‹ Une gerbe; poésies [par] Pamphile LeMayChapitre 10 sur 51 · REPONSE A MON AMI · texte numérisé non relu

REPONSE A MON AMI

Ta nef, Louis, le vent d'orage L'emporte, hélas ! bien loin de nous I Mais ton audace on ton courage Se moquent des flots en courroux.

Comme l'oiseau de la tempête Qui plane sur la mer et jette Aux vents ses cris victorieux.

Ainsi ta lyre souveraine Sur l'ouragan qui se déchaîne Fait pleuvoir ses chants glorieux I

Ah ! nos muses en deuil te pleurent!

Elles n'entendent plus tes chants

Quand les derniers bruits du jour meurent,

Quand l'aube dore au loin les champs

Et les nymphes de nos fontaines

Te demandent aux fleurs des plaines

Qui penchent leurs beaux fronts vermeils.

Et l'aigle interroge l'espace

Pour voir si dans ta noble audace

Tu n'as pas franchi les soleils !

Pour moi, Louis, quand sonne l'heure,

L'heure si douce du loisii-,

Au fover d'une humble demeure

54 UNEGERBE

Je viens m'asseoir avec pjlaisir.

Je vois s'éloigner la misère D'une famille qui m'est chère, Et le bonheur est moins lointain.

A qui le demande j'avoue, Comme le cygne de Mantoue, Qu'un dieu bon nVa fait ce destin.

Page 1