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Arrivée a New York

New York, 30 Avril 1872.

Permettez-moi de vous écrire quelques lignes à la hâte, pour vous prier de remercier avec nous le bon Dieu de la protection qu'il nous a accordée pendant tout ce long voyage. Vraiment nous avons été protégées d'une manière toute particulière, n'ayant rencontré partout que de la bienveillance, et jamais le moindre accident.

Nous sommes à New-York depuis une semaine. En arrivant, nous allâmes à l'hôtel, mais d'après la bienveillante invitation de madame Fiset, nous nous décidâmes à venir chez elle ; la vie d'hôtel nous est si désagréable.

Ma chère maman est très-bien, le voyage lui a été trèsavantageux, et à moi aussi.

Depuis quatre semaines que nous avons laissé Jacksonville, nous avons été presque continuellement en voyage, passant deux jours dans un endroit, puis partant pour un autre. Ma pauvre âme se ressent de cette vie agitée, elle est bien dissipée : il me tarde d'être au Canada, afin de me renouveler un peu dans la ferveur du service du bon Dieu.

A Baltimore, où nous avons passé plus de temps que dans les autres villes, j'ai été bien intéressée et édifiée, en visitant les nombreuses communautés de la ville et particulièrement les Carmélites déchaussées, qui nous reçurent avec beaucoup de charité. Nous leur fîmes bien des questions ; et nous voyant si désireuses d'avoir quelques détails sur leur genre de vie, elles nous firent connaître plusieurs points de leurs règles et constitutions.

Elles observent en tout la règle de sainte Thérèse, et m'ont paru bien ferventes. Leur bonté, leur douceur, leur sainteté nous ont beaucoup édifiées. Tout me disait que j'étais dans une maison de prière et de pénitence, de dévouement pour les pécheurs.

Que je suis contente d'avoir vu les Carmélites ! Je disais à maman que leur monastère si austère était ce que j'avais le plus aimé à Baltimore, et que je ne voudrais pour rien au monde céder le bonheur que j'ai éprouvé dans cette visite.

Je me recommandai bien instamment aux saintes prières de ces bonnes soeurs, j'en ai un si grand besoin dans ce temps.

Nous n'avons pas encore décidé quand nous partirons. Toujours est-il que nous serons certainement à Montréal vers le lo ami. Quel beau jour que celui où nous verrons nos chers petits garçons 1

Priez la sainte Vierge de me protéger ainsi que ma chère maman,

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