‹ Une fleur du Carmel [microforme] (volume 2)Chapitre 121 sur 186 · PORTRAIT D'UNE VRAIE CARMÉLITE · texte numérisé non relu

PORTRAIT D'UNE VRAIE CARMÉLITE

Rien n’a d’attrait pour un Carmélite, Sinon le Dieu qui créa l'univers ;

De ce grand Dieu sans cesse elle médite Et les bontés et les charmes divers.

Toujours en paix, son âme toute pure Dans les revers sait se tranquilliser,

Et son grand cœur, mort à la créature, Pour son Jésus sait tout sacrifier.

Tout son trésor, tout son bien sur la terre, Sont le mépris, la croix, l’abjection :

Et de l'amour victime volontaire,

Elle ne vit que d’immolation.

Son cœur, d’un Dieu le vivant sanctuaire, Offre à Jésus tous les instants du jour, Et pour Jésus sa couche solitaire N’entend jamais que des soupirs d'amour.

La pénitence est un joug salutaire

Dont chaque jour elle aime à se couvrir :

La croix en main, elle marche au Calvaire ; Elle ne sait que souffrir et mourir.

Avec Jésus, charitable victime,

Pour les pêcheurs on la voit s’immoler ; Elle voudrait pouvoir fermer l’abîme,

Où les mondains vont se précipiter.

Son œil, au Ciel, enflammé de tendresse, Toujours fixé, ne cherche que Jésus. * S'il lui sourit, dans sa vive allégresse Son cœur charmé ne se possède plus.

S'il paraît fuir et lui cacher ses charmes, Ah ! que son âme épouve de douleurs !...… Mais son Jésus pour essuyer ses larmes, Change bientôt ses soupirs en douceurs.

Mon cœur est loin, Seigneur, d’être semblable Au cœur parfait que dans mes chants j'ai peint ; Ce cœur, hélas ! est sans cesse coupable, Et vous voulez, comme vous qu’il soit saint, Changez ce cœur, et que votre puissance En moi détruise, arrache tout l'humain ;

Daignez fixer ma fatale inconstance, En me prêtant l'appui de votre main.

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