‹ Une fleur du Carmel [microforme] (volume 2)Chapitre 47 sur 186 · MES RÉSOLUTIONS · texte numérisé non relu

MES RÉSOLUTIONS

1. Je ferai toutes mes actions avec le plus grand soin pour contenter Jésus, me rappelant le chagrin que j'éprouverais, si je voyais une amie s'occuper avec négligence, avec ennui, de ce qui me regarde.

Je dois imiter Notre-Seigneur Jésus-Christ pour obéir au précepte qui nous en a été fait par le Père céleste : 4 C'est mon fils bien-aimé, écoutez-le ;”” et par le Sauveur lui-même : “ /e vous ai donné l'exemple ; afin que vous fassiez comme vous m'avez vu faire” Mais je dois l’imiter surtout, parcequ’il est mon époux, mon père, mon bienaimé choisi entre mille.

L'imitation du Seigneur Jésus doit être universelle, constante, affectueuse. Je dois mettre toure ma joie, ma consolation à retracer dans mon cœur les traits de ses divines vertus, afin qu’il se plaise à jeter sur moi des regards d'amour et de miséricorde.

Plus je serai semblable à Notre-Seigneur, plus je serai aimée du Père céleste; moins je iui serai semblable, moins j'en serai aimée. Mais si j'avais le malheur de n'avoir aucune ressemblance avec ce divin modèle, il serait impossible qu’il m’aimât, et il me rejetterait loin de lui.

2. Je ne dois jamais me décourager dans la désolation. Mais je dois recourir à Dieu, penser que cet état durera peu de temps et que bientôt il sera suivi de la consolation. Je continuerai toujours mes exercices de piété comme de coutume, et même j’y donnerai plus de temps, sil est possible, afin de me vaincre et de triompher de toutes les ruses du démon qui voudrait me faire tomber dans le découragement.

Il me vient quelquefois des pensées de tristesse, quand je considère que je ne suis pas aimée, louée, recherchée, comme les jeunes filles qui vivent dans le monde, que je ne prends pas part à leurs divertissements, qu’au contraire on ne pense pas à moi, qu'on me néglige, qu'on me méprise, qu’on rit de moi : Eh bien ! au lieu de m'attrister, je veux me réjouir de me trouver dans cet état vis-a-vis du monde, en pensant que ce fut l’état de la très-sainte Vierge, et que, parcequ’elle était humble, méprisée, inconnue, fuyant le monde, la Très-Sainte Trinité abaissa sur elle un regard de complaisance et la choisit pour la mère du Sauveur. J'attirerai sur moi les regards du Seigneur, si je fuis le monde, si j'aime à en être inconnue ou méprisée. Le bon Dieu aura pitié de moi et me consolera.

Page 1