‹ Une forme anatomique des abcès du foie: L'Anthrax du foieChapitre 10 sur 13 · ETUDE CLINIQUE DE L'OBSERVATION · texte numérisé non relu

ETUDE CLINIQUE DE L'OBSERVATION

L'observation que nous avons rapportée montre nettement les grosses difficultés cliniques présentées par cette forme de suppuration. Re

D’après les différentes manifestations pathologiques plusieurs dagnosties furent successivement posés :

1” Collection purulente de la paroi abdominale, dans la gaine du droit, contre la ligne médiane ;

2° Abcès probable du foie, malgré l’absence de lésions . décelables à deux interventions exploratrices successives ; ÉRrs

3° Abcès du poumon avec réaction pleurale purulente.

La nécropsie seule put montrer les lésions originelles.

Le diagnostic pouvait-il être porté avec certitude? Quels sont les symptômes de l’anthrax du foie?

Tout d’abord les trois signes classiques des abcès du foie: douleur, fièvre, hépatomégalie.

- Douleur: localisée au début très nettément à la collec-’ tion purulente de la gaine du droit, elle disparut après l’évacuation de celle-ci, pour reparaître ensuite d’une manière plus vague dans l’hypochondre droit. Elle n’affecte aucun type spécial.

-Spontanée et provoquée à la pression elle ne permet aucune localisation particulière et orienta seulement les explorations du côté du foie.

Elle présenta des alternatives de rémission et de recrudescence.

Dans le dernier mois seulement elle devint extrêmement vive et nécessita une thérapeutique sédative opiacée.

des

Fièvre: à grandes oscillations, traduisant la suppuration profonde. Elle subit elle aussi les phases assez longues de rémission.

Mais le symptôme fébrile est trop courant pour ÿ attacher une grosse importance diagnostique.

L’hépatomégalie. Dans le cas rapporté elle fut très. discrète. La collection pariétale, une fois évacuée, on ne put constater aucune tuméfaction, localisée ou étendue,dans l’hypochondre droit.

Les autres signes, secondaires, ne donnèrent que peu de renseignements :

L’examen radiologique, après ou sans nine de lipiodol ne donna aucun résultat.

La formule sanguine avec anémie ét polynucléose neutrophile est une formule banale de suppuration.

Ce tableau clinique, quoique assez vague, s’il ne permettait pas d’affirmer le diagnostic, devait faire songer à la possibilité d’un abcès du foie.

C’est pourquoi furent décidées les deux interventions exploratrices. Toutes les ponctions exploratrices étant restées blanches, trois éventualités étaient alors à envisager :

L’°LEa suppuration Run pouvait n’être pas collectée ;

2° La suppuration hépatique pouvait être collectée, mais n’avoir pas été atteinte par l’aiguille de la ponction ;

3° La suppuration en enfin ne pas siéger dans le foie, mais dans un autre organe, en l’occurence le poumon. |

Les deux premières possibilités ne furent pas retenues, dar tout concourait à faire admettre la troisième: les signes pulmonaires, les vomiques répétés, l’examen

Ë SE — 25 — radiologique même, orientèrent nettement le diagnostic vers l’abcès du poumon aveé réaction pleurale. La nécropsie seule montra le diagnostic exact. La thérapeutique n’apporta pas plus de porn . que l’étude clinique.

Les sulfamides restèrent complètement inefficaces.

Le traitement par l’émétine et le stovarsol n’amena aucune amélioration. |

Enfin, toutes les interventions chir urgicales demeurèrent sans résultat.

A la lumière des renseignements fournis par la nécropsie, pourrait-on pour l’avenir envisager un traitement pour cette forme d’anthrax du foie?

Traitement médical: Resterait vraisemblablement inopérant.

I1 faudrait essayer à nouveau les sulfamides.

Le sérum antistaphylococcique et l’anatoxine staphylococcique aideraient peut-être l’organisme à mieux lutter contre l’infection, mais sans que l’on puisse espérer une guérison.

Traitement chirurgical: Dans les formes localisées au lobe gauche, facilement extirpable, on pourrait envisager une ablation de ce lobe, ainsi que l’a réalisé Lionti.

Mais il faudrait diagnostiquer avec certitude la forme anthracoïde, sa localisation au seul lobe gauche et être certain de n’avoir pas d’autres foyers dans les autres lobes. Ce serait chose pratiquement impossible.

I1 n’y a donc pour l’instant aucun traitement chirurgica]l de l’anthrax du foie et l’on ne peut qu’espérer que plus tard, par de nouvelles techniques, peut-être inspirées par celles utilisées pour tes anthrax cutanés, il sera possible d’intervenir efficacement.

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