LA VOIX DES BOIS
Où de saintes vertus notre âme doit s'orner.
L'arbre chargé de fruits, dont chaque branche plie, Fait monter la rougeur au front du paresseux. Le ruisseau qui serpente à travers la prairie, Et la feuille qui tombe, incolore et flétrie,
Disent que nous passons comme eux !
Et leur vague soupir, leur murmure ineffable Agite et ravit l'âme. Et l'on n'est point capable, Dans le trouble sacré que l'on ressent alors, De saisir, un par un, les sons pleins de mystère Qui forment, réunis, ces magiques accords ; Mais on sent que vers Dieu ces transports de la terre S'élèvent à chaque heure, à l'aurore et le soir ; On sent que la Nature est fidèle à son Maître, Qu'elle bénit ses lois, e{ qu'elle sait connaître Mieux que les hommes son devoir.