‹ Une fleur du Carmel [microforme]Chapitre 14 sur 201 · Hermine et le monde · texte numérisé non relu

Hermine et le monde

Elle avait horreur des soirées, des bals, des plaisirs et des divertissements du monde, et souvent elle remerciait le bon Dieu d’être faible et souffrante parce qu’en cet état elle pouvait plus facilement refuser les invitations qui lui étaient faites, de se trouver dans des réunions qu’elle considérait comme trop mondaines. À

Quoiqu'’elle se fit un devoir de fuir le monde, Hermine était cependant connue et appréciée. Sa piété, sa modestie, sa réserve, sa sagesse, n'étaient pas sans doute une des moindres raisons qui la faisaient rechercher par des partis très-avantageux. Mais elle ne voulut jamais consentir à une alliance que plusieurs familles très-estimables désiraient très. vivement et qu’elles regardaient comme un gage de bonheur. 3

Si donc Hermine dit adieu au monde, ce ne fut pas parce que le monde ne lui offrait pas ses faveurs et ne lui promettait pas de brillants établissements. Ce fut parce qu'elle préférait à toutes les promesses du monde et à toutes ses faveurs, l'amour du divin époux. Elle avait donné tout son cœur à Jésus, et comme elle l’écrira elle-même, elle ne souffrira jamais les assiduités de ceux qui voudraiént gagner son affection.

On voit par là qu'on aurait tort de s’imaginer,

comme tant de parents m ndains, qu’il est nécessaire de produire les jeunes personnes pour leur procurer l’avantage d’un établissement brillant. La piété qui a les promesses de la vie future a aussi celles de la vie présente. La vertu qui se cache n’en est que plus attrayante ; au contraire, la vanité, qui ne cherche qu’à se produire, n’a souvent d’autres résultats que d'exposer à des désenchantements, à des plaisanteries, à des jalousies, à des alliances malheureuses et à des regrets amers. Le vrai mérite, la solide vertu se produisent assez d’eux-mèmes.

Combien de parents chrétiens feraient mieux d’imiter la conduite si sage et si chrétienne de la mère d'Hermine, et combien de jeunes personnes gagneraient, même en vue dé ce monde, à imiter la modestie, la sagesse et la réserve de cette pieuse enfant !

Ses sentiments et sa conduite serviront de modèle aux jeunes filles qui vivent comme elle dans leur famille ; elles apprendront qu’on peut vivre dans le monde sans être du monde, et qu’on peut parvenir à une haute perfection tout en continuant de vivre au sein de la famille.

A la vue d'Hermine goûtant dans l'intimité du cercle domestique les plaisirs si doux de la vertu et des saintes affections, remplissant ses devoirs envers la société sans en être l’esclave, combien de jeunes filles sentiront se resserrer les liens de la famille et s'évanouir insensiblement les attraits trompeurs qui parfois les tentent de chercher loin du foyer des plaisirs dafgereux et de vaines joies ne laissant après eux que le vide et le remords.

En voyant la mère d’Hermine si heureuse dans la

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compagnie de sa fille bien-aimée, et recueillant dans sa douce conversation les fruits de l'éducation chrétienne qu'elle a su lui donner, combien de mères sentiront la nécessité de garder auprès d'elles avec plus de sollicitude des filles non moins aimées qu’'Hermine, mais qu’elles se hâtent trop souvent, hélas! de produire dans le monde, les exposant à mille dangers, et se privant elles-mèmes de mille joies maternelles.

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