‹ Une fête à l'imprimerie du Canadien [microforme]Chapitre 2 sur 5 · HOMMAGE D'ESTIME ET DE RECONNAISSANCE · texte numérisé non relu

HOMMAGE D'ESTIME ET DE RECONNAISSANCE

Louis Geornes Mesiardins, Éenyer,

Propriétaire-Editeur et l'un des Rédacteurs du “ Canadien.”

MoNsiEUR,

Nous venons aujourd’hui, aux derniers jours de l’année mémorable de 1878, vous offrir nos hommages d'estime et de re-

connaissance, convaincus d'avance que | vous accepterez avec plaisir les faibles |

cadeaux qui les accompagnent, non pas

pour leur valeur, mais comme venant du |

cœur d'ouvriers qui vous estiment sincèrement ; ne regrettant qu’une chose, de

ne pouvoir vous présenter des objets |

d’une valeur encore plus considérable.

Nous avons la conviction que vous saurez reconnaitre et apprécier notre

d'marche sous son véritable point de vue. |

Depuis l’année 1875, nous vous avons |

suivi pas à pas, d'abord comme co propriétaire du Canadien, et, depuis 1877, comme seul pr priétaire de la plus ancienne et l’une des plus importantes feuilles françaises de la Puissance du Canada, laquelle à porté toujours bien

haut le drapeau national, sur lequel est |

inscrit en lettres d’or la devise : Nos Institutions, Notre Langue et Nos Lois!

devise que le peuple canadien-français eut le bon esprit d'adopter comme sienne, lors de la fondation de la Société St.

Jean-Baptiste.

Ayant été témoins oculaires des luttes gigantesques qu’il vous a fallu soutenir, afin de renverser les nombreux obstacles qui se multipliaient sans cesse sous vos

| pas, nous sommes en mesure d'apprécier aujourd’hui tous les sacrifices que vous avez dû vous imposer et reconnaitre combien de fatigues vous avez dû essuyer pour maintenir à flot, au milieu de la tempête, le plus ancien établissement de la presse française en Canada.

De même qu'il n’est pas de ciel sans nuages, vous deviez donc compter, Monsieur, que vous auriez à subir, en devenant propriétaire du Canadien, plus que des nuages, que vous auriez à lutter | même contre des ouragans dans toute leur violence : vous peut-être, plus que tout autre. Car l’homme qui s'élève « ns l'échelle sociale, à l’aide seule de son | énergie, de sa persévérance et de son

| mérite, soulève contre lui autant d’en- | vieux et de jaloux,qu’il rencontre d'êtres à esprit étroit, incapables d'arriver par eux-mêmes à ces positions qui font l’admiration de tous les hommes au cœur large et droit, qui savent toujours applaudir au mérite, sans jamais regarder si celui qui possède ces bonnes qualités est sorti d’une famille aristocratique ou d’une des familles des plus humbles de la saciété,

Nous formons tous ler jours des vœux bien s'ncères pour le succès et le triomphe de votre établissement et de la eville dont vous êtes le propriétaire.

Nous vous disons aussi que nous avons trouvé toujours en vous un patron qui a

su reconnaître cette grande vérité: Que c'est toujours des bons rapports et de la bonne intelligence qui existent entre le maître et l'ouvrier, que découle invariablement le progrès des différents corps de métier, ainsi que le bien-être moral et matériel dont jouissent l’un et l’autre,

L'ouvrier intelligent comprend trèsbien que plus la prospérité de son patron est grande, plus aussi il a l'espoir d’être bien traité et de trouver un emploi constant et à la fois plus lucratif ; surtout quand ce patron connait bien la voie rétrécie, et souvent si difficile, que parcourt sans cesse la grande famille des classes ouvrières,

Partant de ce principe, laisseznous vous dire, Monsieur, que nous reconnai.

sons en vous plus qu'un patron : vous ctes un ami; oui, un véritable ami, comme le cœur de tout homme bien né seul est capable de l'être.

De notre côté, veuillez croire, Monsieur, |

à notre plus vif attachement et à notre plus sincère affection. Plus que cela, vous pouvez,comme par le passé, compter sur notre dévouement à seconder vos nobles efforts, pour faire de l'établissement du Canadien, un des ateliers le plus prospère de la Province de Québec.

Dans les objets que nous vous présentons aujourd'hui, comme gage de notre affection, vous reconnaîtrez dans le friple lustre, l'emblème de la lumière que la Presse a la mission de répandre dans l'intelligence de tous les peuples de la terre, Puis, dans le pot-à-l'eau, en argent ciselé, celui de cette source limpide vers laquelle se dirigent tous ceux qui désirent se désaltérer À la coupe de 1a vérité des grands principes, toujours en harmonie avec les saines doctrines.

Quant au bouquet, aux milles fleurs odoriférantes, nous vous le présentons pour votre aimable et digne épouse, Madame Desjardins, comme l’emblême de la plus tendre affection don: elle sait vous entourer, et de tous les charmes qu’elle répand sans cesse au milieu de votre aimable famille.

Québec, 23 décembre 1878.

CS

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