Arch. dêp. de la Côte-d'Or, B
8. F. Duchesne, Histoire des chanceliers, p. 369. — Cf. Arch. nat., JJ. 319, f° 15 : « et furent donnez li arrés par maistre Pierre d'Orgemont. »
AU XIVe SIÈCLE 1")
Tant de services méritaient d'être récompensés ; aussi le 21 février 1372, Guillaume de Dormans ayant été élu chancelier de France, d'Orgemont fut à sa place élu comme chancelier du Dauphiné1. L'année suivante, il devint le 23 octobre 1373 premier président du Parlement de Paris, après la mort de Guillaume de Séris 2 ; et à peine avait-il pu, le 12 novembre, présider la séance de rentrée du Parlement3, que le 24 du même mois, il était par 105 voix sur 130 votants, élu au scrutin, chancelier de France, après la mort du cardinal Jean de Dormans qui depuis le 1 1 juillet « gardait les sceaux » par suite de la mort de son frère Guillaume 4. Le 20 novembre Pierre d'Orgemont prêta serment de fidélité au roi 5, et le jour de Noël suivant, il fut fait chevalier au Louvre, en même temps qu'Arnaud de Corbie, qui lui succédait comme premier président 6.
Il était alors au comble de la faveur. Outre ses gages, le roi lui accordait une rente annuelle de 2.500 1. 7; le duc de Bourgogne lui continuait sa protection, et s'entremettait à la cour de Rome pour la promotion de son fils aîné à l'évèché de Thérouanne 8. Le chancelier se trouvait forcément mêlé à tous les grands événements de l'époque, et on retrouve partout trace de son rôle prédominant ; il est l'un des témoins du contrat de mariage projeté entre Louis de
1. F. Aubert, oucrage cité, t. I, p. 42. L'assemblée fut tenue à Saint-Pol.
2. lbid., p. 94. — Guillaume de Séris était mort à Lyon au retour d'une mission à Avignon.
3. lbid., p. 151, note. — Cf. Arch.nat., Xu 1470, f°l. « Samedi xne jour dud. mois [de novembre] commença le parlement, et le tint Me Pierre d'Orgemont à présent premier président dudit Parlement... »
4. Cf. S. Luce, l'Élection au scrutin de deux chanceliers de France, dans Revue historique, t. XV (1881), p. 91.