ait servi dans le régiment Royal-Artillerie : dès 1690 il entra comme cadet dans le régiment des Fusiliers du roi et de lui sont descendus les trois officiers que nous venons de citer. Les Barbeyrac, du lieu de Saint-Martin-de-Castillon, auxquels appartenait la femme de Louis du Teil, comptent parmi les leurs Jean de Barbeyrac, capitaine des gardes du maréchal de Damville et gouverneur de Viens en 1590, tué au service du roi l'année suivante, et Gaspard de Bar-
1. Ainsi qu'un lieutenant-colonel du régiment Royal, infanterie.
2. Ursule-Madeleine du Teil, sa fille, mariée le 9 avril 1731 à Jean-Baptiste Arnaud, fut mère de Pierre Arnaud, né en 1735, cadet au régiment Royal-Artillerie bataillon de Gaudechart,' depuis régiment de Grenoble, 1748, sous-lieutenant 1752, lieutenant 1755, capitaine en 2« 1765, capitaine commandant une compagnie de mineurs 1772, chevalier de Saint-Louis 1777, décédé en 1779; il avait épousé Thérèse-Julie d'Eymar dont un fils, Joseph, né en 1775, qui se retira du service en 1793, étant lieutenant au régiment de Hainaut,