‹ Une Fleur du CarmelChapitre 92 sur 159 · Comment Hermine reçut le nom de Sœur Thérèse de Jésus · texte numérisé non relu

Comment Hermine reçut le nom de Sœur Thérèse de Jésus

Dans un entretien, où Hermine ouvTait à son directeur son âme et ses désirs, la jeune fille se montra si pénétrée de l'appel intérieur, que Dieu lui faisait, que son directeur ne put s'empêcher de lui dire : " Allons ! puissiez-vous être un jour Thérèse de Jésus" ! La jeune fille souriant : " Que je serais heureuse" ! dit-elle.

Six mois s'étaient écoulés. Durant ce temps, Hermine avait souvent écrit aux Carmélites de Reims. Dans la dernière de ses lettres, si fervents étaient les désirs exprimés, si résolue la demande d'être admise que la Mère Prieure émue, crut devoir assembler le Chapitre pour se mettre en mesure de donner une réponse définitive.

Toutes les lettres d'Hermine furent relues. Les religieuses pénétrées de ce doux parfum, de ces désirs si célestes, se prononcèrent d'une voix unanime pour l'admission.

" Mais, mes Sœurs, dit la bonne Mère Prieure, quel nom donnerons-nous à cette enfant que Dieu nous envoie ? " En réponse à cette question, bien des noms furent d'abord proposés.

Vint enfin le tour de la Maîtresse des novices : " Ma mère et mes sœurs, dit-elle, Dieu a ses vues sur cette enfant : douce fleur qui va s'éclore dans notre Carmel, elle en sortira un jour pour aller porter au lointain Canada l'esprit de notre sainte mère : n'est-il pas juste qu'elle y porte aussi son nom ? Peut-être Dieu lui donnera-t-il de devenir un jour dans sa patrie la Mère spirituelle d'un grand nombre d'âmes, qu'entraînera son exemple." Aces

paroles, toutes les religieuses, touchées et pleines d'espérance, n'eurent plus qu'une voix pour lui décerner ce nom si cher.

On écrivit au directeur, le chargeant de faire part à Hermine de son admission et du nom qui lui était donné. Le directeur se rappelant la conversation qu'il avait eue avec la jeune fille, pensa qu'elle avait dû solliciter la faveur de porter ce nom. La jeune fille, à son tour, crut devoir quelque reconnaissance au directeur, dont les instances lui avaient sans doute obtenu la faveur tant désirée. Mais non. Dieu avait entendu le secret désir de cette âme innocente, et avait tout fait voulant sans doute l'attacher par un lien plus fort à sa sainte vocation.

Dieu ne frustrera pas non plus,espérons-le,la pieuse pensée qui avait présidé au choix de ce nom béni. Oui^ notre Thérèse de Jésus deviendra la Mère spirituelle de bien des âmes inncentes, qui, dans notre Carmel de Montréal, accourront à l'odeur des parfums si doux qu'ont exhalés ses aimables vertus.

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