L'ÉTAT
ùt 1873.
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yoir venir Jus. C'est 1s avez de que vous re. Pour et chère us écrire evez bien s souvent dernière ur Gaspé, it espérer à Reims.
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Quelquefois vous êtes encore inquiète par rapport à ma vocation et à malsanté. Soyez donc sans inquiétude, chère mère, ce n’est aucun motif humain qui m'a amenée au Carmel et qui m'y fait rester. C’est le bon Dieu seul qui m'a appelée et qui m'y fera persévérer, soyez en persuadée.
Quant à ma santé, si vous saviez comme nos bonnes Mères ont soin de moi ; elles m'ont bien recommandé de ne pas prendre ce qui pourrait me faire mal, et je m'en garde bien, parce que je sais que je dois obéir. Je vais de mieux en mieux chaque jour, et surtont cette dernière semaine que notre bien-aimée Mère a bien voulu faire une neuvaine à la V. sœur Marguerite du St-Sacrement, religieuse Carmélite qui est sur les rangs pour être béatifiée, afin de m'obtenir du bon Dieu par son intercession, la santé nécessaire pour répondr: à ses desseins sur mon âme. La preuve que je vous dis la vérité, c’est que je ne suis pas obligée de me coucher, comme je le faisais chez nous, par la force du mal de tête. Et si vous saviez la bonté extraordinaire de nos bonnes Mères pour votre enfant, vous seriez bien tranquille.
Ne craignez pas qu’on me fasse manger entre leS repas et qu'on me donne des remèdes. Notre Révérende Mère pense comme vous qu’en général on en prend trop. Je vous en supplie, ne vous lamentez pas tant et pensez plutôt à remercier le bon Dieu de la grâce qu’il m'a faite.
Oh ! relevez votre courage par les pensées de la foi, et vous vous réjouirez au lieu de vous attrister en voyant votre enfant au port, en lieu de sûreté, toute à Notre-Seigneur. Vous n’avez plus à craindre pour son avenir les dangers du monde, Notre-
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Seigneur se charge de tout. Vous serez remplie de confiance envers le bon Dieu et vous vous direz que puisqu'il a appelé votre Hermine à son service, il lui donnera la santé qu’il lui faut pour être toute à lui.
Je vous envoie un petit souvenir. Ce sont quelques volumes sur l'Eucharistie écrits par notre bon Père, Mgr l’archevèque. Si j'avais le temps, je vous dirais bien des choses de Monseigneur, qui vous feraient voir comme il est bon. Lisez ses ouvrages, mais pas trop à la fois ; travaillez à quelque ouvrage qui puisse vous occuper un peu ; distrayez-vous en voyant quelques bonnes dames de vos amies, cela vous fera du bien.
L'heureux changement qui s’opère dans mon cœur dans la sainte Religion ne peut assez se comprendre. Je me sens si contente, si heureuse d’être débarrassée du monde où je vois tous les périls qui me menagçaient, que je ne puis assez remercier Notre-Seigneur de m'avoir appelée. Tous les jours, de plus en plus, mon bonheur s’augmente parce que, de jour en jou’, je découvre de nouveaux biens dans la sainte Religion. Mail il fant laisser }à le sujet ; si je l’entame, il me faudra tout l'encre de l’écritoire, et encore y réussirais-je ? Je charge mon bon ange gardien de vous dire tout. Mais je ne sais s’il s’acquitte bien de mes commissions. Plutôt je ne doute pas qu’il s’en acquitte, mais je crains que vous ne fassiez la sourde oreille à tout ce qu’il veut vous âire. Soyez donc bien attentive et bien sainte. Recommandez.vous de ma part aux prières des bonnes âmes. Je vous aime bien, malgré tout, très-chère et bien-aimée de mon cœur.
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Vous n’en doutez pas. C’est ce grand amour que je vous porte qui me faii vous gronder. Dites-moi si je vous ai fait de la peine.
Votre enfant vous embrasse, vous aime et vous aimera toujours.
SŒurR THÉRÈSE DE JÉSUSs.
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