‹ Une famille vivaroiseChapitre 9 sur 12 · Claudine, Dorothée, mortes sans alliance · texte numérisé non relu

Claudine, Dorothée, mortes sans alliance

70 Isabeau, épouse de Joseph de Saignard, seigneur de Canson.

1 Les archives du Rhôae renferment dans le Fonds des Uospilaliers (Série H, Reg. 90, 396, 412, 418; liasses 307, 454 et 498), tous les papiers relatifs aux preuves de noblesse, réception et inventaires après décès des commandeurs Henry et Vincent de Vogué. Ils ont été gracieusement dépouillés à mon intention par M. l'abbé Bouffet, curé de Valuéjols (Cantal), auteur d'une savante monographie de sa paroisse.

Jacques, né le 29 février 1660, mort le 18 février 1750. En 1690, bailli d'Annonaj' << en survivance » ; en 1690 et 1704, capitaine colonel des gardes bourgeoises d'Annonay. Epousa, le 26 novembre 1695, Charlotte de Yillars, fille de Pierre M'* de Villars et de Marie Gigault de Bellefonds, sœur du maréchal de Villars, née en 1664, morte le 14 septembre 1748, à Paris, dont :

Pierre, né en 1696, mort le 16 juin 1773. Capitaine dans Ro5'al Cravates en 1723 ; colonel du régiment de son nom en 1734, il fit à sa tête les campagnes d'Italie et d'Allemagne, se démit en 1744 et fut nommé brigadier de cavalerie et chevalier de St-Louis. Il était chevalier honoraire de Malte. En 1770, son cousin germain le duc de Villars, mort sans postérité, lui légua la moitié de sa fortune. Sans enfants lui-même de son mariage avec Claire Albert, célébré le samedi 9 janvier 1751, il testa le 13 mai 1773 et partagea son héritage entre le chef de sa maison, Charles-François-Elzéar, marquis de Vogué, auquel il laissa La Nocle et la grandesse d'Espagne du duc de Villars, et son frère Jacques-Joseph-Félix de Vogué, auquel il laissa Gourdan et le reste de sa succession.

Félix mourut lui-même sans enfants en 1784 et laissa Gourdan à son petit-neveu, le C» Eugène de Vogué, pair de France sous la Restauration, mort en 1854.

La Grandesse d'Espagne.

Philippe V, roi d'Espagne, voulant reconnaître les grands services rendus à sa couronne par le maréchal de Villars, lui conféra la Grandesse de première classe, par décret signé de sa main le 15 octobre 1723. Les lettres patentes ne furent signées que le 6 avril 1724 par le roi Louis le"" pendant son règne éphémère. J'en possède l'original : c'est un beau cahier de velin, relié en velours rouge, d'une calligraphie parfaite, orné de superbes miniatures. Le texte en est très intéressant, en raison des dispositions spéciales qu'il contient et qui ne se retrouvent que dans le titre de la Grandesse octroyée au duc de Saint-Simon.

Le trait caractéristique de cette Grandesse est qu'elle pouvait être assise sur une terre située en France, érigée, avec autorisation du roi de France, en majorât titré duché, marquisat ou comté, et que Grandesse, terre et titre pouvaient être transmis par testament, donation entre vifs ou tout autre mode, non seulement aux héritiers en ligne directe ou en ligne collatérale, mais à quelque personne que ce fût, même étrangère, sans qu'il fût besoin d'aucune autorisation ou patente nouvelle émanant de l'autorité rojale. L'intention évidente du roi d'Espagne était que cette Grandesse ne s'éteignît pas et perpétuât à jamais le souvenir des services rendus à l'Espagne par les victoires de Villars.

En vertu de ces dispositions, Villars assit la Grandesse sur la terre de La Nocle, en Nivernais, qu'il avait acquise en 1719 et qu'il fit ériger en marquisat, tandis qu'il obtenait l'érection, en duché de Villars, de la terre de Vaux, achetée à la veuve de Fouquet. A la mort du maréchal, la Grandesse passa à son fils unique Honoré-Armand, duc de Villars, lequel, ayant vendu Vaux, en 1767, au duc de Praslin, fit transférer le duché de Villars sur la terre de La Nocle, qui devint ainsi, à la fois, le siège de la Grandesse et celui du duché. Au duc de Villars, mort sans enfants, succéda, ainsi que je l'ai

expliqué ci-dessus (page 235), son cousin germain, Pierre de Vogûé-Gourdan, lequel, également sans enfants, assura, de son vivant, La Nocle au Mi* de Vogué, en spécifiant dans son testament, daté du 13 mai 1773, qu'il lui léguait « à lui et à ses successeurs, à perpétuité, tous les droits que sa qualité de propre neveu du maréchal de Villars et celle de successeur et héritier du duc de Villars, son fils, lui donnaient à la Grandesse d'Espagne de première classe, accordée au maréchal de Villars et à ses successeurs ».

Le M>s de Vogué transmit ces droits à ses descendants ; mais les événements de la Révolution et de l'Empire empêchèrent son fils de les faire valoir. Sous la Restauration, les obstacles avaient disparu ; aussi en 1818, mon père étant mineur, sa mère fit faire des démarches à Madrid par le duc de Montmorencj'-Laval, alors ambassadeur de France ; elles n'avaient pas encore abouti quand eut lieu la campagne d'Espagne, en 1823. Mon père, toujours mineur, y fit ses premières armes, non sans quelque distinction. Le M'» de Talaru, qui avait succédé au duc de Montmorencj'^-Laval, reprit la négociation et la fit aboutir. La Chambre royale de Castille, saisie de la requête de ma grand'mère par Ferdinand VII, en reconnut le bien-fondé et, le 26 février 1825, le roi d'Espagne faisait écrire à M. de Bois Le Comte, chargé d'alîaires de France en l'absence du Mis de Talaru, par Don Francisco de Zea Bermudes, premier ministre et ministre des AlFaires Étrangères, une lettre dont voici le passage essentiel :

« Le Roi, mon auguste maître a daigné ordonner que,

« par la Royale Chambre de Castille, fût expédié audit mar- « quis de Vogué le titre de Grand d'Espagne, comme légitime « successeur du dit duc de Villars. »

Au vu de cette pièce, le roi Charles X, par décision du 8 avril 1825, reconnut mon père, qui avait atteint sa majorité, en sa nouvelle qualité et ordonna qu'il jouît, à la Cour de France, des honneurs et prérogatives attachés à la Grandesse d'Espagne, c'est-à-dire des avantages assignés aux ducs français. C'est ainsi que ma mère eut, aux Tuileries, le privilège du « tabouret » jusqu'au 27 juillet 1830.

Chevaliers de l'Ordre de St-Jean de Jérusalem du nom de Vogué.

Langue de Provence.

Armand, fils d'Antoine I, né en 1405. Entré dans l'ordre vers 14321.

Jean, fils de Jean 1. Présenté le 2 mai 1546 à la langue de Provence. Vérification faite de ses preuves paroles chevaliers Jean Berlin du Poët et Jean^de Vento, suivie [d'admission'le 3 mai 1547. {Archives des Bouches-du-Rhône, [H. Ordre de Malte, reg. VI, f^s 1057, 1079, 1098 et 1110.)

Gratien, fils de Guillaume de Vogué. Présenté le 25 janvier 1595. Admis la même année. Vérification faite par les chevaliers Antoine de La Lande, Gérard de Berton dit Grillon, Claude de Thésan {Ibid., reg. IX, fos 67-70). Etait sans doute mort en 1602, car il ne'^figure pas dans le testament de sa mère, du 15 septembre de cette année.

Gaspard, frère du précédent 2, Présenté le 9 mai 1600. Admis le 29 septembre suivant, après enquête faite par les chevaliers Antoine de La Lande et Christophe de Seytres- Caumont Xlbid., reg. IX, fos 239-246). Tué en 1606, à bord d'une galère de la Religion, en capturant un vaisseau turc (Martyrologe des Chevaliers de St-Jean de Jérusalem, t. II, n° 228).

Balthazar, frère des précédents, mentionné au Martyrologe, à la page citée ci-dessus, et dans le registre mortuaire de l'église de Rochecolombe, où il fut inhumé en 1630. Sa réception, antérieure à 1606, est postérieure à 1602, car dans

1 Voir t. I, pp. 100 et 113.

2 Voir t. I, p. 247,

le testament de sa mère, du 15 septembre 1602, il est mentionné sans la qualité de chevalier i.

Anne, fils de Melchior I. Présenté le 4 mai 1625. Admis après enquête faite par les chevaliers Charles de Panisse et Gaspard de Bérard-Monialei (1626). (Archives des Bouches-dii- Rhône, reg. XII, f"» 117, 144). Tué au passage du Tessin (22 juin 1636).

Charles, fils de Georges. Présenté le 4 mai 1664. Admis en 1666, après enquête faite par les chevaliers Louis de Castilhon Saint-Victor et Joseph de Beauchamp {Ibid., reg. XIV, f'« 381, 436.) 2

Langue d'Auvergne.

Henry de Vogûé-Gourdan, fils de Louis I et de Marguerite du Peloux. Reçu en 1644; commandeur de St-Chamond et Meyrieu.

Henry, fils de Louis II et de Madeleine du Villard. Reçu le 2 mai 1675, commandeur de Montchamp.

Vincent, frère du précédent. Reçu le 2 août 1685, commandeur de Cariât en 1735.

Plusieurs membres de la branche de Vogûé-Gourdan furent chevaliers honoraires de l'ordre de Malte, entre autres le dernier de la branche, Pierre, qui prit l'habitude de poser, sur une croix de Malte, l'écu à ses armes, soit sur son cachet, soit sur ses objets mobiliers.

1 Voir t. I, p. 217.

2 J ;K publié le texte intégral de l'enquête à la suite de l'Inventaire des Archives de Vogué, 1905,

Pour la Patrie.

Morts :

Louis, mort à l'armée d'Italie, entre 1512 et 1517. Guillaume, capitaine au régiment de Rochecolombe, tué au

siège de Vallon, le 22 avril 1621.

Gaspard, chevalier de Malte, tué en 1606, à bord d'une

galère de la Religion, en capturant un vaisseau turc. Anne, chevalier de Malte, tué au passage du Tessin, le

22 juin 1636.

Louis, capitaine au régiment d'Orléans Infanterie, mort à

l'armée de Hollande, en 1672.

Charles, lieutenant au régiment Commissaire Général, mort

à l'armée de Hollande, en 1672.

Nicolas (Gourdan), capitaine au régiment de Ville, mort en

novembre 1658, à Valence en Italie.

Robert, capitaine de spahis, tué à Reischoffen, le 6 août

Henri, lieutenant au 90^ de ligne, blessé mortellement à

Sedan, le 1er septembre 1870, Joseph, sergent aux zouaves pontificaux, tué à Loigny, le

2 décembre 1870.

Blessés :

Charles, chevalier de Malte : siège de Candie, 25 juin 1669.

Melchior (Gourdan), officier d'infanterie : Rhinfeld, 1638.

Félix, exempt aux gardes du corps : Dettingen, 27 juin 1743.

Cerice, colonel du régiment de Vogué : Minden, 1er août 1759.

Florimond, capitaine au régiment de Vogué : Minden, 1er août 1759.

Charles, sous-lieutenant aux Carabiniers de Monsieur ; Nancy, 29 août 1790.

Eugène-Melchior, engagé volontaire au 90« de ligne : Beaumont, 30 août 1870.

La Justice seigneuriale.

Les archives départementales de l'Ardèche renferment tout un fonds relatif aux justices seigneuriales du Vivarais. Ce fonds paraît très riche. Des registres et des liasses en grand nombre contiennent des actes de procédure provenant des greffes des justices supprimées en 1789. Pendant un séjour que nous avons fait ensemble à Privas, M. Auguste Le Sourd a sommairement examiné cette collection ; il y a reconnu de nombreuses pièces provenant des cours de Vogué, Rochecolombe, Lanas et Aubenas, tous les éléments d'une monographie qui serait d'autant plus intéressante que je ne sache pas qu'aucun travail de ce genre ait été encore entrepris. J'espère que M. Le Sourd l'abordera un jour. En attendant, il a pris quelques notes desquelles j'extrais les renseignements suivants.

Le registre le mieux conservé provient du greffe de la justice de Lanas et comprend les années 1484-1496. Ce qui frappe, c'est le nombre et la variété des causes introduites, la minutie des détails visés par les ordonnances seigneuriales, la complexité de la procédure. La seigneurie de Lanas était, vous le savez, partagée entre le seigneur de Rochecolombe et celui de Balazuc. Chaque seigneur avait son baile, son lieutenant de baile, ses officiers subalternes, son auditoire, sa prison. A cette époque, Antoine de Vogué n'avait qu'un bailli pour toutes ses juridictions : c'était son beau-frère, Pierre de Chaldayrac, et un lieutenant, Antoine de Barjac, le même que nous avons vu instrumenter dans la triste affaire de la sorcière Louise Fumât. Ces deux magistrats se transportaient aux divers sièges de leur ressort. Les officiers du seigneur de Balazuc faisaient de même. Un jour, un habitant de Lanas, homme du seigneur de Balazuc, est accusé d'avoir violenté la servante du seigneur de Rochecolombe ; arrêté par les officiers de ce dernier, il est conduit dans leur prison; surviennent les officiers de Balazuc, qui

le réclament ; une procédure est engagée et, avec le consentement d'Antoine de Vogué, le coupable est transféré dans la prison de son coseigneur. Que serait-il arrivé en cas de conflit ?

Les ordonnances du seigneur de Rochecolombe sont sévères pour les écarts de conduite ; elles sont proclamées chaque année sur la place publique : dix livres tournois d'amende pour un adultère, dix livres pour des blessures, vingt-cinq sous pour injures. Les débats donnent parfois lieu à de piquantes dépositions, telle celle de Biaise de Vogué et de sa cousine Bonne Coque, qui, cueillant des roses dans le jardin du château de Lanas, aperçurent une scène scabreuse qui se passait dans le jardin voisin. On voit défiler devant le tribunal de Lanas des jeunes gens, dont noble Louis Comte, coupables d'avoir joué aux cartes et blasphémé Dieu et la Sainte Vierge ; — des paroissiens qui, le jour de l'Epiphanie, se sont battus avec des cierges allumés ; — des propriétaires qui ont compromis la sécurité du lieu en faisant un trou dans le mur d'enceinte ; — le passeur, coupable d'avoir transporté dans son bateau deux hommes infectas (pestiférés?) contra voluntatein et prohibitionem quam sibi eo tune faciebat potens dominas Anthonius de Vogorio condominus dicti loci.

Dans la seconde moitié du XVIII'^ siècle, la procédure s'est un peu simplifiée, en ce sens que toutes les coseigneuries ont disparu. Aubenas, Vogué, Rochecolombe et toutes les seigneuries appartenant au M'* de Vogué ne forment plus qu'une seule juridiction, à la tète de laquelle est Jean-Pierre Dumas. Juge général des baronnies d'Aubenas, Vogué, Balazuc et dépendances, Dumas siège généralement à Aubenas ; mais son lieutenant, Louis Champanhet, se transporte encore, quand il y a lieu, au siège des anciennes juridictions, qu'on continue à appeler « l'auditoire de la cour ordinaire » de St-Maurice, ou de St-Laurent, ou de Lanas Les

affaires civiles sont les plus nombreuses ; les aff'aires criminelles ne sont pourtant pas rares. M. Le Sourd a noté au passage plusieurs accusations d'assassinat.

Cachets et Sceau.

lo — Cachet aux armes de Cerice- François Comte de Vogué et de sa seconde femme Anne de Serre. Vogué porte d'azur au coq hardi d'or crête, béqué et membre de gueules. La devise n'est pas gravée : Yigilantia et Fortitudine. Serre porte d'argent] au chevron d'azur chargé de trois étoiles d'argent et accompagné de trois trèfles de sinople posés deux et un.

2" — Cachet aux armes de Charles-François-Elzéar Marquis de Vogué et de sa femme Madeleine de Truchet. Truchet porte cinq points d'argent équipollés à quatre de gueules.

3" — Cachet de Charles-François-Elzéar Marquis de Vogué.

4" — Cachet de Pierre de Vogué- Gourdan, chevalier honoraire de Malte.

5" — Sceau de Jacques-Joseph-François de Vogué, évéque de Dijon.

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