‹ Une fleur du Carmel [microforme] (volume 2)Chapitre 57 sur 186 · Prière à Notre-Seigneur Jésus-Christ · texte numérisé non relu

Prière à Notre-Seigneur Jésus-Christ

O bon Jésus! vous nous apprenez à dire : “ Donneznous aujourd’hui notre pain de tous les jours.” Pourquoi vous hâtez-vous tant d’être à nous? Pourquoi ne pouvezvous pas différer jusqu'à demain? Que voyez-vous en nous qui vous enivre de notre amour ? Que gagnezvous avec nous? Et quel profit en retirez-vous, qui vous oblige à ne point tarder? Ah! c’est l'excès de votre amour qui ne peut souffrir de délai Nous ne voulons donc plus différer. Nous vous demandons aujourd’hui la grâce de vous posséder dès à présent. Venez donc dans notre cœur, pour que notre cœur monte vers vous. Vous brûlez d'amour pour nous, et nous sommes aussi embrasés d'amour pour vous. Que le lien d’un amour

réciproque nous joigne donc à vous et vous à nous par un mouvement impétueux, et que, sans tarder un moment, nous nous embrassions mutuellement, et que mon âme absorbée par la ferveur de l’amour, tombe en défaillance entre vos bras. Mais, mon bon Jésus ! souffrez par votre bonté que je vous fasse une autre demande. Pourquoi avez-vous dit: “ Notre pain de tous les jours?” Voulezvous être notre continuelle nourriture ? Ne vous suffraitil pas de demeurer un jour avec nous? Qu’avons-nous fait pour mériter cette faveur ? Certes, je ne sais ce que je dois dire de votre bienveillance, car mon esprit se perd dans les trésors inépuisables de votre clémence, tant cet abime est profond ! C’est pourquoi, je ne puis dire autre chose, sinon qu’il vous plaise que nous soyons toujours avec vous, puisque vous voulez être toujours avec nous, et que vous nous unissiez si étroitement à vous par dévotion et par amour, que nous n’ayons ni le pouvoir, ni le désir de nous éloigner de vous.

Je vous prie, mon Seigneur, de me rendre toutes choses amères, afin que mon âme ne trouve aucune douceur qu’en vous seul Car vous êtes en effet une douceur inestimable, capable d’adoucir toutes les amertumes de la vie. (S. Augustin.)

Mon Sauveur ! accordez-moi cette faveur, avant que je meure, que je reçoive votre sacré corps, et que toutes vos volontés soient parfaitement accomplies en moi. Soyez mon guide, ma fin, ma Pâque, mon passage du temps à l'éternité, faites de mon cœur l'arche du Testament, qui garde la manne et la loi. Avec cela je passerai en assurance des ombres de la mort à la lumière de la gloire.

O mon Dieu ! voyez, je vous en supplie, ma profonde misère ; ayez pitié de moi. Ne me rebutez pas, ne me rejetez pas de devant vous, malgré mes innombrables péchés. Hélas ! Dieu infiniment bon, je vous ai méprisé, outragé, j'ai préféré le péché à votre très-sainte volonté. M'avez-vous pardonné ? Ô mon souverain Seigneur ! M'avez-vous pardonné? Oui, je l'espère. Oui, Dieu de toute bonté vous m'avez rétablie dans votre sainte grâce. Soyez béni de tant de patience à mon égard. Puisque vous m'avez ramenée à vous avec tant d'amour, j'ose espérer que vous ne me refuserez pas la grâce que je vous demande de persévérer dans votre service trèsaimable et de m’inspirer des sentiments d’humilité, en me donnant une connaissance parfaite de moi-même, afin, Ô mon Dieu! qu'ayant cette connaissance intime de moimême et de l’état misérable où est mon âme pécheresse, . je me haïsse de plus en plus et admire votre ineffable bonté, qui me soutient avec tant d'amour, malgré mes continuelles ingratitudes.

Que l'eau de votre sacré côté me purifie de tous les péchés de ma vie, ô mon Jésus! Je me repens grandement de les avoir commis et suis fermement résolue, moyennant votre sainte grâce, de ne jamais vous offenser.

O Marie, conçue sans péché ! Souvenez-vous que vous êtes ma mère ; regardez-moi comme votre enfant ; protégez-moi comme vote enfant Montrez que vous êtes ma mère, ne laissez pas périr votre enfant.

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