JOIE ET PEINE
Le doux printemps commence.
Une allégresse immense
Règne de tout côté.
À la terre ravie,
Il rend amour et vie,
Il rend grâce et beauté,
Mais, hélas ! la tombe muette
Ne me rend pas, en ces beaux jours, Les deux anges que je regrette,
Les fruits de mes chastes amours!
La fertile prairie
Nous rend la fleur jolie, Les arômes nouveaux ; La forêt, son ombrage Et le charmant ramage Des matineux oiseaux.
Mais, hélas! la tombe muette
Ne me rend pas, en ces beaux jours,
Les deux anges que je regrette, Les fruits de mes chastes amours !
Les bosquets solitaires
Nous rendent leurs mystères Et leurs joyeux échos ;
Les ruisseaux et les fleuves, Mille parurent neuves
Qui luisent dans leurs flots.