‹ Une Fleur du CarmelChapitre 17 sur 159 · I. Mon principe et via fin · texte numérisé non relu

I. Mon principe et via fin

Dans toutes mes entreprises et mes actions principales, je me proposerai la fin pour laquelle je suis crée'e, qui est d'honorer Dieu, de le louer, de Taimer, de le servir, et par ce moyen d'arriver à ma perfection. Je ne dois me servir des choses crée'es, qu'autant qu'elles me sont utiles pour m'aider à faire mon salut. Je ne dois abuser de rien. Je me rappellerai cette pensée quand il faudra faire des de'penses pour ma toilette. J'éviterai toujours les superfluités et les parures qui ne serviraient qu'à flatter la vanité. Je me mettrai toujours d'une manière convenable, consultant le goût de maman.

Tout ce qui pourrait entretenir l'orgueil dans mon cœur, serait un grand obstacle à mon salut. Je l'éviterai avec le plus grand soin, avec la grâce du bon Dieu.

Dans toutes les peines et les afflictions de la vie, je ne me chagrinerai pas outre mesure, mais je me rappellerai rindifl"érence où je dois être vis-à-vis des choses créées, aimant autant la pau\Teté que les richesses, la maladie que la santé, les mépris que les honneurs ; car toutes ces choses ne sont que des moyens pour m'aider à faire mon salut. Et que m'importent ces différents moyens, pourvu que j'arrive à mon but et que je fasse mon salut?

Je dois même préférer les maladies, les mépris et tout ce qui contrarie la nature à ce qui la flatte, pourvu que

(1) Nous ne donnons qu'une partie des méditations qui se trouvent dans le Journal spirituel dHemiiue.

ces premiers états soient aussi utiles à la gloire de Dieu et au salut de mon âme.

Car dans ces e'tats contraires au de'sir de la nature, je me rendrai plus semblable à Notre Seigneur Je'sus-Christ.

D'ailleurs devrais-je être surprise de me voir méprisée, souffrante, en pensant à mes péchés sans nombre, pour lesquels j'ai mérité d'être anéantie tant de fois !

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