But de la vocation au Carmel
Sainte Thérèse n'a point voulu laisser de doute sur la fin sublime de toutes les actions quotidiennes de ses filles. C’est une des premières choses qu’ela leur a si nettement marquées dans son chemin de la perfection qu'elles n’ont qu’à lire ses termes et observer son précepte. Elle ne les a assemblées que pour mériter par leurs vœux, leurs larmes, leurs jeûnes et leur perfection, d’être le soutien de l'Église, et de travailler à sauver les âmes. ‘Si vous pensez, mes sœurs, dit cette grande sainte, donner une autre fin à toutes vos bonnes œuvres, vous ne remplissez pas vos obligations, etc.” C'est elle-même qui ledit à ses filles, et qui leur recom mande de s’oublier elles-mèmes, pour entrer dans ce zèle dont elle brülait pour le salut des âmes et la gloire de l'Église. Une Carmélite doit donc bien se mettre daus l'esprit que telle est la fin sublime de sa vocation. C'est celle que s’est proposée le Fils de Dieu en venant sur la terre. Ilne s’est fait homme que pour former à son Père des adorateurs parfaits. lui rendre et lui faire rendre un culte agréable à sa divine Majesté, laquelle ne peut être louée dignement que par Jésus-Christ, au nom de qui l'Église prie et obtient le salut des âmes. Cette fin sublime n’est point une dévotion arbitraire ; elle est. une obligation essentielle du Carmel ; et sa perfection qui doit soutenir l'Église et sauver les âmes, ne doit pas être spéculative, mais pratique. Gette vie étant une extension et une continuation de celle du Verbe incarné, celles qui l’embrassent doivent en toutes leurs actions avoir devant les yeux cette divine fin et la regarde}
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comme le but de leur perfection. Elles doivent, autant qu'il leur est possible, adorer et imiter l'intérieur de Jésus-Christ sur la terre. IL était toujours en adoration de quelque perfection divine, qu'il exprimait aux hommes par la pratique des vertus, réparant par là les vices opposés à cette perfection divine, dont Jésus-Christ méritait aux pécheurs de recevoir l'influence et la plénitude ; par exemple. en pratiquant la douceur. Jésus-Christ rendait hommage à l’ineffable donceur de son Père ; il expiait et réparait ces brutales colères, ces emportements, ces haines, ces vengeances, et tout ce qui est opposé à cette divine douceur dont il méritait aux hommes une céleste influence. Il en est de même de la pratique des autres vertus à l'égard des autres perfections divines. Ce Dieu Sauveur était toujours appliqué aux intérêts de Dieu son Père, toujours en hommage devant lui, et en regard vers les hommes pour leur salut. Voilà ce que par profession une Carmélite est obligée de faire : il n’y a pas une de ses actions ordinaires qui ne soit sanctifiée par son état, et par laquelle elle ne puisse adorer la sainteté de Dieu avec Jésus- Christ, et rendre hommage à quelqu'une de ses perfections, tantôt à l’une, tantôt à l’autre : c’est en cela qu'elle doit apporter une grande fidélité à l'attrait de la grâce. Dans l'observation exacte du silence, par exemple, elle doit se rappeler qu’il est destiné de Dieu à exprimer à ses yeux celui de Jésus-Christ, et à expier tant de blasphèmes, de jurements, de propos horribles vomis par les pécheurs. Par les satisfactions de la nature et des sens dont elle se prive, elle doit, en les unissant à ‘celles de son Sauveur, les destiner à obtenir de
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Dieu ses bénédictions sur la terre. Enfin, quelque vertu qu’elle pratique, elle doit en adorer le principe en Dieu mème, l’offrir dans la vue de satisfaire pour les crimes opposés par lesquelles les pécheurs l'offensent ; et d'attirer, en s'unissant à Jésus-Christ, qui agit par elle et en elle, la grâce de leur conver. sion et l'influence du bien qu'elle pratique. Voilà comment une Carmélite exerce et continue les états du verbe incarné.