‹ Une Grande dame dans son ménage au temps de Louis XIV, d'après le journal de la comtesse de Rochefort (1689) (volume 2)Chapitre 16 sur 68 · LA FAMILLE · texte numérisé non relu

LA FAMILLE

l'antiquité disait : « La vertu est un bien, et une famille dans laquelle les hommes vertueux se succèdent est une famille d'hommes de bien. Cette succession de vertus a lieu quand la famille remonte à une origine bonne et honnête; car tel est le propre d'un principe qu'il produit beaucoup de choses semblables à lui-même : c'est en quelque sorte son ouvrage que de former son semblable. Quand donc il existe dans une famille un homme si attaché au bien que sa bonté se communique à ses descendants pendant plusieurs générations, il suit nécessairement que c'est une famille vertueuse '. »

Ce que les païens proclamaient avec une telle netteté et ce qu'ils observaient dans le gouvernement de leurs familles , comment les chrétiens auraient-ils pu l'oublier ? Nous n'écrivons pas ici un traité sur une question si grave; notre rôle consiste simplement à rappeler les principes et à tracer un programme. Or, nulle part ces principes et ce programme ne se trouvent mieux résumés que dans le passage suivant du Père Lacordaire :

a Nos pères ont travaillé pour nous dans le temps et dans l'éternité. Ils ont, au ciel et sur la terre, tracé le sillon de nos voies, et nous rencontrons , en y, marchant, les plantes fécondes ou les plantes amères qu'ils y ont semées pour nous. Nous sommes héritiers de la grâce comme héritiers du sang ,

1 Ce passage d'Aristote est emprunté à des fragments d'un de ses traités, aujourd'hui perdus, qui nous ont été conservés par Stobée.

Page 1