La cellule d’une Carmélite
(Par une Carmélite de Reims.)
Venez voir la cellule où vit la Carmélite,
Et remarquez d’abord qu’elle est assez petite. Deux mètres et demi, voilà pour sa largeur ;
Deux mètres et trois quarts, telle est sa profondeur. Voyez premièrement de cette humble retraite
Le meuble principal, la modeste couchette.
Deux trétaux faits de chêne, ayant en leur largeur
Près de trois quarts de mètre, un quart en leur hauteur.
Trois planches par-dessus et c’est là qu’a sa place, Bien pleine et rembourrée, une bonne paillasse, Matelas et rideaux, vous cherchez vainement,
Car on sait bien ici s’en passer aisément.
Les draps sont faits de serge et s’endurent sans peine, La couverture est brune et faite aussi de laine ; L’oreiller tout pareil, on voit dessous, dessus,
Les deux aimables Noms de Marie et Jésus.
On prend en leur présence un repos très paisible, Qui, pour la Carmélite est suave au possible.
Au chevet de ce lit, un bénitier placé,
Fait de grès, montre bien la sainte pauvreté. . Auprès de là se trouve une chaise de paille,
La simple croix de bois sur la blanche muraille. Trois images en noir, tenant sur un carton,
Font avec le rameau sa décoration.
Puis, un petit casier bien simple en sa structure Pour les livres d'office et pour ceux de lecture
Boîte, plumes, papier pour écrire au besoin.
Le Manteau blanc du chœur, dont on a très-grand soin, Une petite lampe et le panier d'ouvrage,
Un balai de silence, en faut-il davantage ?
Un reliquaire encore, objet bien précieux
Pour une Carmélite au cœur religieux.
Tel est lameublement de la Cellule aimable,
Où l’on passe des jours de bonheur ineffable.
En en fermant la porte, on appelle Jésus,
Avec ce tendre Époux, ah ! que faut-il de plus ?
Le monde offrirait-il des plaisirs l’affluence,
Des meubles somptueux, de tous biens l’abondance ? L'heureuse Carmélite a dans sa pauvreté
Jésus, ce Bien parfait, d’immense infinité !.……
Il est tout son trésor, toute sa jouissance,
Il comble tous ses vœux, toute son espérance !.…
Oh ! qu’heureux est un cœur, quand il ne veut plus rien Que de posséder seul cet ineffable Bien ! ! !..