‹ Une fête à l'imprimerie du Canadien [microforme]Chapitre 5 sur 5 · ATÉ · texte numérisé non relu

ATÉ

omptable ; tant-comp- )mmission-

ren chef ; -Alphonse

M. Desjardins, vivement ému, répondit dans les termes snivants :

‘ Messieurs et mes amis,

Je suis tellement sensible au bienveil-

lant témoignage d'estime dont je suis | l'objet de votre part, et aux chaleureuses |

paroles de confiance et d'amitié de votre aimable adresse, que je ne sais vraiment pas quelles expressions employer pour rendre ce que j'éprouve en ce moment.

Depuis trois années et demie nous avons tous ensemble été les compagnons journaliers de travaux importants. Lorsque, il y a près de deux ans, j'ai dû assuiner, en devenant le propriétaire du Canadien,

la tâche de faire surnager cet établisse- |

ment à travers les mille écueils était entouré, j'aurais peut-êt'e uésité devant l'épreuve, si je n'avais su que je pouvais compter sur votre concours actif et sur votre dévouement de tous les

lont il |

dant leur absence qui dure généralement trois mois, ne les oubliant jamais, sans cesse occupé à leur préparer le plus bien veillant accueil le jour où :is reviennent au bercail pour n'en plus sortir, j'ai un moyen particulier d'apprécier le grand avantage d'une vigoureuse et saine rédaction. Ma liste d'abonnés est, sous ce rapport le baromètre de cette température que l’on appelle l'opinion publique. Si elle avait baissé, j'aurais dit, avec raison je crois, que le froid se faisait autour du Canadien. Il n'y arien de désagréable comme le froid de l’'indiflérence. Il a déjà fait succomber bien des journaux, detruit bien des amitiés, émoussé bien des cœurs autrefois affectueux.

Le Canadien n'a rien à craindre de ce côté, Depuis 1875, sa liste d'abonnés a constamment augmnté, et je conclus,

| sans effort de raisonnement, qu'il jouit

jours. Je suis heureux de constater avec |

vous qu’un succès très satisfaisant, surtout si l'on considère l'intensité de la crise commerciale actuelle, a couronné nos eflorts communs. Cependant, je vous avoue, en toute franchise, que

i ie L4 x | . , vous faites ma part bien trop grande | quelques piastres de plus versées dans

dans le mérite de ces bons résultats, Je les dois princialement à l'appui que tous vous m'avez constamment prêté, à votre assiduité au travail, à l'intérêt quotidien que vous avez pris au progrès de cette maison. J'ai toujours trouvé chez les typographes un zèle de tous les instants à bien remplir leurs devoirs ; chez les jeunes messieurs chargés de la comptabilité, et du soin d’une caisse qui a le tort de ne jamais déborder, la plus grande bonne volonté unie à une expérience prématurée et à une sagesse qui a devancé l’âge ; chez les membres de la rédaction, le désir continuel et la belle ambition de faire du Ca nadien l’un des principaux journaux français de la Puissance, Obligé, en ma qualité de propriétaire-éditeur de cette feuille, de faire circuler, dans les solides institutions financières de Québec, certains petits carrés de papier pour lesquels j'aila plus tendre affection pen-

de la corfiance publique, que la chaleur de l'estime populaire lui conservera une vie forte qu'il consacrera avec persévérance à la défense des droits d'une nation libre, et à travailler avec énergie au progrès de notre nationalité et du pays en général. Un nouvel abonné, c'est

| la caisse; c'est une ressource de plus

pour payer votre travail, et pour rappeler au foyer paternel l’un de ces petits êtres dont je viens de vous parler.

C'est une progéniture inquiétante que celle des biliets promissoires. Seuls, coux qui connaissent les anxiétés qu’elle occasionne, savent combien est sensible au cœur du père l'éloignement du nouveauné. Ce qui lai cause des angoisses, ce n'#st pas tant la longueur de l'absence aans un âge aussi tendre, que l’incerti.

tude duretour. Iles - ié à des per.

sonnes sages et très experimentées. Elles en ont un soin tout particulier. - Elles entourent son berceau d’une triple muraille. Qu'il tonne, qu'il grèle, il est en lieu sûr. Mais reviendra-t-il sain et sauf, se demande cent fois l’infortuné père? Reparaitra-t:il au foyer sans blessures ? Le jour de la délivrance arrivé, il sera au poste attendant la visite empres-

sée de l'auteur de ses jours. Si ce dernier n'arrive pas à temps, le petit ne retour.

nera pas À la maison sans être doublé d'un protêt en bonne et due forme.

Ce sont des malheurs que j'ai toujours voulu éviter, autant pour le crédit du père que pour la santé de l'enfant. Mais la tâche en est parfois difficile dans ce temps de gêne g‘nérale, et j'en ai sauvé plusieurs du naufrage, juste au moment où la oi inexorable allait prononcer l'arrêt fatal et mettre le stigmate au front pur du délaissé.

L'abonné n'est pas seulement celui qui contribue de ses deniers au soutien d'un journal. Il faut le juger dans un ordre d'idées beaucoup plus élevé. Le bon lecteur, c'est l'homme qui veut s'ins.

truire, qui s'intéresse à l'avenir de son pays, qui se renseigne sur ses affaires, qui prend part aveo patriotisme aux luttes politiques, qui cherche le bien, désire la vérité, et souhaite se qualifier le plus possible à bien remplir les de:voirs du chrétien, du père de famille, du citoyen.

Nous sommes donc tous parties à un noble travail, puisque chacun de nous contribue, dans l’humble mesure de ses forces, à la grande œuvre de l'éducation worale et politique de nos compatriotes.

Soyons heureux si, par la feuille que nous livrons tous les jours à la publicité, nous pouvons, nous aussi, éveiller quelques aspirations patriotiques dans leurs cœurs si franchement ouverts à tous les nobles sentiments.

Laissez-moi vous dire, mes amis, que je suis très fiatté et très honoré de l'estime que vous me témoignez avec autant de bienveillance, parce que je vois, par ce témoignage, que les rapports que nous avons eues ensemble ont eu pour résultat de créer entre nous des liens d'amitié et de sympathies qui, je l'espère sincèrement, existeront toujours. Depuisle jour où je suis devenu votre chef et votre patron, mon désir de tous les instants a été d’adoucir votre tâche, et de vous la rendre plus agréable, tout en veillant

avec scrupule à l'accomplissement du devoir de chacun de vous.

Pour savoir si j'ai plus ou moins réussi, je suis heureux de m'en rapporter à votre appréciation, dans laquelle s'est peut-être glissée, à votre insu, une trop grande somme de générosité à mon égard, Fire vous, typographes, et moi, M.

Duquet, votre chef, a toujours été l'inter.

prète fidèle et de votre bonne volonté et de mes sentiments. M. Duquet est un vieux troupier de l'imprimerie, Il est rivé au Canadien qui lui doit de la reconnaissance pour de nombreux services, Vous connaissez son dévouement pour les classes ouvrières dont il s'ho:.

nore, et avec orgueil, d'être l’un des membres. Je sais qu'il a étudié avec soin quelles doivent être les relations du patron et de l’ouvrier pour qu'ils y trouvent,tous deux,leur avantageetle succès qui les intéresse également l’un et l’autre.

Je suis heureux des efforts qu'il fait tous les jours pour vous dire, sur cet important sujet, ce qu’il a appris par une étude spéciale, et surtout par uae expérience de trente-cinq années,

Comme vous le dites si bien dans votre adresse, dans tout établissement industriel, les intérêts de l'ouvrier et du patron sont intimement liés. N'allez jamais supposer un seul instant que l'ouvrier puisse trouver une minute de prospérité dans l’amoindrissement du succès de son patron, par des exigences que les temps, l'état des affaires en géné.

ral, ne sauraient justifier.

Je connais l'excellence de vos vues sur ce sujet, et soyez certains que de ces saines idées est découlé le secret de la bonne entente et de la cordialité qui ont toujours existé entre vous et moi. Au nombre des bons exemples que le Canadien est appelé à donner, devoir qu’il remplit avec tant de fidélité —soit dit sans éveiller les susceptibilités de ses confrères avec lesquels il échange quotidiennement de fraternels coups d'épée— l’un de ceux auxquels je tiens le plus.

c’est celui d’un établissement industriel

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où les ouvriers et le patron se distinguent par une confiance, un estime et un respect réciproques et mutuels.

Tel a été l'établissement du Canadien, tel il sura, je le désire, je le souhaite, je le veux. 11 le sera parceque vous êtes de bons et fidèles ouvriers, et parceque, de mon côté,je m'efforcerai sans cesse de répondre à la générosité de vos sentiments par la bienveillance des miens. |

Il y a,de plus, entre vous et moi,ce lien de sympathie qui doit toujours exister entre ceux qui n'ont pas connu les avantages et les dangers de la fortune,quelles que soient les carrières qu'ils embrassent, etles positions auxquelles ils parvien-

nent dans le cours de la lutte de cette |

vie.

Peut-être avez-vorrs quelquefois regretté de ne pas être nés au sein des richesses, Permettez-moi un conseil :

ne donnez jamais asile dans votre cœur à ce sentiment. Si jamais 1l y pénètre,

consolez-vous à la vue des nombreuses |

épaves que vous voyez tous les jours ballottées sur la mer du monde, après avoir connu les vents les plus favorables de la fortune.

Un seul chemin conduit infailliblement au bien-être, à la bonne renommée, à la petite somme de bonheur possible ici.

bas, c'est celui de l'honnêteté, du travail constant, de la persévérance, de l’économie. Suivez-le courageusement et vous arriverez au but de la légitime ambition de touc homme de cœur.

Des travaux de mes confrères de la rédaction du Canadien, je ne saurais trop me féliciter. Mes abonnés et le public en général me prouvent, par leur encouragement, qu’ils savent les apprécier à leur juste valeur. Je dois des remerciements à M. 'larte,à M. Tardivel, et aussi à mon frère, M. Alphonse Desjaicins.

C'est un grand honneur pour nous,— pour eux et pour moi—d’êtie les directeurs de la première ieuille pubiée en langue française au Canada. L'histoire du Canadien s'identifie à celle de

nos luttes nationales et politiques Bans rappeler un à un ces beaux sou venirs et les noms des hommes célèbres qui ont illustré sa carrière féconde, qu'il me suflise de répéter que ce journal qui nous est cher a toujours été, aux jours des plus grandes épreuves du peuple cauw dien-français, au premier rang de ses défenseurs les plus dévoués. N'oublions pas qu'il est entre nos maius un dépôt précieux transmis par plusieurs de nos gloires nationales, En le prenant, nous

avons accepté l'obligation de le guider

comme un bon s0'dat sans peur et sant reproche dans le droit sentier de l’hon.

neur et du patriotisme,

Je vous ai parlé des bons amis du Canad en. Je suis heureux que M. Cyrias Pelletier soitce soir au milieu de vous pour les représenter. Je le re:aercie d'avoir assisté à cette fête ‘de famille. Je lui rendrai le témoignige de dire qu'il est le type de la franche et sincère amitié, et sa présence ici me flatte autant qu’elle m'honore.

Je n'oublie pas qu'il y a dans l'établissement quatre jeunes filles, modèles de douceur et de vertu. Elles ont bien voulu signer votre adresse et contribuer généreusement au cadeau que vous me présentez. Je les en remercie.

Pardonnez-moi, Messieurs et mes amis, la longueur de ces remarques. et permettezmoi de vous remercier du fond du cœur pour votre témoignage d'estime et pour les bonnes paroles de votre adresse.

Je vous remercie beaucoup pour la mention que vous faites de Madame Desjardins, et pour les souhaits que vous formez pour son bonheur et celui de ma famille, Soyez certains qu’elle sera sensible à cette marque de bienveillance de votre part, et je puis, par anticipation, vous prier de répéter à vos épouses et à vos familles l'expression de ses profonds sentiments d'estime et de respect, et les souhaits

| qu’elle adresse au ciel pour leur bonheur

et leur prospérité ainsi que pour les vôtres.

Nous conserverons, dans ma famille

ces objects, que j'accepte aveo un bien vif | presse, à M C,. Pelletier, avocat, au

plaisir,çcomme le souvenir ineffaçable des bons rapports qué nous avons eues ensemble et qui, je l'espère avec confiance, dureront encore des années et des années. ’’

Après ia réponse de M. L. (3. Desjardins, qui fut couronnée d’un redoublement de vivats, tous les convives, en y comprenant les membres du bureau de la rédacfion, plus M. Cyrias Pelletier, avocat, et l’un des meilleurs amis du bureau, s’en donnèrent à qui mieux mieu: La gaité la plus françae brilait sur toute la ligne et ce fut ua feu rou lant de bons mots, de reparties et de discours remplis de traits instructifs qui durèrent jusqu’après huit heures du soir.

Après la pr mière santé qui fut portée au patron de l’établissement, vint celles à la rédaction et à la

gérant en chef de nos ateliers, à 'a comptabilité, aux dames, à Gutenberg, aux bons rapports qui doivent exister entre le maitre et l’ouvrier, au personnel de nos ateliers, etc.

etc.

Toutes ces santés furent reçues avec d’enthousiastes applaudisse ments.

Le souvenir de cette belle démonstration, en faveur le M.L. G Des.

jardins, restera gr. 6 en caractères iceffaçebles dans l'esprit de tout le personnel du Canadien.

Joseph Norbert DUQUET,

26 décembre 1878,

r, avocat, au ateliers, à 'a es, À Gutens qui doivent et l’ouvrier, teliers, etc.

rent reçues applaudisse

elle démons- , LL. G Des.

h Caractères , de tout le

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