‹ Une gerbe [microforme]Chapitre 62 sur 65 · JOIE ET PEINE · texte numérisé non relu

JOIE ET PEINE

Le doux printemps commence.

Une allégresse immense

Règne de tout côté.

À la terre ravie,

Il rend amour et vie,

Il rend grâce et beauté,

Mais, hélas ! la tombe muette

Ne me rend pas, en ces beaux jours, Les deux anges que je regrette,

Les fruits de mes chastes amours!

La fertile prairie

Nous rend la fleur jolie, Les arômes nouveaux ; La forêt, son ombrage Et le charmant ramage Des matineux oiseaux.

Mais, hélas! la tombe muette

Ne me rend pas, en ces beaux jours,

Les deux anges que je regrette, Les fruits de mes chastes amours !

Les bosquets solitaires

Nous rendent leurs mystères Et leurs joyeux échos ;

Les ruisseaux et les fleuves, Mille parurent neuves

Qui luisent dans leurs flots.

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