‹ Une fleur du Carmel [microforme]Chapitre 95 sur 201 · Rétablissement d'Hermine. Sa persévérance · texte numérisé non relu

Rétablissement d'Hermine. Sa persévérance

Jésus écouta la prière de son épouse, qui ne désirait vivre que pour pouvoir s'unir plus intimement à lui, et s’immoler plus parfaitement avec lui. Il voyait qu’elle ne désirait vivre, quelque temps encore, que pour pouvoir posséder plus parfaitement son Cœur, sa Croix, sa très-sainte Mère.

Il l'exauça ; ses forces lui revinrent peu à peu, et quelques jours après sa bonne mère pouvait écrire les lignes suivantes. ‘ Hermine est mieux, et je l'attribue aux prières que nous avons adressées au doux Cœur de Jésus, et aux promesses que j'ai faites aux âmes du purgatcire, pour son rétablissement. J'ai aussi promis à Notre-Seigneur une chose, qu’il vous sera agréable d'apprendre : de sacrifier généreusement Hermine aux desseins qu’il a sur elle. Ces prières et ces promesses ont été

(1) Chaque Carmélite de Reims s’offre à Dieu et prie particulièrewent pour un pays qui lui est désigné. Hermine, connaissant cette pratique, avait prié ses Sœurs de Reims de lui faire connaître pour quel pays elle devait particulièrement offrir ses œuvres à Dieu. Ses Sœurs lui répondirent que l'Irlande lui était échue enépartage.

largement récompensées, NotreSeigneur permettant que, dès jeudi dernier, un mieux sensible s'opérât dans l’état d'Hermine. Je vous assure, mon Père, qu’elle a été dangereusement malade. ”

Notre-Seigneur accorda donc à Thérèse de Jésus la santé qui lui était nécessaire pour marcher à de nouveaux sacrifices, et aller consommer son immolation au Carmel.

Cependant, les jours qui s’écoulèrent depuis son rétablissement jusqu’au moment de son arrivée à Reims, ne furent pas exempts de grandes peines intérieures, à cause des obstacles qu’elle rencontrait de tous côtés et de nombreuses tentations, qui tendaient à la jeter dans le découragement. Avec l’aide de Dieu, son courage se soutint jusqu'à la fin ; et bien souvent Dieu envoya à son enfant les plus douces consolations ; elles inondaient son cæur et la laissaient dans la paix et dans ce bonheur, que le monde n2 connaît pas, mais que connaissent les filles de Sainte Thérèse, qui ont choisi la Croix pour leur partage.

Et quand, après avoir traversé l'océan, elle entrera dans le lieu de son repos, Thérèse de Jésus, le cœur rempli d’une paix et d’ine joie célestes, répètera encore : ‘ Mon cœur surabonde de joie et de consolation. Le Carmel est pour moi la porte du paradis, le palais où le Roi de Rois veut bien recevoir son indigne épouse. ”

Page 1