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d'être bien prudente. Mon autorité sur vous doit avoir, ce me semble, plus de poids maintenant que je suis vraiment postulante Carmélite.
Ainsi donc, chère mère, quand le temps est humide, ou que vous ne vous sentez pas très-bien, restez à la maison. Vous sav: quelle obligation vous avez de conserver votre santé. Mes frères ont besoin de vous. Et votre petite fille surtout a besoin de vous pour la fondation canadienne.
Mes frères s’acquittent-ils fidèlement de la com. mission que je leur ai donnée pour chaque soir et chaque matin, qui est de vous embrasser pour moi après qu’ils l’on fait pour eux:mèmes ?
Ces chers frères! Notre Seigneur seul sait combien je lesaime. Dites-le leur bien, je vous prie, et embrassez-les pour moi.
Quant à ces gens du monde qui se mêlent de discuter sur mon départ, je voudrais bien être là pour leur fermer la bouche. Mais, je vous en prie, bien aimée mère, ne vous laissez pas impressionner par ce qu'ils vous diront. Vous savez bien que je suis venue ici de mon propre choix, et que si j'avais voulu vous plaire je serais restée auprès de vous. Mais, mère chérie, vous le savez, c'est pour vous être à jamais unie dans le ciel que je vous ai quittée our la terre ; je n’aurais jamais pensé à cette séparation, si le bon Dieu n’avait parlé fortement à mon cœur. Ne vous attristez donc pas trop, mère chérie, mais ne me cachez pas vos larmes.
Quoique je sois peinée de savoir que vous pleurez quelquefois, cependant j'aime mieux tout savoir que d'avoir à supposer que vous me cachez quelque chose. Pensez, quand vous êtes affligée, au ciel où nous ne nous séparerons plus, pensez au but de
notre sacrifice, pensez à la consolation que nous laisse dans le cœur la mort de notre chère sœur Saint Louis de Conzague.
Pensez-vous que si elle fût morte dans le monde vous eussiez eu cette douce certitude de son salut? Pensez encore, ma très-chère maman, comme vous serez heureuse, à l’heure de votre mort, du sacrifice que vous avez fait; pensez à 14 gloire que vous en aurez dans le ciel. Du reste, ma bien bonne mère, nous ne sommes séparées que de corps, nos cœurs sont toujours ensemble, ils seront toujours unis dans le Sacré-Cœur de Jésus.
N'oublions pas notre rendez-vous : vous à neuf heures du matin moi à deux heures de l'après. midi. C’est alors votre heure de garde et noi, c’est mon heure d'office : nous récitons alors les Vèpres.
Je remrsrcie beaucoup mes oncles et mes tantes de l’affection qu’ils vous témoignent. Veuillez leur dire ques je les aime de tout mon cœur et que je prie pour eux. Puis les petites cousines chéries ne sont pas les dernières dans mon cœur. Vous savez quelle prédilection particulière j'ai pour elles.
Que je suis contente de penser que nos bonûes sœurs de charité vont vous voir quelquefois ; elles vous feront du bien. Veuillez dire à la mère Saint Louis que je n'oublie pas tout le bien qu’elle m'a fait ; que je la prie de vouloir bien me continuer son secours en priant pour moi, mais surtout pour vous, ma trèschère mère, afin que Notre Seigneur m'exauce en vous remplissant de consolations.
Où cette lettre vous trouvera-t-elle, très-chère mère ? Je ne sais.
Peut-être êtes-vous à Gaspé ? Je le voudrais pour le bien de votre santé et de celles de mes frères.
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Quoi qu'il en soit, partout je vous aimerai, je vous embrasse bien affectueusement, Lien tendrement, bien fortement ainsi que mes chers frères.
Il faut que je vous dise, avant de terminer cette longue lettre, que Monseigneur l’archevèque de Reims, que j'ai eu l'honneur de voir le jour de la fète du Sacré-Cœur, vous envoie une grande béné.diction.
Adieu, mère chérie entre les plus chéries, la meilleure des mamans, que j'aime tant et que j'aimerai encore plus dans le beau ciel.
Merci de la bénédiction que vous me donnez si affectueusement, veuillez me la continuer et m’envoyer chaque soir un peu d'eau bénite comme faisaient notre chère grand’maman pour ses enfants et Sœur Saint Louis de Gonzague.
Votre enfant toute aimante,
SœŒUuR THÉRÈSE DE JÉSUs.