‹ Une fleur du Carmel [microforme]Chapitre 158 sur 201 · CHAPITRE XVII LA FLEUR DU CARMEL EXHALE SON PLUS DOUX PARFUM · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII LA FLEUR DU CARMEL EXHALE SON PLUS DOUX PARFUM

C'est maintenant aux Carmélites, sœur de Thérèse de Jésus, qui ont vécu avec elle, qu'il appartient de nous la faire connaître telle qu’elle fut au Carmel de Reims, depuis son entrée jusqu’à sa douce mort. Son heureux caractère s’épanouissait dans toute son aimable beauté.

Le lis, planté dans un terrain qui lui convient moins, ne saurait croître et s'épanouir mais, dès qu’il trouve un sol plus favorable, il grandit, éclot et embaume l'air de ses parfums.

Ainsi fallait-il que notre lis fût transporté dans la terre que Dieu lui avait préparée ; il lui fallait le jardin de l'époux, la terre bénie du Carmel C’est là que cette tendre fleur devait éclore, s'épanouir dans sa sainte beauté et répandre autour d'elles les plus célestes parfums.

(Relation des Carmélites.) 1. Fête d'une Mère.—-Le bouquet vivant.

Dès les premiers instants de son séjour parmi nous, nous-pûmes apprécier tout ce qu'il y avait d’'aimable et de délicat dans le caracrère de ma sœur Thérèse de Jésus ; dès lors aussi, nous sentions nos cœurs s'attacher doucement à cette chère petite sœur que Notre-Seigneur nous donnait ; oh !

qu'elle va mettre de joie parmi nous, nous répé-

tions-nous l’un à l’autre, et chacune avait à dire un petit mot qui venait confirmer l'opinion de toutes.

C'était justement l’époque où, depuis plusieurs années, le Cœur de Jésus rassemble notre petit Carmel près de notre Révérendeet bien-aimée Mère,

ARFUM. et où sous le regard de ce bon Maitre, nous faisions en son honneur une de ce fêtes de famille, qui Thérèse resserrent toujours la douce union de nos cœurs. partient Rien ne fait rêver au Ciel comme ces jours bénis ; fut au on sent un courant de paix, de joie, d'affection, qui a douce ne peut être qu'un écho de la patrie ; chacune a it dans besoin d’épancher sa reconnaissance et de redire bien haut ce qu’elle confie si souvent à Jésus, dans onvient le secret de la prière : il y a ce jour-là des fleurs et ais, dès des chants. il y a surtout l'harmonie des âmes et le prandit, A sourire de Jésus. C'est plus qu’il n’en faut pour être heureuse !

é dans Mais cette année, un charme nouveau s’y ajoufallait tait : notre chère petite Canadienne était là, et sa armel présence donnait encore quelque chose de plus , s'épa- frais à notre fête. On aimait à la rencontrer avec autour son aimable sourire, prenant avec un cœur si

joyeux et une activité si charmante sa part dans nos modestes préparatifs. O ma Mère, quel beau petit bouquet vivant Notre Seigneur vous envoie, disait une de n°: sœurs à notre Révérende Mère... Un bouquet vivant ! cette heureuse pensée four-

DRE om

parmi nissait un thème ; il fut bien vite accueilli et mis à y avait exécution. On revêtit la chère enfant des livrées de ma du Carmel qu’on avait ornées de fleurs ; son voile, entions son scapulaire en étaient gracieusement parsemés, e petite et c'est ainsi parée qu’elle fit son entrée dans la Ê oh ! salle où nous attendions notre Révérende Mère. L s répé- Elle devait rester cachée par trois des plus 1}

grandes d’entre nous jusqu’au signal convenu.

Jésus Enfant avait été choisi cormme protecteur de cette petite fête : il la présidait dans un berceau de verdure, et c'est à lui que s’adressaient nos chants et nos vœux pour notre Mère bien-aimée..

Regardez ici dans la plaine

Les anges descendus des cieux,

Redisant à perte d’haleine

Ce cantique mélodieux :

Gloria in excelsis Deo.

Leur hymne en ce jour d’allégresse Trouve un écho dans ce Carmel, Et notre voix avec ivresse Entonne leur joyeux noël :

Gloria in excelsis Deo.

Jésus vient vous fêter, ma Mère,

Il vient sourire à nos accents,

Et sa présence tutélaire

Rend encore ce jour plus charmant :

Gloria in Excelsis Deo.

Mais de sa divine visite Sachons recueillir les douceurs ; Voyez, son regard nous invite A solliciter ses faveurs :

Gloria in Excelsis Deo.

ecteur

Derceau ent nos mée...

Oui, pour notre Mère chérie Entourons le divin Enfant,

Et de sa tendresse infinie Réclamons les plus doux présents :

Gloria in Excelsis Deo.

C'est que seul il peut, le bon Maître

Payer la dette de nos cœurs ;

Nul autre ne peut reconnaître

Tant de soins, d'amour, de labeurs :

Gloria in Excelsis Deo. |

Oh ! c’est lui qui nous l’a choisie!

Il la voulait sur ce Carmel, Arrosant la vigne chérie De ce jardin béni du ciel :

Gloria in Excelsis Deo.

Et nous, fleurs du divin parterre “ Puissions-nous après tant d'amour, Toujours consoler notre Mère Et pour Jésus croître toujours :

Gloria in Excelsis Deo.

Et puis un jour dans la patrie

Comme les anges, les élus,

Avec notre Mère chérie

Nous redirons près de Jésus :

Gloria in Excelsis Deo.

RÉ na, > D an TL TE

Pendant qu'on chantait ce cantique, notre bonne Mère cherchait des voux et réclamait sa petite Canadienne.

Mais la petite Canadienne se cachait plus encore et ne soufflait mot ; seulement cette sollicitude maternelle éveillait sur ses lèvres un sourire de reconnaissance et de bonheur.

Enfin, le signal fut donné... Il nous semble encore voir l'élan joyeux de notre sœur et la simplicité charmante avec laquelle elle saluait otre Mère, pendant que nous chantions ces couplets improvisés en hâte pour la circonstance :

AtR: Ilest né le divin Enfant.

REFRAIN

Ah! déjà le divin Enfant Vient exaucer notre prière Oui, déjà le divin Enfant Vous offre ce joli préser: !

C'est dans un autre continent

Que naît cette fleur printannière ; C'est dans un autre continent Qu'on trouve ce bouquet charmant.

Jésus pour cultiver ce plant Vous réclame, ma bonue Mère, Jésus pour cultiver ce plant Choisit le cœur le plus aimant.

e bonne a petite

S encore licitude irire de

semble r et la ait notre ouplets

JOŒUR 'IHÉRÈSE DE JÉSUS.

Accourez, cher bouquet vivant, Embrassez notre tendre Mère, Accourez, cher bouquet vivant Sur ce cœur qui vous aime tant.

Justement quelques jours auparavant, on nous lisait une lettre dans laquelle une de nos sœurs était chargée d’embrasser notre Mère. Ce qu’entendant ma sœur Thérèse de Jésus, elle nous dit tout bas : Oh ! que je voudrais bien recevoir une pareille commission !’” Nous n'avions garde d'oublier son désir en cette belle occasion. Mais il nous faut renoncer à dépeindre son transport en ce moment ; il faut l'avoir vüe pour se figurer combien elle était gracieuse et affectueuse en se jetant dans les bras de cette Mère bien-aimée qui l’enlaçait si tendrement aussi !

C'était une des plus chaudes journées de l’été, et nous craignions que nos lourds vêtements ne fussent bien pesants pour ses membres délicats : aussi voulait-on l’en décharger bien vite ; mais son regard suppliant implorait une prolongatic: que notre Révérende Mère ne put lui refuser : elle conserva donc toute da journée le Saint Habit. On est si bien disait-elle, sous la bure du Carmel.

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