LES PHOTOGRAPHIES
mon portrait et celui de mon épouse, par M. Adanet, du lieu de Sommières, qui s'est trouvé par hasard dans ce pays. C'est dans la quarantième année de mon âge et dans la vingt-troisième de celui de mon épouse. Les deux m'ont coûté cinquante livres. » Livre de raison de J.-B. de Villeneuve -Esclapon, Valensolle, Basses-Alpes.
L'artiste était plus ou moins habile : la province en avait et en gardait alors beaucoup d'excellents, qui eussent pu faire fortune à Paris; et les toiles souvent remarquables qu'ils ont laissées dans des maisons très modestes en sont le meilleur témoignage. Mais il y en avait aussi de médiocres. N'importe; pourvu que la ressemblance fût obtenue, les enfants étaient satisfaits, ils étaient sûrs d'avoir toujours sous les yeux les traits de leurs bons parents; et c'est ainsi que, le long des murs de la pièce principale du logis, au salon, se collectionnaient des galeries de tableaux, dans lesquels les nouveaux venus apprenaient de bonne heure à connaître , à vénérer et à imiter leurs respectables ancêtres1.
Aujourd'hui, que deviennent trop souvent ces ta-
1 André Lefèvre d'Ormesson dit au sujet des portraits de son père :
« La reconnaissance m'a obligé de les conserver, et encore de composer ce discours en son honneur, qui contient ses actions principales, ses qualités et perfections, pour servir de patron et d'exemplaire très digne d'être proposé et mis devant les yeux. »>