IV LETTRE DE MGR
dans notre heureuse patrie, par votre excellent ouvrage qui révèle l'innocence, la pie'te' et toutes les vertus de la jeune Carmélite, que vous faites revi\Te, en nous faisant connaître le bon esprit qui l'a anirae'e.
En donnant aujourd'hui une attention particulière à ce qui se passe dans notre ville, au sujet de l'établissement d'un monastère de Carmélites, et en lisant les belles pages, que vous avez consacrées à la Fleur du CarjueL l'on en conclut facilement que c'est Dieu qui, dans sa bonté, a réglé toutes choses, pour atteindre son but, avec force et sua\dté. Car en rapprochant les faits qui s'accomplissent, à l'heure qu'il est, parmi nous, on ne peut que s'écrier : Le doigt de Dieu est ici :
Pour peu, en effet, qu'on les regarde de l'œil de la foi, l'on est émerveillé de voir nos principaux citoyens se rendre avec empressement aux assemblées convoquées à cette fin, d'entendre les grands du monde proclamer hautement la nécessité de ces Institutions où l'on prie jour et nuit, en menant une vie contemplative, de voir les riches du siècle consacrer de grand cœur une partie de leurs biens à la fondation d'im Carmel, qui nous mettra en rapports intimes avec les Anges et les Bienheureux qui dans le Ciel ne cessent de louer Dieu,
On peut donc justement appliquer à la jeune Caniiélite, qui est devenue la Fleur du Car?nel du Canada, ces touchantes paroles de la sainte Ecritiue : le parfum de vos vertus répand dans cet heureux pays l'abondance des biens célestes dont le Seigneur a couronné le Carmel : nous courrons à l'odeur de ces parfums : /;/ odorem curremus unguentorum tuorujfi.
Mais quelque admirable que soit en lui-même le spectacle de la fondation si providentielle d'une maison du Carmel, dans notre ville, la divine bonté nous en ménage un qui sera encore plus ra\'issant dans les vocations sur-
L'eVEQUE de MONTREAL. V
prenantes que va faire naître parmi nous la fondation de ce Carmel canadien.
Car l'on va voir s'accomplir à la lettre les vœux ardents que formait sur la terre et que sans doute continue à former dans le ciel notre fervente Carmélite, pour que beaucoup de bonnes âmee fussent attire'es au Carmel.
Vous avez reproduit fidèlement et bien en détail ces écrits pleins d'onction et qui ne respirent qu'une foi vive, une piété tendre et une dévotion douce, candide et suave. Ils seront, je n'en doute pas, pour les âmes chastes que le Ciel appelle au Carmel, un appât irrésistible.
Elle va, elle-même, leur raconter avec une simplicité digne de sa belle âme, les sacrifices qu'il lui a fallu faire pour se soustraire aux plaisirs et aux vanités du monde, pour marcher d'un pas ferme dans les voies de la pureté et de l'innocence, pour pratiquer, dès sa plus tendre enfance, les devoirs de la justice, de la mortification, et de la piété, pour se dévouer à des soins assidus auprès d'une mère tendrement chérie et pour s'arracher ensuite aux embrassements de cette mère si aimante et si aimée, afin de se donner à Dieu sans réserve, pour renoncer enfin à toutes les douceurs de la famille et de la patrie, pour pouvoir donner son cœur à Dieu plus librement et sans partage.
Oh ! assurément ces jeunes personnes ne pourront que se sentir attendries et émues à la vue de tant de généreux sacrifices et d'un dévouement si héroïque. Comme saint Augustin, elles se diront, dans l'intérieur de leur. âme : pourquoi ne pourrions-nous pas faire nousmêmes ce que cette fidèle fille du Carmel a eu le courage de faire, malgré la délicatesse de son tempérament, les vives sollicitations de ses amies, les attraits séduisants du grand monde ?
Les beaux exemples qu'elles auront sous les yeux les