‹ Une famille militaire au XVIIIe siècle [microform]; documents inédits sur le Régiment royal-artillerie, la bataille d'Hastenbeck, les campagnes des Indes, l'École d'artillerie d'Auxonne et le siège de ToulonChapitre 96 sur 284 · Etienne Bézout · texte numérisé non relu

Etienne Bézout

FONDATION DE l'ÉCOLE d'aUXONNE

par cette nouvelle destination. En fin de compte, après entente entre du Puget et Lombard, d'une part, et Bézout, d'autre part*, ce dernier fut chargé de transformer lui-même son ouvrage pour l'approprier à l'enseignement des écoles d'artillerie où il resta en vigueur jusqu'à la fin de l'ancien régime -.

Ce fut la création d'un nouveau bataillon de Royal- Artillerie, par ordonnance du l®"* janvier 1757, qui rendit nécessaire la fondation d'une sixième école de l'artillerie et du génie : le projet de l'établissement de cette école à Auxonne, en date du 21 avril 1757, est dû au marquis de Paulmy et fut appuyé, le 23 mai suivant, par le prince de Condé. Mais il était question depuis plusieurs années déjà de l'intention qu'avait le roi de former ce bataillon et de le mettre en garnison dans cette ville avec les nouvelles compagnies de mineurs et d'ouvriers : aussi les premiers devis relatifs à la construction des casernes d' Auxonne, dressés par M. Joblot, ingénieur des fortifications et directeur de la Franche-Comté, datent-ils du mois de mars 1753; mais l'adjudication des travaux ne fut prononcée, en faveur du sieur Jean Caristie, que le 2 janvier 1759, sur un devis de 343.000 francs; différents changements, suppléments et augmentations.

1. Recherches biographiques sur le professeur d'artillerie Lombard, par Aman ton, Dijon, Frantin, 1802, 1 vol. in-8.

2. Un volume du cours de Bézout, édition 1781, un exemplaire du tome I®*", qui avait appartenu à M, de Vaugrigneuse, passa à Valence entre les mains de Bonaparte qui le possédait encore en 1791 ; il est aujourd'hui la propriété du comte Biadelli. Masson, Napoléon inconnu, II, 530.

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CNE FAMILLE MILITAIRE

apportés par procès-verbaux des 4 août 1762 et 27 avril 1763, portèrent les dépenses au chiffre total de 435.000 francs, qui ne put être entièrement couvert par la vente, faite par la ville, de la forêt des Crochères et de sa haute futaie.

La première pierre des casernes nouvelles avait été posée, le 29 octobre 1759, au nom de Mgr le prince de Condé, par le comte de Ta vannes, lieutenant général pour le roi en Bourgogne ; la haute direction des travaux fut confiée à Jean-Baptiste Montin de Saint- André, ingénieur du roi. Claude-Joseph de la Ramisse était alors maire d'Auxonne depuis le 15 juillet 1758 ; le corps des casernes de soldats fut livré dès le 11 mai 1763, mais la réception des pavillons d'officiers qui le flanquaient n'eut lieu que le 15 décembre

1764. La sixième brigade de Royal-Artillerie, successivement commandée pendant la guerre de Sept Ans par MM. de Gosne, de Mouy et de Loyauté, vint tenir garnison à Auxonne après la paix, le 29 mars 1763, sous les ordres de d'Invilliers ; c'est là que^ par ordonnance du 13 août 1765, elle devint le régiment d'Auxonne et passa sous les ordres du colonel de Richeval le 15 octobre suivant.

De 1767 à 1780, on voit se succéder à Auxonne les régiments de Metz, d'octobre 1766 à septembre 1769, aux ordres du colonel Le Duchat d'Ouderne^^ ; de Grenoble, de septembre 1769 à 1775, sous le comte de Rostaing*^; de Strasbourg, de septembre 1775 à

i. Gédéon Le Duchat d'Ouderne, colonel le 15 octobre 1765. 2. Philippe-Joseph, comte de Rostaing, colonel le 15 octobre

1765, lieutenant général 1791.

FONDATION DE l'ÉCOLE d' AUXONNE

avril 1782, sous les colonels de Saint-Mars ^ et de La Roche-Girault -.

Quant à l'École d'Auxonne, elle fut en premier lieu dirigée par M. de Montesquiou, lieutenant-colonel, sous-directeur au département des Trois-Evêchés , commandant par intérim à dater de 1759, puis par les commandants d'Invilliers, maréchal de camp, de 1763 à 1765 ; de la Pelouse '^, colonel puis brigadier, de 1765 à 1777 ; enfin par le comte de Rostaing, alors brigadier, qui précéda immédia temement le baron du Teil.

Les maîtres de dessin furent successivement MM. Pierre Bauden, de 1766 à 1782, et Bastien Golombier, en 1783. Gomme professeur de mathématiques, on voit paraître, dès le 15 novembre 1759, Jean-Louis Lombard dont la curieuse physionomie mérite une mention toute spéciale. Né à Strasbourg le 23 août 1723, docteur de la Faculté de philosophie de l'Université épiscopale à dix-huit ans, licencié es lois en 1743, il se fit recevoir avocat au conseil souverain d'Alsace, mais telle n'était pas sa vocation, car, après avoir passé quatre ans à Paris, sans doute pour y étudier les mathématiques, il se rend à Metz en 1747, se fait inscrire comme avocat au Parlement de cette ville, sans suivre le Palais, épouse la fille du professeur de mathématiques de l'école d'artillerie,

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